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    Retraite

    Jeunes, votez RPC!

    Le Régime de pension du Canada (RPC) est l’équivalent de notre Régime des rentes du Québec (RRQ). Alors que le reste du pays vient d’adopter une réforme avantageuse pour les prochaines générations, Québec en propose une version allégée qui pénalise les jeunes. Une consultation est en cours sur le site retraitequebec.gouv.qc.ca. Jeunes et moins jeunes, une fois n’est pas coutume, votez RPC !


    Les discussions ont lieu depuis quelques années déjà, mais avec le départ des conservateurs du pouvoir à Ottawa, neuf des dix provinces, à l’exception du Québec, se sont entendues pour réformer le Régime de pension du Canada (RPC).

     

    Selon cette entente, les cotisations au RPC, qui augmenteront progressivement entre 2019 et 2025, s’accumuleront dans une caisse qui servira à bonifier aussi progressivement les rentes en fonction du nombre d’années de participation. À terme, dans quarante ans, chacun recevra l’équivalent de 33 %, au lieu de 25 %, d’un maximum de gains admissibles de 62 600 $, au lieu de 54 900 $ aujourd’hui.

     

    Un travailleur du reste du pays recevra donc, au plus, 20 000 $ (en dollars d’aujourd’hui) au lieu de 13 300 $ à l’heure actuelle. À cela s’ajoutera évidemment la prestation de Sécurité de la vieillesse (SV) fédérale de 7000 $, pour un total de 27 000 $ indexés au coût de la vie. Une réforme qui ne va pas aussi loin qu’on l’aurait souhaité (ex. : 50 % du revenu), mais qui constitue un pas très important.

     

    Or, selon Québec, ces paramètres posent un problème puisqu’en étant appliqués à tous, ils priveront les gens qui gagnent moins de 27 400 $ d’une partie du Supplément de revenu garanti (SRG) qu’Ottawa verse aux plus démunis en plus de la Sécurité de la vieillesse. Pourquoi payer des cotisations d’un côté si Ottawa vous retire une partie de votre BS de l’autre ?

     

    En conséquence, le ministre des Finances du Québec propose que la réforme québécoise exclue toute cotisation sur la partie du revenu qui est inférieure à ces 27 400 $.

     

     

    On comprend trop bien la motivation du gouvernement Couillard, qui veut faire économiser de l’argent aux employeurs en forçant Ottawa à prendre à sa charge la couverture des besoins des petits salariés avec son SRG. Cette approche tient de l’astuce. Elle n’a pas de sens sur le plan social.

     

    Puis, qu’arrivera-t-il si, dans 10, 20 ou 30 ans, un Maxime Bernier devenu premier ministre décide de remplacer le SRG ou d’en réduire les prestations ? Pourquoi les Québécois seraient-ils privés d’une couverture de retraite au moins équivalente à celles des autres Canadiens grâce à leur propre régime au lieu d’un programme fédéral de dernier recours sur lequel ils n’ont aucun pouvoir ?

     

    Autre facteur important : tous les salariés et non seulement ceux du bas de l’échelle seraient pénalisés pour n’avoir pas cotisé davantage sur les premiers 27 400 $ gagnés, ne serait-ce que pendant les années de début de carrière, par exemple. En effet, ces années sans cotisations supplémentaires seraient évidemment soustraites du calcul de la rente bonifiée calculée sur les 35 ou 40 ans de participation.

     

    Résultat : à salaire égal, un retraité québécois recevrait donc 4621 $ de plus qu’à l’heure actuelle, mais 2176 $ de moins que les autres Canadiens. Au lieu d’une rente équivalente à 33 % des gains admissibles comme ailleurs, la nouvelle rente atteindrait tout au plus 29,6 % au Québec, voire 27 % pour qui aurait gagné 40 000 $ toute sa vie.

     

     

    La réforme proposée par Québec éloigne donc le RRQ du RPC de façon radicale. Pourtant, lors de sa création il y a cinquante ans, le RRQ devait offrir des conditions comparables au RPC pour faciliter la vie des gens qui doivent se déplacer et couvrir les travailleurs qui relèvent de la compétence fédérale. Cela doit se poursuivre.

     

    Lors des consultations récentes en commission parlementaire, la plupart des observateurs indépendants, dont les membres de l’ex-Comité d’experts sur le système de retraite québécois, ont jugé la réforme du RPC plus équitable et plus raisonnable que la proposition Couillard. Les seuls à soutenir le projet du Québec sont les associations d’employeurs qui dénoncent l’augmentation des cotisations. Pour les travailleurs, cette augmentation à venir des cotisations n’est pas une taxe. Une rente de retraite, c’est le résultat d’un investissement. Ce n’est pas de l’aide sociale. C’est une question de dignité.

     

    Jeunes et moins jeunes, faites savoir à Québec que les travailleurs québécois méritent d’être aussi bien traités à la retraite que les autres Canadiens. Même si la retraite est la dernière de nos préoccupations quand on a 20 ou 30 ans.













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