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    Taux directeur: la Banque du Canada dégaine plus vite que prévu

    7 septembre 2017 | François Desjardins - Avec Karl Rettino-Parazelli | Actualités économiques
    Stephen Poloz, le gouverneur de la Banque du Canada
    Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Stephen Poloz, le gouverneur de la Banque du Canada

    La Banque du Canada a dégainé plus vite que prévu mercredi en relevant son taux directeur pour une deuxième fois cette année, mais les économistes misent toujours sur l’hypothèse qu’elle l’augmentera de nouveau d’ici la fin 2017 en raison de la vigueur de l’économie canadienne.

     

    Alors qu’une majorité d’économistes n’entrevoyaient la hausse de 25 points de base qu’en octobre, la banque centrale a estimé que la force des données macroéconomiques récentes justifiait amplement de faire passer le taux de 0,75 % à 1 % dès maintenant. L’augmentation survient deux mois après que le conseil de direction eut décidé de hausser le taux de 0,5 % à 0,75 %, mettant fin à des années de statu quo.

     

    « Les données économiques récentes ont été plus vigoureuses que prévu, ce qui étaye le point de vue de la Banque selon lequel la croissance au Canada devient plus généralisée et plus autonome, a indiqué la banque centrale. Les dépenses de consommation demeurent robustes, étant soutenues par la vive expansion continue de l’emploi et du revenu. En outre, les investissements des entreprises et les exportations ont affiché une vigueur plus généralisée. »

    360 $
    C'est la somme qu'un ménage disposant d'un prêt hypothécaire de 235 000 $ devra débourser en plus pour chaque hausse de 25 points de base du taux directeur, selon une estimation de la Banque Laurentienne.
     

    Aussi appelé taux de financement à un jour, le taux directeur agit indirectement sur la croissance de l’économie en influençant le coût des emprunts, à la fois pour les particuliers et les entreprises. Il joue aussi sur le taux des prêts hypothécaires, ce qui concerne au premier chef les propriétaires ayant contracté des emprunts à taux variable, de même que sur le dollar canadien.

     

    Alors que les prévisionnistes tentent constamment d’anticiper le résultat des prochaines réunions du conseil de direction, la Banque du Canada a laissé savoir qu’il ne faut rien tenir pour acquis. « Les décisions futures au chapitre de la politique monétaire ne sont pas prédéterminées et seront guidées par les nouvelles données économiques et l’évolution des marchés financiers », a ajouté la banque centrale.

     

    Forte croissance

     

    Le Fonds monétaire international a prédit cet été que la croissance canadienne de 2017 serait la plus forte de tous les pays du G7. Les trois premiers mois de l’année ont donné lieu à une croissance de 3,7 % en rythme annualisé, suivie d’une progression de 4,5 % au deuxième trimestre.

     

    La Banque du Canada a précisé qu’elle suivra de près la sensibilité de l’économie aux taux d’intérêt plus élevés, compte tenu de l’endettement élevé des ménages canadiens. L’institution est d’avis que l’activité immobilière résidentielle qui posait problème dans certaines régions du pays a ralenti au fil du temps, conséquence des resserrements de prêts et des mesures fiscales mises en place en Colombie-Britannique et en Ontario.

     

    « Il faudra voir dans quelle mesure les paiements d’intérêts plus élevés vont contribuer à réduire les dépenses discrétionnaires et comment les taux vont affecter la demande dans le secteur résidentiel », a noté la Banque Laurentienne dans une analyse transmise aux clients. Celle-ci a estimé que pour un ménage disposant d’un prêt hypothécaire de 235 000 $, chaque hausse de 25 points de base se soldera par 360 $ de plus en paiements annuels.

     

    « La Banque du Canada n’a pas cru nécessaire d’attendre le Rapport sur la politique monétaire d’octobre pour resserrer davantage sa politique », ont fait remarquer Krishen Rangasamy et Paul-André Pinsonnault, de la Financière Banque Nationale. Selon eux, la « voie est libre » pour une nouvelle augmentation des taux d’ici la fin décembre. D’autant plus, ont-ils ajouté, qu’« une inflation par les coûts après la hausse du salaire minimum de 23 % en Ontario qui prendra effet à compter du 1er janvier 2018 est fort possible ».
     













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