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    Le chantier naval Davie doit recevoir sa part de contrats, dit Couillard

    29 novembre 2017 | Caroline Plante - La Presse canadienne - Avec Le Devoir à Québec | Actualités économiques
    Selon le premier ministre Philippe Couillard, il y aura de nombreuses occasions d’envoyer du travail au chantier Davie dans les prochains mois.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Selon le premier ministre Philippe Couillard, il y aura de nombreuses occasions d’envoyer du travail au chantier Davie dans les prochains mois.

    Le premier ministre Philippe Couillard accentue la pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il corrige « de manière décisive » « l’injustice » qu’il fait subir aux employés du chantier maritime Davie, à Lévis.

     

    Dans une entrevue avec La Presse canadienne mardi, M. Couillard a martelé qu’il existe non pas deux, mais bien trois chantiers navals au pays, et que le troisième est celui de Davie. Il doit demeurer actif, a-t-il dit. M. Couillard tentait de se faire plus mordant après avoir déclaré dimanche que, « quand bien même je taperais du pied pour demander un deuxième ravitailleur, on risque d’attendre longtemps ».

     

    Le chantier québécois, qui a récemment livré dans les coûts et dans les délais le navire Astérix, s’attendait à recevoir le contrat pour un second ravitailleur, Obélix. La Marine royale canadienne n’en voulant plus, 113 personnes ont appris qu’elles perdaient leur gagne-pain et environ 800 travailleurs au total pourraient être licenciés d’ici les Fêtes, a déploré M. Couillard, qui reconnaît que le temps de l’année « donne une couleur particulière à cette incertitude ».

     

    « La quasi-totalité des contrats a été concentrée en Colombie-Britannique et dans les provinces maritimes. On a créé une sorte d’état de fait comme ça qu’il faut arrêter ; il faut renverser ça et revenir à beaucoup plus de symétrie, de justice et d’équité dans l’attribution de l’activité », a-t-il déclaré en entrevue.

     

    Selon le premier ministre, il y aura de nombreuses occasions d’envoyer du travail au chantier Davie dans les prochains mois, notamment en ce qui concerne les navires de la garde côtière ainsi que le traversier qui relie l’Île-du-Prince-Édouard aux îles de la Madeleine. Il demande à ce qu’Ottawa envoie « un signal clair » aux travailleurs québécois.

     

    M. Couillard n’a toutefois ni quantifié ses demandes ni donné d’échéance pour qu’elles se réalisent. Il a reconnu que seul le gouvernement fédéral « avait les clés ».

     

    Plus tôt ce mois-ci, l’Assemblée nationale avait fait front commun pour inciter le fédéral à donner du travail au chantier maritime établi à Lévis afin de préserver les emplois. Interpellé, le ministre fédéral de la Famille et du Développement social et député de Québec, Jean-Yves Duclos, a précisé que « c’est un moment difficile pour les travailleurs et pour les familles de la région de Québec, [mais] il y a lieu de travailler encore fort. Je sais que la Davie le fait depuis plusieurs semaines déjà, qu’ils sont en contact intensif avec plusieurs partenaires du gouvernement du Canada […] Tous ces gens se parlent, avec le bureau du premier ministre, pour faire en sorte que ça se fasse le plus rapidement possible et que ça ait les bienfaits les plus importants possible dans la région de Québec au cours des prochaines années. »

     

    Couillard a jeté l’éponge, selon le PQ

     

    N’empêche, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a accusé le gouvernement Couillard en point de presse mardi d’avoir abandonné Chantier Davie. « Philippe Couillard a jeté la serviette », a-t-il déclaré, flanqué du porte-parole de l’entreprise, Frédérik Boisvert. « C’est possible de mobiliser le Québec face à Ottawa, c’est possible de construire un rapport de force, c’est possible de faire en sorte de faire honte au gouvernement fédéral lorsqu’il y a une injustice de cette nature. Oui, c’est possible. Ça prend la volonté politique », a-t-il ajouté.

     

    Les deux hommes soulignent que le Québec obtient actuellement moins de 1 % des 76 à 100 milliards qui sont investis dans la stratégie maritime canadienne. « On a beau regarder dans l’histoire du Québec et de ses rapports avec le Canada, on n’a jamais vu un détournement de fonds aussi massif des contribuables québécois vers des travailleurs des deux côtes, on n’a jamais vu ça. C’est un détournement de fonds historique », a déclaré M. Lisée.

     

    Il est clair pour le chef péquiste qu’il y a « une volonté politique de fermer la Davie ». Le chantier Davie a vécu plusieurs turbulences au cours des dernières années. Il a traversé au moins quatre restructurations judiciaires, en plus de frôler la liquidation totale plus d’une fois.













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