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    Une page d’histoire se tourne chez Saputo

    Le fondateur de Saputo, Lino Saputo, prend sa retraite

    2 août 2017 | Améli Pineda - Avec La Presse canadienne | Actualités économiques
    L’entrepreneur italien n’a pas pu contenir ses larmes lorsqu’il a dressé le bilan de l’entreprise qu’il a bâtie dans le but de permettre à son père de quitter les trois emplois qu’il cumulait pour subvenir aux besoins de sa famille lorsqu’il est arrivé à Montréal.
    Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne L’entrepreneur italien n’a pas pu contenir ses larmes lorsqu’il a dressé le bilan de l’entreprise qu’il a bâtie dans le but de permettre à son père de quitter les trois emplois qu’il cumulait pour subvenir aux besoins de sa famille lorsqu’il est arrivé à Montréal.

    Une page d’histoire s’est tournée mardi chez Saputo. Après 63 ans à la tête de l’entreprise familiale, devenue un géant dans l’industrie de la transformation laitière, son fondateur, Lino Saputo, prend officiellement sa retraite et cède la place à son fils Lino.

     

    « Saputo sera entre de bonnes mains. Lino Saputo fils a su s’entourer d’une équipe formidable lorsqu’il a pris la direction de Saputo en 2004. Je lui avais dit qu’il avait carte blanche pour la gestion et le développement de l’entreprise […] et il a tenu sa promesse. Ça me rend très fier et j’ai une grande confiance en l’avenir », a souligné M. Saputo.

     

    La gorge nouée par l’émotion, l’homme âgé de 80 ans s’est adressé pour la dernière fois aux investisseurs de son entreprise lundi matin lors de l’assemblée annuelle qui s’est tenue à Laval.

     

    L’entreprise qu’il a fondée en 1954, avec seulement 500 $ et une bicyclette, a dégagé un bénéfice net de 200,3 millions de dollars à son premier trimestre de l’exercice financier en cours.

     

    L’entrepreneur italien n’a pas pu contenir ses larmes lorsqu’il a dressé le bilan de l’entreprise qu’il a bâtie dans le but de permettre à son père de quitter les trois emplois qu’il cumulait pour subvenir aux besoins de sa famille lorsqu’il est arrivé à Montréal.

     

    « Je m’étais promis de faire quelque chose pour changer sa vie, alors je me suis trouvé un emploi dans une charcuterie italienne où je participais autant à la fabrication qu’à la vente et à la distribution des produits. Sans le savoir, j’ai fait mes premiers pas dans l’univers des épiceries. En travaillant six jours par semaine, j’ai réussi à économiser l’argent dont nous avions besoin pour ouvrir une petite fromagerie pour changer la vie de mon père », a raconté M. Saputo.

     

    Six décennies plus tard, M. Saputo confie les rênes de l’entreprise à son fils, avec la volonté de continuer à la voir prospérer.

     

    « Je me souviens que, lorsque j’étais enfant et qu’à l’école on nous demandait le métier de nos parents, je répondais avec simplicité que mon père avait une entreprise de fromages sans trop savoir ce que ça signifiait », a raconté Lino Saputo fils.

     

    C’est à l’âge de 13 ans que celui qui devient président du conseil d’administration, en plus d’en être le chef de la direction, a compris l’impact de son père.

     

    « Lorsque j’ai commencé à m’impliquer dans l’entreprise, j’ai vite compris son influence et ses aspirations. Mon père espérait fournir bien plus qu’un travail, il voulait que les personnes grandissent dans l’entreprise », a-t-il souligné.

     

    Le nouveau grand patron de Saputo affirme que l’entreprise considérerait comme une occasion d’affaires l’abandon du système de gestion de l’offre — si cher à plusieurs producteurs au Québec — dans le cadre des négociations sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

     

    Tout en estimant que la position du Canada favorable à la gestion de l’offre devrait l’emporter, le chef de la direction, Lino Saputo fils, a laissé entendre que les usines canadiennes pourraient fonctionner à 100 % de leur capacité si l’entreprise pouvait s’approvisionner de lait américain comme elle le désire.

     

    En marge de l’assemblée annuelle des actionnaires, Lino Saputo fils a affirmé que le transformateur laitier québécois n’était pas « dérangé par les négociations » sur l’ALENA.

     

    Le chef de la direction a indiqué que Saputo avait « partagé sa vision » avec les élus au pays, sans faire de « lobbying » ou de « politique », pour dire essentiellement que l’entreprise était prête — notamment en vertu de ses acquisitions aux États-Unis — à toute éventualité, avec ou sans le système de gestion de l’offre.

     

    Lino Saputo fils a affirmé par ailleurs que l’entreprise recherchait encore des possibilités d’acquisition pour son expansion et que l’incertitude concernant les négociations sur l’ALENA et le gouvernement Trump n’accélérait pas ses visées dans l’immédiat aux États-Unis, pas plus qu’elle ne les freine pour l’avenir.

    Profit en hausse chez Saputo Saputo a affiché mardi un bénéfice du premier trimestre en hausse de 13,4 % par rapport à la même période l’an dernier.

    Le bénéfice net de l’entreprise montréalaise s’est établi à 200,3 millions de dollars, soit 51 ¢ par action, ce qui se comparait à un bénéfice de 176,7 millions, ou 44 ¢ par action, pour la même période l’an dernier.

    Le chiffre d’affaires de Saputo a progressé de 9,9 %, à 2,89 milliards, au cours du trimestre clos le 30 juin, ce qui se comparait à des revenus de 2,63 milliards au premier trimestre un an plus tôt.

    Cette performance était supérieure à celle attendue par les analystes. Ces derniers visaient en moyenne un bénéfice net par action de 50 ¢ ainsi que des recettes de 2,87 milliards, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

    Saputo a notamment attribué la hausse de ses revenus à la croissance des volumes de vente et des prix de vente à l’international, tandis que les revenus de son secteur canadien sont restés essentiellement stables. La fluctuation du dollar canadien s’est en outre traduite par une hausse de 60 millions du chiffre d’affaires par rapport au premier trimestre de l’an dernier.

    Le conseil d’administration de l’entreprise a autorisé une hausse de 6,7 % du dividende trimestriel, qui passera ainsi de 15 ¢ par action à 16 ¢ par action à compter du versement du 15 septembre.

    Les investisseurs ont semblé accueillir favorablement les résultats de Saputo et l’action de l’entreprise prenait mardi après-midi 1,21 $, soit 2,86 %, à la Bourse de Toronto, où elle se négociait à 43,47 $.
     












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