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    Le Québec peut-il se passer d’Uber?

    «Notre objectif, évidemment, c’est de continuer, mais d’y arriver dans le respect de notre modèle, et si on impose 35 heures de formation aux chauffeurs, c’est impossible», a indiqué le directeur général de la section québécoise d’Uber, Jean-Nicolas Guillemette.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir «Notre objectif, évidemment, c’est de continuer, mais d’y arriver dans le respect de notre modèle, et si on impose 35 heures de formation aux chauffeurs, c’est impossible», a indiqué le directeur général de la section québécoise d’Uber, Jean-Nicolas Guillemette.

    Le gouvernement du Québec et la multinationale Uber se livrent une bataille sur la place publique où se mêlent négociations, menaces et chantage. Devant de nouveaux règlements imposés par Québec, Uber entend cesser dès le 14 octobre ses activités dans la province. Mais, quatre ans après son arrivée, le Québec peut-il se passer d’Uber ?

     

    « Sa présence a transformé l’industrie du taxi et a surtout généré une nouvelle clientèle qui ne trouvait pas dans l’offre des taxis quelque chose de satisfaisant », mentionne Olivier Germain, professeur associé au Département de management et technologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

     

    Tandis qu’Uber menace de plier bagage, difficile selon lui de remplacer du jour au lendemain l’offre de ce géant américain.

     

    « Je ne pense pas qu’actuellement d’autres joueurs pourront pallier le service qu’offre Uber. Beaucoup de gens l’utilisent pour sa flexibilité ; on peut penser aux étudiants qui font des microcourses. Je ne crois pas qu’un taxi conventionnel accepterait de les embarquer pour un trajet de moins de 1 km. Uber a comblé un segment de marché que personne ne touchait », explique M. Germain.

     

    Pierre J. Hamel, professeur et chercheur à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), est d’avis qu’au contraire les Québécois trouveront d’autres façons de se déplacer sans trop de difficulté.

     

    « Les consommateurs vont s’habituer. Certains pourraient revenir vers l’industrie du taxi, qui s’est modernisée », soutient-il.

     

    Mais au-delà de la capacité des Québécois à s’ajuster à un éventuel départ d’Uber, les deux experts se demandent si ceux-ci veulent encourager une entreprise qui utilise l’économie du partage comme paravent.

     

    « Il faut admettre que l’industrie du taxi a été obligée de se bouger, mais d’un autre côté, si Uber est concurrentiel, c’est parce que son modèle a été créé autour des zones grises des règlements », souligne M. Germain.

     

    La multinationale assure toujours être prête à négocier, rappelant que la première année du projet pilote au Québec a été « succès ».

     

    Au total, près de 900 000 Québécois ont utilisé Uber. Huit millions de courses ont été enregistrées par les dix mille partenaires chauffeurs. Québec a perçu 7,2 millions de dollars des taxes de vente appliquées aux courses.

     

    Pourquoi alors préférer partir plutôt que d’arriver à un compromis ? Uber peut-il vraiment se priver du Québec ?

     

    « À vrai dire, ce n’est pas une question de savoir si on peut oui ou non se passer du Québec. Notre objectif, évidemment, c’est de continuer, mais d’y arriver dans le respect de notre modèle, et si on impose 35 heures de formation aux chauffeurs, c’est impossible », a indiqué le directeur général de la section québécoise d’Uber, Jean-Nicolas Guillemette.

     

    Dans l’industrie du taxi, plusieurs soupçonnent « San Francisco » — l’état-major d’Uber — d’avoir enjoint à sa filiale de bomber le torse devant le gouvernement québécois pour le « faire plier ». Ce n’est pas la première fois que l’entreprise quitte une ville avec laquelle elle n’arrive pas à s’entendre. Récemment, elle a perdu sa licence à Londres.

     

    « La réalité c’est que tout le monde dans l’entreprise a le même objectif […] C’est une entreprise, on parle d’une seule voix », s’est limité à répondre M. Guillemette.


    Uber, «persona non grata» 2015  L’obtention obligatoire d’une licence de taxi amène Uber à quitter les villes allemandes de Francfort, Hambourg et Düsseldorf.

    2015  La Cour suprême de la Bulgarie interdit les services de transport utilisant des applications mobiles.

    2015  Uber est bannie de la Corée du Sud pour concurrence déloyale.

    2016  La société américaine quitte la Hongrie après la promulgation d’une loi interdisant les services de taxi ne disposant pas d’un centre d’appel.

    2017  Au Danemark, l’installation obligatoire de compteurs dans les taxis entraîne le départ d’Uber.

    2017  L’application est interdite par la justice italienne, qui évoque une concurrence déloyale.

    2017  Uber perd sa licence d’exploitation à Londres pour des questions de sécurité.












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