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    Entrepreneuriat

    Le Canada a les moyens de retenir ses futurs champions, estime le patron de la BDC

    Le patron de la BDC, Michael Denham, constate que les occasions de financement se multiplient

    <p>Le président et chef de la direction de la Banque de développement du Canada, Michael Denham</p>
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

    Le président et chef de la direction de la Banque de développement du Canada, Michael Denham

    Le Canada a désormais les moyens de faire naître des entreprises technologiques au potentiel immense, mais également de les convaincre de rester au pays, affirme le président et chef de la direction de la Banque de développement du Canada (BDC), Michael Denham.

     

    En poste depuis deux ans, le patron de l’institution qui se consacre exclusivement aux entrepreneurs canadiens a observé un « changement » dans l’écosystème financier canadien. Comme l’ont récemment évoqué certains investisseurs en capital de risque, l’époque où les futurs champions canadiens se tournaient vers les États-Unis pour alimenter leur croissance semble désormais révolue, observe-t-il.

     

    « Aujourd’hui, il y a beaucoup plus d’occasions de financement pour les compagnies technologiques et les startup, ici au Canada, explique-t-il en entrevue au Devoir, à l’occasion du dévoilement, ce mercredi, des résultats 2017 de la BDC.

     

    « C’est aussi une question de talent, ajoute-t-il. Et avec la qualité de la main-d’oeuvre que nous avons au Canada, et particulièrement au Québec et en Ontario, c’est beaucoup plus facile pour ces compagnies de grandir ici et de rester ici. »

    49 000
    Le nombre de propriétaires d’entreprises qui ont eu recours aux services de la BDC lors de l’exercice financier qui s’est terminé le 31 mars 2017.

    Secteur en croissance

     

    Selon M. Denham, cette nouvelle réalité est en partie attribuable au succès du Plan d’action pour le capital de risque déployé en 2013 par le gouvernement fédéral et géré par la BDC. Cette initiative a permis d’investir près de 400 millions de dollars, auxquels se sont ajoutés plus de 900 millions provenant du secteur privé.

     

    Une nouvelle phase de ce plan, doté d’une nouvelle enveloppe d’environ 400 millions, devrait produire le même effet d’entraînement, espère le président de la BDC. Le programme, qui vient de faire l’objet de consultations, devrait entrer en vigueur au printemps ou à l’été prochain.

     

    Les investissements en capital de risque, à la fois publics et privés, profitent notamment aux entreprises qui se spécialisent en intelligence artificielle. Jusqu’à maintenant, la BDC a soutenu une douzaine d’entreprises liées à ce secteur en pleine croissance. L’institution fait par exemple partie des investisseurs qui ont permis à la compagnie montréalaise Element AI d’obtenir un financement record de 137 millions de dollars en juin dernier.

     

    « Notre capacité très avancée en intelligence artificielle nous permet d’avoir une longueur d’avance sur les autres régions. Nous profitons de ce bon niveau de départ pour faire quelque chose de spécial », souligne M. Denham.

     

    Une « bonne année »

     

    La BDC veut devenir un acteur incontournable pour toutes les entreprises canadiennes, qu’elles tirent profit de l’intelligence artificielle ou non. Lors de l’exercice financier terminé le 31 mars 2017, 49 000 propriétaires d’entreprises ont eu recours à ses services, ce qui correspond à une hausse de 17 % par rapport à l’exercice précédent.

     

    La division financement de l’institution a octroyé 6,6 milliards de dollars en prêts en 2016-2017, comparativement à 4,8 milliards l’année précédente, soit une augmentation de 37 %.

     

    La BDC a ainsi conclu son plus récent exercice financier en affichant un bénéfice net de 465 millions de dollars. Ce résultat dépasse de 97 millions l’objectif fixé, mais il se situe en deçà des bénéfices enregistrés en 2016 (538 millions) et en 2015 (491 millions).

     

    « C’était une bonne année pour nous, note Michael Denham, fier de constater que tous les secteurs d’activités de la BDC ont mieux fait que prévu. Une année de croissance, ça reflète le fait qu’on soutient plus d’entrepreneurs. »

     

    Se faire connaître

     

    Après avoir été discrète pendant des années, la BDC sort de l’ombre. En réalisant une étude de marché en 2014, l’institution s’est rendu compte que les entrepreneurs canadiens connaissent peu les services qu’elle offre. En 2016, elle s’est donc dotée d’une nouvelle image de marque et, depuis, elle tente d’attirer l’attention des entreprises à coup de campagnes publicitaires.

     

    Au cours de la dernière année, elle a ouvert vingt centres d’affaires supplémentaires à travers le Canada, portant leur nombre total à plus d’une centaine.

     

    « On veut que les entrepreneurs soient davantage au courant de ce que nous faisons, pour qu’ils puissent tirer avantage de notre offre de financement et de services-conseils », résume M. Denham, montrant fièrement ses boutons de manchette qui affichent le nouveau logo de la BDC.

     

    Pour ce qui est de l’avenir, le patron refuse de prédire les impacts que pourrait avoir la renégociation de l’ALENA sur les entreprises canadiennes. Pour le moment, il est heureux de voir que le niveau de confiance des compagnies s’améliore, ce qui pourrait les inciter à lancer de nouveaux projets.

     

    « On a le capital nécessaire pour en faire davantage », lance-t-il aux intéressés.













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