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    Le Groupe Juste pour rire ne sera pas vendu de sitôt, estiment des experts

    Le Groupe Juste pour rire, c’est le festival montréalais en français et en anglais, mais aussi des déclinaisons aux États-Unis et en Europe. Ce sont aussi les galas télé, de même qu’un répertoire d’humoristes connus.
    Photo: Jacques Grenier Le Devoir Le Groupe Juste pour rire, c’est le festival montréalais en français et en anglais, mais aussi des déclinaisons aux États-Unis et en Europe. Ce sont aussi les galas télé, de même qu’un répertoire d’humoristes connus.

    Les données financières du Groupe Juste pour rire sont confidentielles, mais le prix que pourrait valoir l’entreprise, un empire qui déborde les frontières du Québec, dépend d’une multitude de variables et d’ententes contractuelles qui nécessiteront une analyse exhaustive.

     

    Les experts sont catégoriques : la valeur d’une éventuelle transaction sera basée principalement sur la capacité de l’entreprise à générer des flux monétaires. Et cela repose notamment sur la présence future des humoristes.

     

    « Il est impossible de mettre un chiffre »,dit François Brouard, professeur titulaire de comptabilité et fiscalité à l’Université Carleton, qui a développé une expertise de l’industrie de l’humour. « Pour faire l’évaluation d’une entreprise, on regarde le profit et le futur. Là, le futur est un peu incertain. »

     

    Dans le cas d’une évaluation classique, dit M. Brouard, qui s’intéresse aussi aux transferts de PME, l’analyse porte sur les actifs tangibles (comme des bâtiments) et intangibles. « Dans le cas de Juste pour rire, les actifs tangibles, ce n’est pas ça la question. On parle de réputation, qui est entachée, du carnet de contacts… »

     

    Gilbert Rozon a démissionné de toutes ses fonctions dans la foulée des allégations de harcèlement et d’agression sexuelle révélées par Le Devoir et le 98,5 FM. Lundi matin, le Groupe Juste pour rire a indiqué qu’« un mandat a été confié à RBC Marchés des capitaux afin d’explorer plusieurs options relatives à la vente des actions du Groupe ». Cette exploration porte « notamment » sur « la totalité » des actions détenues par M. Rozon.

     

    Divers reportages dans La Presse ont évoqué au fil des ans que les revenus du Groupe se situent entre 100 et 150 millions. Selon Le Journal de Montréal mardi, M. Rozon voudrait obtenir « près de 70 millions ». L’ensemble du Groupe compterait une centaine d’employés, ce qui ne comprend pas les embauches ponctuelles pour les divers festivals au Québec et à l’étranger.

     

    Le Groupe Juste pour rire, c’est le festival montréalais en français et en anglais, mais aussi des déclinaisons aux États-Unis et en Europe. Ce sont aussi les galas télé, les émissions produites pour TVA, ICI Radio-Canada, Télé-Québec, de même qu’un répertoire d’humoristes connus (André Sauvé, Stéphane Rousseau, Virginie Fortin, etc.). Quant à sa production télé, l’entreprise affirme qu’elle est diffusée dans 140 pays et par une centaine de transporteurs aériens.

     

    Des mois d’étude

     

    « Sans avoir vu les informations financières, il est impossible de répondre à cette question [sur la valeur] », dit Dominic Pharand, associé en transactions chez PwC. Les acheteurs intéressés voudront évaluer les actifs intangibles, comme les marques de commerce, les listes de clients et les contrats en place, dit-il. « Les transactions, c’est de plus en plus long. On a beaucoup de mandats qui prennent de trois à six mois. »

     

    Une bonne partie de la rentabilité de Juste pour rire repose sur les humoristes, a dit M. Pharand. Cet aspect est une des clés de ce qui surviendra. « N’importe quel acheteur qui va regarder cette transaction va vouloir lire les contrats en place et s’entendre avec les humoristes pour voir s’ils sont prêts à continuer ou s’ils veulent aller ailleurs. »

     

    Il ne faut pas nécessairement voir le Groupe Juste pour rire et toutes ses compagnies comme étant une propriété unique de Gilbert Rozon, a dit M. Brouard. « On ne peut pas le confirmer, mais au Registre des entreprises, pour certaines filiales, il n’est probablement pas le seul actionnaire. » Cet exercice consistant à prendre chaque entité, à faire le portrait de l’actionnariat et à mesurer les actifs versus les éléments de passif fait partie des tâches confiées à RBC lundi matin, a-t-il ajouté.

     

    « Ça va prendre un acheteur relativement sérieux », selon M. Brouard, qui n’exclut pas que la transaction implique deux acheteurs. Une chose est certaine : les entreprises « comparables » ne sont pas nombreuses, et cela complique l’évaluation.

     

    Quand il a acheté Spectra en 2013 pour prendre encore plus de place dans les événements culturels, le Groupe CH, propriétaire d’Evenko, n’a pas divulgué le prix de la transaction.













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