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    Robots collaboratifs, mais pas sans risques

    Une étude de l’IRSST met en évidence le défi de l’intégration en milieu de travail

    L’étude dévoile que les robots collaboratifs doivent être utilisés avec précaution.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir L’étude dévoile que les robots collaboratifs doivent être utilisés avec précaution.

    L’intégration des robots collaboratifs au sein d’entreprises qui souhaitent automatiser leur production à moindre coût comporte des risques que les gestionnaires ont du mal à évaluer, constate un nouveau rapport de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et sécurité du travail (IRSST).

     

    L’étude de l’IRSST, la première consacrée à la présence des robots collaboratifs dans les milieux de travail québécois, permet de constater que ces machines qui ont fait leur apparition sur le marché il y a environ sept ans doivent être utilisées avec précaution.

     

    « Les robots étudiés ont été conçus en respectant le niveau de fiabilité des normes en vigueur. Mais lorsqu’on les intègre en milieu de travail, il faut faire attention au choix des composantes utilisées, qui peuvent altérer la fiabilité de départ », explique Sabrina Jocelyn, professionnelle scientifique à l’IRSST et coauteure de l’étude.

     

    Après avoir analysé trois robots différents et visité quatre entreprises québécoises qui utilisent des robots collaboratifs, ses collègues et elle ont conclu que les compagnies ont besoin d’être mieux outillées pour intégrer les machines de manière sécuritaire.

     

    « Il faut étudier le contexte dans lequel le robot va être utilisé, par qui, à quel moment dans le cycle de production, dit-elle. Comme il y a une possibilité de contact avec l’humain, ça change complètement les manières de faire. »

     

    Cohabiter avec le robot

     

    Les robots collaboratifs gagnent du terrain à travers le monde parce qu’à la différence des robots conventionnels, ils n’ont pas besoin d’être encerclés par des grillages métalliques. Ils bougent plus lentement et peuvent s’arrêter lorsqu’on s’en approche, ce qui permet aux travailleurs de demeurer à proximité.

     

    Selon la firme Barclays, la valeur du marché mondial des robots collaboratifs pourrait passer de 116 millions de dollars américains en 2015 à plus de 12 milliards en 2025.

     

    Les entreprises visitées par l’équipe de l’IRSST ont utilisé ces robots nouveau genre, qui prennent souvent la forme de bras robotisés, pour prendre des pièces et les déposer dans un bac ou sur une palette. À leurs côtés, les travailleurs se sont vus confier le mandat de superviser la production et le bon fonctionnement du robot, et d’intervenir au besoin.

     

    « Il y a essentiellement une cohabitation homme-robot plutôt qu’une véritable collaboration où le travailleur et le robot travaillent simultanément sur la même pièce en production », souligne le rapport.

     

    L’argent d’abord

     

    Les travaux de Mme Jocelyn et de ses collègues permettent par ailleurs de comprendre ce qui motive les entreprises à se tourner vers les robots collaboratifs. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’aspect « collaboratif » des machines n’est pas considéré comme leur premier attrait.

     

    « À la base, ces robots ont été conçus pour allier le travail de la machine aux compétences de l’humain. Ce qu’on a vu sur le terrain, c’est que ce n’est pas cette raison-là qui est évoquée en premier, si elle est évoquée », affirme Mme Jocelyn.

     

    Les compagnies ont surtout été charmées par leurs avantages économiques : coût plus faible qu’un robot conventionnel, rendement des investissements en l’espace d’un an et réduction des coûts de main-d’oeuvre. Le prix horaire d’un robot collaboratif serait d’environ 5 $, note l’étude, soit bien moins que le salaire horaire d’un travailleur exécutant les mêmes tâches.

     

    Accueil favorable

     

    De leur côté, les travailleurs ont généralement bien accueilli l’arrivée de leur nouvel outil de travail. Ils ont apprécié le fait que le robot puisse soulever de lourdes charges à leur place et que sa présence leur permette d’effectuer des tâches plus valorisantes, mais ils ont évoqué les risques de collision avec le robot ou la pièce portée.

     

    Sabrina Jocelyn n’est pas en mesure de chiffrer le nombre de robots collaboratifs actuellement installés au Québec, mais elle est persuadée qu’ils vont se multiplier, en dépit des risques potentiels.

     

    « L’avenir est là, estime-t-elle. À mon avis, l’engouement va aller en augmentant. Il va y avoir de la résistance au changement si on remplace complètement le travailleur. Mais si on garde le travailleur et qu’on lui confie des tâches plus valorisantes, comme dans les entreprises où nous sommes allés, ça peut être positif. »













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