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    Trouver son chemin, grâce à Hikster

    Passionnée de plein air, Claire Deguelle a lancé Hikster, une application répertoriant les 17 000 kilomètres de sentiers de randonnée et de raquette au Québec.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Passionnée de plein air, Claire Deguelle a lancé Hikster, une application répertoriant les 17 000 kilomètres de sentiers de randonnée et de raquette au Québec.

    Le Québec regorge d’entrepreneurs passionnés qui tentent de mettre à profit une idée ou un concept novateur. Chaque semaine, Le Devoir vous emmène à la rencontre de gens visionnaires, dont les ambitions pourraient transformer votre quotidien. Aujourd’hui, une adepte de plein air qui met la technologie au service des randonneurs.


    Le bonheur, Claire Deguelle le trouve au milieu d’une forêt ou sur le flanc d’une montagne. Lorsqu’elle est arrivée au Québec il y a quatre ans, cette ingénieure française a ainsi décidé de prendre la direction de la Gaspésie pour s’évader pendant quelques jours.

     

    Après avoir scruté les sites Internet et cherché des informations pour tracer son itinéraire, elle a constaté que la planification était plus compliquée qu’elle ne l’aurait cru. « Il a fallu 15 jours pour organiser une randonnée d’une semaine », raconte-t-elle.

     

    Employée par une entreprise qui collabore avec des arpenteurs-géomètres, elle a alors décidé de combiner son intérêt pour la cartographie et son amour des grands espaces pour créer Hikster, une plateforme qui vous invite à jouer dehors.
     

     

     

    Gravir les échelons

     

    Formée en télécommunications, Claire a avancé pas à pas avant de se lancer en affaires. À sa sortie de l’école, elle a amorcé sa carrière dans une jeune entreprise française offrant des cours d’anglais en téléconférence. « J’ai vraiment aimé le dynamisme de la startup. Ça bouge, ça va vite. Tout le monde peut donner son avis », affirme-t-elle.

     

    L’entrepreneure en devenir a ensuite acquis de l’expérience au sein d’une grande entreprise, avant de traverser l’Atlantique pour relever un nouveau défi. Elle s’est alors vu confier le mandat de mettre sur pied la filiale québécoise d’une entreprise française spécialisée en géomatique.

     

    « Je ne suis spécialiste en rien, mais je peux toucher à tout et je peux surtout trouver les bonnes ressources pour bien m’entourer », résume-t-elle.

     

    En 2015, lorsque lui est venue l’idée de Hikster, elle n’a donc pas hésité à jouer d’audace : elle a loué un kiosque au Salon aventure et plein air de Montréal sans avoir de produit à présenter. Elle voulait tâter le pouls des randonneurs, et elle y est parvenue : en deux jours, 800 lui ont laissé leur courriel et des milliers d’autres l’ont encouragée à mener son projet à terme.

     

    Des cartes qui en disent long

     

    Lancés au début de l’année, le site Internet et l’application mobile de Hikster répertorient les 17 000 kilomètres de sentiers de randonnée et de raquette au Québec.
     

    L’entreprise, qui s’est associée à Rando Québec, permet à chaque propriétaire de lieu de randonnée, que celui-ci soit public ou privé, d’inclure des informations sur les sentiers à visiter.

     

    « Notre gros avantage, c’est qu’on a automatisé le côté cartographique », note Claire.

     

    Les gestionnaires de sentiers peuvent ajouter des tracés plus facilement et ils pourront bientôt intégrer des données cartographiques supplémentaires concernant par exemple la faune et la flore ou la couverture cellulaire. Les randonneurs pourront ainsi savoir à l’avance quelles espèces d’arbres montrer à leurs enfants, ou s’ils auront à se passer de leur téléphone en cas d’urgence.

     

    Jusqu’à maintenant, près de 20 000 personnes ont téléchargé l’application, mais Claire Deguelle a une autre carte dans sa manche. Elle vient de mettre la main sur alexhike.com, le populaire site spécialisé dans l’évaluation des sentiers de randonnée du Québec et du nord-est des États-Unis, que fréquentaient 178 000 utilisateurs par an.

       


    Dynamiser les régions

     

    Hikster génère surtout des revenus en vendant de la publicité à des gîtes, des hôtels ou des campings qui veulent attirer les randonneurs de passage dans leur région. Parce qu’en utilisant la plateforme, Claire fait le pari que les mordus de la nature prolongeront leur séjour et fréquenteront les établissements locaux.

     

    « Je veux rendre service à ceux qui font du plein air, mais si je pouvais en plus aider l’économie locale, ça me ferait vraiment plaisir », affirme-t-elle, tout sourire.

     

    La fondatrice veut faire du Québec une « rampe de lancement » pour ensuite s’imposer en Amérique du Nord, puis en Europe. Après la randonnée et la raquette, elle veut que sa plateforme serve aux adeptes de randonnée hivernale, de vélo, de ski de fond et même d’équitation, toujours dans le but de démocratiser le plein air.

     

    « Souvent, les marques de plein air vont s’adresser aux aventuriers, à ceux qui ont gravi des montagnes. Ça fait rêver, mais les gens se disent que ce n’est pas pour eux. Ça crée une barrière », déplore-t-elle.

     

    « Peu importe ta capacité physique, peu importe si tu es en surpoids ou si tu te trouves vieux, viens avec nous, lance-t-elle aux intéressés. On va trouver le sentier qui te convient. »
     













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