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    Bombardier face à un double enjeu cette semaine

    Déjà affaiblie vendredi dernier, l’action a commencé la journée en chute libre avec un recul de près de 8,5% dans un volume d’échanges trois fois plus fort qu’à l’habitude.
    Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Déjà affaiblie vendredi dernier, l’action a commencé la journée en chute libre avec un recul de près de 8,5% dans un volume d’échanges trois fois plus fort qu’à l’habitude.

    Entre les discussions sur une alliance impliquant ses deux concurrents dans le matériel roulant et la réponse imminente de Washington à une plainte de Boeing, Bombardier a vu son titre perdre plus de 8 % lundi matin avant de remonter un peu grâce à l’activité des chasseurs d’aubaines.

     

    Trois jours après que le groupe français Alstom a confirmé des pourparlers sur un « possible rapprochement » avec le fabricant allemand Siemens, l’agence Reuters a écrit lundi que celui-ci pourrait prendre une décision dès aujourd’hui, ce que certains voient comme étant potentiellement problématique pour Bombardier.

     

    Déjà affaiblie vendredi dernier, l’action a commencé la journée en chute libre avec un recul de près de 8,5 % dans un volume d’échanges trois fois plus fort qu’à l’habitude. Malgré une certaine remontée en après-midi, elle a terminé la journée en baisse de 4 % à 2,14 $.

     

    Une alliance entre Siemens et Alstom « donnerait naissance à une entreprise dont les revenus combinés seraient de 18 milliards et pourrait placer Bombardier dans une position désavantageuse en raison de sa plus petite taille », a estimé un analyste de Valeurs Mobilières Desjardins, Benoît Poirier.

     

    L’agence Bloomberg a rapporté jeudi dernier que Siemens entretient des pourparlers non seulement avec Alstom, mais avec Bombardier en plus, cela lui donnant des options pour affronter la concurrence chinoise émergente. Les discussions auraient débuté au début de 2017.

     

    Selon M. Poirier, le cours de l’action pourrait pâtir de la décision du département du Commerce mardi. Toute chute du prix serait une occasion d’achat pour les investisseurs à long terme, a-t-il ajouté en estimant à 5 $ le potentiel du cours d’ici 2020.

     

    Boeing accuse Bombardier d’être subventionnée et de vendre ses avions à des prix trop bas pour le marché américain, voire à perte. L’entreprise de Seattle demande au département du Commerce d’imposer des droits compensateurs de 79,41 %, selon les documents publiés en juin dernier par le gouvernement.

     

    La plainte de Boeing concerne la commande de 75 appareils CSeries (CS100) que Bombardier a reçue du transporteur Delta l’an dernier. L’entente comprend aussi une option sur 50 appareils de plus. Il s’agit de la plus grosse commande à ce jour. Quelques mois auparavant, Bombardier avait reçu d’Air Canada une lettre d’intention pour 45 appareils plus une option sur 30 autres.

     

    Divers sénateurs et des transporteurs ont écrit au gouvernement américain en guise d’appui à Bombardier, dont Delta et JetBlue. Celui-ci a indiqué lundi dans une lettre à Rhonda Schmidtlein, commissaire à la Commission du commerce international des États-Unis, que le modèle CS100 recèle plusieurs avantages et que ses coûts d’exploitation sont bas.

     

    La décision rendue mardi est préliminaire et ne porte que sur les droits compensateurs. Une autre, sur des droits antidumping, est attendue au début du mois d’octobre. Là aussi, Boeing demande une pénalité d’environ 80 %.

     

    Bombardier a entrepris un virage il y a deux ans avec l’arrivée en scène d’un nouveau président, Alain Bellemare, et l’établissement d’un certain nombre d’objectifs financiers pour 2020. L’entreprise a récolté une aide financière des gouvernements et procédé à des licenciements importants pour réduire ses coûts tout en mettant les bouchées doubles pour lancer son programme CSeries.

     

    Ce programme est un des piliers de l’avenir de Bombardier, mais ses coûts de développement sont devenus problématiques en cours de route. Alors qu’il devait initialement atteindre 3,4 milliards, le programme coûtera 5,4 milliards, selon des projections révélées en 2015.

     

    L’an dernier, Bombardier a enregistré un chiffre d’affaires de 16,3 milliards et une perte d’un milliard. Son dernier exercice rentable remonte à 2013.













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