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    Commerce

    Trump menace les producteurs laitiers canadiens

    Le président américain prend la défense des fermiers du Wisconsin en ciblant le Canada

    19 avril 2017 |Lina Dib - La Presse canadienne, Mylène Crête - La Presse canadienne | Actualités économiques
    Le président américain, Donald Trump, a évoqué mardi «des choses très injustes».
    Photo: Scott Olson Agence France-Presse Le président américain, Donald Trump, a évoqué mardi «des choses très injustes».

    Le président américain, Donald Trump, menace, en des mots très directs, les producteurs de lait canadiens.

     

    Dans un discours au Wisconsin mardi, il a promis aux producteurs laitiers de cet État de revoir les accords commerciaux avec le Canada, accords qu’il a qualifiés d’« injustes ». « Nous allons appeler le Canada », a-t-il lancé à la foule réunie pour l’entendre parler de la signature de son plus récent décret. Ce décret « Acheter américain ; embaucher américain » doit donner un avantage aux produits et citoyens des États-Unis pour tout projet fédéral.

     

    Après avoir donné quelques détails sur son décret, il s’est tourné vers le Canada et ses producteurs laitiers. « Au Canada, des choses très injustes se sont passées contre nos producteurs laitiers, a-t-il accusé. Ce qui vous est arrivé est très, très injuste. C’est le genre d’accord typiquement partial, contre les États-Unis. Et ça ne durera pas, a-t-il ajouté, applaudi par la foule. Nous allons appeler le Canada et lui demander : “Qu’est-ce qui se passe ?” » a-t-il promis.

     

    « C’est une chose terrible qui est arrivée aux fermiers du Wisconsin », a-t-il insisté, en promettant, encore une fois, d’y voir au plus vite, et même « immédiatement », « dès aujourd’hui ».

     

    Grogne des producteurs

     

    Le discours de Donald Trump aurait trouvé son inspiration dans le mécontentement des producteurs laitiers du Wisconsin. Ceux-ci perdraient des parts de marché en raison des efforts de l’industrie laitière canadienne pour réduire les prix de son lait diafiltré, selon le site Internet du gouverneur du Wisconsin, Scott Walker.

     

    Le président américain s’attaquerait donc à cette politique précise plutôt qu’à l’ensemble de la gestion de l’offre, même s’il s’est plaint des règles de l’ALENA qui ralentissent tout processus de changement. « Nous allons faire de très grands changements ou nous allons nous débarrasser de l’ALENA une bonne fois pour toutes. On ne peut pas continuer comme ça, croyez-moi », a-t-il lancé.

     

    Jusqu’à maintenant, le gouvernement canadien s’était conforté en entendant le président américain attaquer surtout son voisin mexicain au sujet de l’ALENA, allant même jusqu’à dire au premier ministre Justin Trudeau, lors de sa visite à Washington en février, que les États-Unis ne feraient que quelques « ajustements mineurs » à la partie de l’accord commercial qui les lie au Canada. « C’est absurde ! »

       

    Réaction « absurde »

     

    Le discours de Donald Trump suscite peu d’inquiétude chez les producteurs de lait du Québec. « Le lait diafiltré est un produit américain spécifiquement destiné au marché canadien pour contourner des règles et ce qu’il conteste en ce moment, c’est notre droit d’offrir à nos clients un prix concurrentiel. C’est une réaction un peu absurde », s’est exclamé le directeur adjoint aux relations publiques de l’association, François Dumontier.

     

    Le lait diafiltré est une protéine de lait liquéfiée qui entre dans la fabrication du fromage. Les producteurs laitiers canadiens ont réduit le prix de la protéine de lait qu’ils vendent aux transformateurs canadiens il y a un an pour concurrencer le lait diafiltré américain.

     

    Chacun sa politique

     

    Quant à la gestion de l’offre, les producteurs de lait du Québec demeurent convaincus que le gouvernement canadien va se porter à la défense de ce système. « L’important pour nous, c’est que le gouvernement défende sa politique agricole comme les Américains vont défendre la leur », a affirmé François Dumontier.

     

    « Le marché [canadien] est bien plus ouvert que celui des États-Unis. On n’a pas de leçons à recevoir des États-Unis en cette matière-là », a-t-il ajouté, en précisant que les Américains importent moins de 2 % de leur consommation de produits laitiers contre 8 % pour le Canada.

     

    En fin de journée mardi, le ministre canadien de l’Agriculture travaillait à rédiger sa réaction à la dernière sortie de l’imprévisible voisin américain.













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