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    Les salaires des patrons de Bombardier feront de nouveau réagir

    9 mai 2017 |Julien Arsenault - La Presse canadienne | Actualités économiques
    Manifestation contre les rénumérations excessives chez Bombardier, le 2 avril dernier, à Montréal
    Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Manifestation contre les rénumérations excessives chez Bombardier, le 2 avril dernier, à Montréal

    La Caisse de dépôt n’est pas seule. La rémunération des patrons de Bombardier, à l’origine d’une vive controverse il y a un peu plus d’un mois, pourrait revenir au coeur des discussions dans le cadre de l’assemblée annuelle de la multinationale, jeudi.

     

    Déjà, le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MEDAC), par l’entremise de son président, Daniel Thouin, compte interpeller la haute direction du constructeur d’avions et de trains sur la question de la rémunération. « Le sujet est plus sensible qu’à l’habitude, a expliqué son coordonnateur, Willie Gagnon, au cours d’un entretien téléphonique. Comme l’an dernier, nous allons voter contre l’approche de la société en matière de rémunération. »

     

    Sans dévoiler de données précises, M. Gagnon affirme que cette controverse a fait en sorte que le MEDAC a reçu « deux fois plus de procurations d’actionnaires » qu’à l’habitude. L’an dernier, la résolution consultative non contraignante sur l’approche de l’entreprise en matière de rémunération des membres de la haute direction avait été appuyée dans une proportion de 96,1 % par les actionnaires. « On souhaite qu’il y ait un plus fort taux d’opposition, a expliqué M. Gagnon. On ne comprend pas pourquoi il n’y en a pas eu avant. Cette politique avait reçu le feu vert l’an dernier. C’est ce qui est à l’origine du scandale. »

     

    Choc en vue ?

     

    La politique de rémunération de Bombardier ne fait pas l’unanimité. Si la firme de conseils aux actionnaires Glass Lewis recommande à ses clients de s’opposer à l’approche de l’entreprise, la firme Institutional Shareholder Services (ISS) adopte une position contraire. Dans ses reproches, Glass Lewis affirme ainsi que l’entreprise ne décrit pas clairement les objectifs à atteindre à court et à long terme pour ses hauts dirigeants. Pour sa part, ISS, même si elle estime que les augmentations de salaire sont importantes, concède que la performance de Bombardier s’est améliorée à plusieurs chapitres, ce qui incite la firme à recommander à ses clients de voter pour la politique de rémunération.

     

    Par ailleurs, il n’y a pas que les actionnaires qui risquent de vouloir ramener la question des salaires au coeur des discussions. Trois organisations syndicales ainsi que Québec solidaire planifient un « comité d’accueil » pour les actionnaires de Bombardier à Dorval avant le début de l’assemblée annuelle.

     

    « Il y avait eu des manifestations citoyennes pour dénoncer les hausses de salaires chez Bombardier, et c’est dans ce contexte que nous voulons emboîter le pas », a expliqué la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain — une des organisations syndicales impliquées —, Dominique Daigneault. Celle-ci affirme que la démarche vise à inciter les actionnaires de la compagnie à questionner de nouveau les dirigeants sur la politique de rémunération.

     

    Bombardier profitera également de son assemblée annuelle pour dévoiler ses résultats du premier trimestre. Les analystes sondés par Thomson Reuters s’attendent à une perte ajustée par action de 1 ¢ US et sur des revenus de 3,84 milliards.

    D’autres dossiers à surveiller jeudi La plainte de Boeing

    Le géant américain s’est tourné vers le département du Commerce et la Commission du commerce international des États-Unis pour demander une enquête sur une campagne de Bombardier jugée « agressive » pour « vendre ses appareils de la CSeries sur le marché américain à des prix dérisoires ». La direction de Bombardier pourrait avoir à répondre aux allégations avancées par Boeing.

    La CSeries

    Bombardier a livré trois avions CSeries à ses clients depuis le début de l’année alors que sa cible pour 2017 oscille entre 30 et 35 avions. Des problèmes de cadence chez le motoriste Pratt Whitney pèsent sur les efforts de l’avionneur montréalais au chapitre des livraisons.

    Fusion en Europe ?

    Bombardier et l’allemande Siemens AG discuteraient d’un regroupement de leurs divisions de matériel roulant dans le cadre d’une transaction qui pourrait atteindre 14 milliards de dollars. L’entreprise québécoise n’a pas commenté directement ce dossier jusqu’ici.












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