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    Électricité pour tous et gaz plus propre: le scénario vert de l’AIE

    L’agence propose entre autres de généraliser l’accès à l’électricité provenant de sources renouvelables

    15 novembre 2017 | Julien Mivielle - Agence France-Presse à Paris | Actualités économiques
    Un homme charge des appareils électriques à l’aide d’un panneau solaire à Diebly, un village sans électricité en Côte d’Ivoire. L’AIE estime qu’environ 675 millions de personnes (à 90% en Afrique sub-saharienne) resteront sans accès à l’électricité en 2030, contre 1,1 milliard aujourd’hui.
    Photo: Sia Kambou Agence France-Presse Un homme charge des appareils électriques à l’aide d’un panneau solaire à Diebly, un village sans électricité en Côte d’Ivoire. L’AIE estime qu’environ 675 millions de personnes (à 90% en Afrique sub-saharienne) resteront sans accès à l’électricité en 2030, contre 1,1 milliard aujourd’hui.

    Pour limiter le réchauffement climatique et améliorer la qualité de l’air, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) propose de généraliser l’accès à une électricité provenant en majorité des renouvelables et de recourir à un gaz émettant moins de méthane.

     

    Dans ses prévisions annuelles publiées mardi, l’AIE estime que le monde ne va pas assez loin sur l’accès à l’énergie, la lutte contre la pollution et les émissions de gaz à effet de serre. Selon le scénario qui se fonde sur les politiques actuelles et les intentions affichées par les différents pays, les émissions de CO2 liées à l’énergie continueront à augmenter légèrement d’ici 2040.

     

    Il y a certes des signaux positifs : l’agence a ainsi revu à la baisse de 600 millions de tonnes sa prévision des émissions de CO2 à cette date par rapport à son dernier rapport annuel. Mais « ce résultat est loin d’être suffisant pour éviter des effets graves du changement climatique », note l’AIE. La trajectoire s’annonce aussi insatisfaisante du point de vue de la qualité de l’air, avec une augmentation prévue de trois à quatre millions de morts prématurées en raison de la mauvaise qualité de l’air en 2040.

     

    En ce qui concerne l’accès à l’électricité, les progrès devraient continuer mais rester limités : l’AIE estime qu’environ 675 millions de personnes (à 90 % en Afrique sub-saharienne) resteront sans accès à l’électricité en 2030, contre 1,1 milliard aujourd’hui. De même, si le nombre de personnes cuisinant avec des sources d’énergie sales (comme le charbon) doit décroître, il restera élevé et continuera à contribuer à la pollution des intérieurs.

     

    Scénario alternatif

     

    L’AIE — qui conseille sur leur politique énergétique 29 pays développés également membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) — élabore cette année un scénario alternatif permettant une stabilisation du climat, un air moins pollué et un accès universel à des sources d’énergie modernes.

     

    Il suppose que les énergies faiblement carbonées (renouvelables, nucléaire) doubleront leur part dans le mix énergétique global pour atteindre 40 % en 2040. La demande en charbon devrait pour sa part décliner immédiatement, suivie par un pic de la consommation de pétrole grâce au développement des véhicules électriques. Cela implique aussi un effort tous azimuts sur l’efficacité énergétique.

     

    Le rapport se penche particulièrement sur la place du gaz, qui dans tous les cas aura un rôle important à jouer à l’avenir.

     

    Cet hydrocarbure, dont l’utilisation est moins polluante que celle du pétrole, sera d’autant plus important dans les pays qui dépendent actuellement fortement du charbon (Chine et Inde) ou encore dans les cas où les solutions renouvelables sont moins faciles à mettre en oeuvre immédiatement. Mais l’Agence souligne qu’il ne pourra jouer un rôle positif qu’à condition de réduire ses émissions de méthane.

     

    On estime que le méthane, issu aussi par ailleurs de l’agriculture, contribue pour quelque 20 % au réchauffement en cours. Le secteur pétrolier et gazier en émet 76 millions de tonnes chaque année. « Il est techniquement possible de réduire les émissions mondiales de méthane provenant des activités liées au pétrole et au gaz d’environ 75 % et les émissions pourraient être réduites de 40 à 50 % sans coût net supplémentaire », estime le rapport.

     

    De son côté, l’électricité devrait avoir un rôle plus important à jouer, mais aussi faire l’objet d’investissements plus massifs que prévu. Il faudrait qu’elle attire les deux tiers des investissements dans les sources d’énergie contre 40 % en moyenne ces dernières années.

     

    Les énergies renouvelables compteraient pour plus de 60 % dans la production d’électricité d’ici 2040 tandis que le nucléaire en assurerait 15 %. Les centrales utilisant des énergies fossiles devront décliner et — pour une partie d’entre elles — s’équiper de systèmes de capture et stockage du CO2. Si les énergies fossiles continueront à jouer un rôle dans ce scénario « vert », l’AIE suggère de supprimer les subventions en leur faveur : avec 260 milliards de dollars en 2016, elles ont reçu près du double des renouvelables.













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