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    Les États-Unis dévoilent leurs objectifs pour la renégociation de l’ALENA

    Le gouvernement Trump veut notamment s’attaquer à la gestion de l’offre

    Le président Trump a reçu, à la Maison-Blanche lundi, 50 entreprises provenant des 50 États américains pour mousser une campagne intitulée «Made in America», quelques heures avant la publication des objectifs de négociation.
    Photo: Olivier Douliery Agence France-Presse Le président Trump a reçu, à la Maison-Blanche lundi, 50 entreprises provenant des 50 États américains pour mousser une campagne intitulée «Made in America», quelques heures avant la publication des objectifs de négociation.

    Le gouvernement du président américain, Donald Trump, a officiellement publié lundi après-midi la liste de ses objectifs en vue de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui doit débuter à partir de la mi-août. Les Américains veulent notamment s’attaquer au système canadien de gestion de l’offre et encadrer le commerce électronique.

     

    Le représentant au Commerce, Robert Lighthizer, a dévoilé les intentions du gouvernement américain en indiquant que la renégociation de l’ALENA visera à « réduire le déficit commercial des États-Unis » et à améliorer l’accès aux marchés canadien et mexicain pour les entreprises américaines oeuvrant dans les secteurs manufacturier, de l’agriculture et des services.

     

    « Trop d’Américains ont été affectés par des fermetures d’usines, des emplois délocalisés et des promesses politiques rompues », a affirmé M. Lighthizer.

     

    Le document d’une quinzaine de pages indique notamment que les représentants américains chercheront à éliminer les barrières non tarifaires touchant les produits agricoles américains, incluant les quotas. Cet objectif cible de toute évidence le système canadien de gestion de l’offre, qui encadre la production de lait, d’oeufs et de volaille au pays et que le gouvernement Trudeau s’est engagé à protéger.

     

    Comme prévu, les règles d’origine, le mécanisme de règlement des différends et la question de la propriété intellectuelle figurent parmi les priorités du gouvernement américain.

     

    En ce qui concerne le commerce électronique, les États-Unis veulent libéraliser les échanges en multipliant par 40 le montant au-delà duquel les Canadiens magasinant en ligne doivent payer une taxe à l’importation.

      


    Le Canada « prêt à collaborer »

     

    La publication de cette liste de priorités met la table pour des négociations qui devraient débuter à partir du 16 août. La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, n’a pas tardé à réagir aux visées américaines, sans toutefois dévoiler son jeu.

     

    « Le rapport publié aujourd’hui par les États-Unis fait partie de leur processus interne et est exigé aux termes des règles de la Trade Promotion Authority des États-Unis, a-t-elle déclaré par voie de communiqué. Lorsque les négociations débuteront, nous serons prêts à collaborer avec nos partenaires afin de moderniser l’ALENA, tout en défendant nos valeurs et les intérêts nationaux du Canada. »

     

    À la fin du mois de mars, la Maison-Blanche a transmis au Congrès américain une liste préliminaire de ses priorités en vue de la renégociation de l’ALENA. Puis, le 18 mai dernier, les États-Unis ont officiellement lancé le processus de consultation de 90 jours qui doit précéder l’ouverture des négociations entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

     

    En 2016, les États-Unis étaient en déficit commercial de 116 milliards de dollars canadiens par rapport au Canada, en incluant l’ensemble des échanges commerciaux, selon les données de Statistique Canada. Mais si on exclut les biens énergétiques, y compris le pétrole, le portrait est radicalement différent, les Américains enregistrant un surplus commercial de plus de 31 milliards de dollars.

     

    Lundi, Robert Lighthizer a soutenu que le déficit commercial des États-Unis par rapport au Mexique était de 64 milliards de dollars américains en 2016.

     

    Campagne « Made in America »

     

    Quelques heures avant la publication des objectifs de négociation, le président Trump a reçu à la Maison-Blanche 50 entreprises provenant des 50 États américains pour mousser une campagne intitulée « Made in America ». Il a ainsi voulu promouvoir des compagnies qui fabriquent leurs produits aux États-Unis, comme Ping Golf (Arizona), Caterpillar (Illinois), Campbell (New Jersey) ou encore Gibson Guitars (Tennessee).

     

    La Maison-Blanche a présenté cette campagne, qui s’échelonnera toute la semaine, comme une manière de défendre les intérêts des travailleurs américains qui voient des emplois bien rémunérés être délocalisés.

     

    « Nous voulons créer plus de produits dans notre pays avec nos travailleurs et nos ressources. Quand nous fabriquons des produits ici, les revenus et, plus important encore, les emplois restent ici », a scandé le président américain en s’adressant aux dirigeants d’entreprises.

     

    « Nous ne permettrons plus aux pays étrangers de bafouer les lois et de voler nos emplois », a-t-il ajouté, après avoir fièrement enfilé le chapeau de cow-boy que lui a tendu le représentant de l’entreprise Stetson Hats.

    Un accord jugé bénéfique Un sondage Nanos dévoilé lundi indique que 54 % des entreprises américaines sont d’avis que le libre-échange avec le Canada a été bénéfique pour l’économie des États-Unis. Les entreprises du Midwest font bande à part, puisqu’il s’agit de la seule région où les répondants jugent majoritairement que l’abaissement des barrières tarifaires n’a pas eu d’impact positif sur l’économie américaine. Le même coup de sonde révèle par ailleurs que les entreprises américaines sont divisées au sujet des répercussions de l’ALENA sur l’économie de leur pays : 45 % d’entre elles estiment que l’accord a été bénéfique, 25 % pensent le contraire, 13 % croient que l’accord n’a eu aucun impact et 16 % des répondants sont indécis.












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