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    Les producteurs de marijuana flairent une occasion en or

    Des Canadiens rêvent d’exporter leurs connaissances à l’étranger

    Les sites de production, comme celui-ci, à Richmond en Colombie-Britannique, sont des complexes ultrasécurisés, dotés de systèmes empruntés au secteur bancaire et où la propreté et la rigueur sont des priorités absolues.
    Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Les sites de production, comme celui-ci, à Richmond en Colombie-Britannique, sont des complexes ultrasécurisés, dotés de systèmes empruntés au secteur bancaire et où la propreté et la rigueur sont des priorités absolues.

    Deux jours avant le projet de loi sur la légalisation de la marijuana, Aurora Cannabis avait un message pour ses actionnaires : il venait d’amasser 75 millions en nouveau financement. Objectif ? Investir à l’international et dans des « occasions de croissance ». Car tout en construisant une usine à Pointe-Claire pour ajouter à sa production albertaine, il a mis le cap sur l’étranger.

     

    Alors que tous les regards financiers sont rivés sur le potentiel d’un marché canadien ouvert à l’usage récréatif dès 2018, la quarantaine de producteurs déjà autorisés à vendre à des patients pensent à deux choses. Oui, la légalisation pourrait créer un marché au détail de plusieurs milliards de dollars par année. Mais le marché mondial est lui aussi en expansion, et le savoir-faire canadien ne demande qu’à être exporté.

     

    Au cours des dernières années, de nombreux producteurs ont pris d’assaut les marchés boursiers, acquis des concurrents et investi pour augmenter leur capacité chacun de leur côté. Les sites de production, contrairement aux préjugés qui circulent, sont des complexes ultrasécurisés, dotés de systèmes empruntés au secteur bancaire et où la propreté et la rigueur sont des priorités absolues.

     

    « Le Canada est un chef de file mondial, du côté médical et maintenant du côté récréatif », dit le vice-président d’Aurora, Cam Battley, dont l’entreprise exploite au nord de Calgary un complexe de 55 000 pieds carrés, capable de produire 7000 kg par année. La compagnie a aussi entamé la construction d’un mégacomplexe de 800 000 pieds carrés à l’aéroport d’Edmonton. Quant au site de Pointe-Claire, il fera environ 40 000 pieds carrés et produira 3900 kg par année.

     

    « Une des choses qu’on a comprises collectivement ici, c’est que, lorsque vous produisez de grandes quantités, le défi est très différent de lorsque vous faites pousser sur une surface de 1500, 2000 ou 3000 pieds carrés, dit M. Battley. Sans compter la compréhension des subtilités propres à chaque complexe de production [au chapitre de la taille des fleurs, de la ventilation, de l’humidité, etc.]. C’est un savoir que nous sommes capables d’exporter dans les autres pays. »

    Lorsqu’on pense à l’avenir de notre économie, on pense aux difficultés qui sont survenues dans certains de nos secteurs manufacturiers
    L’analyste Mark Whitmore, au sujet du potentiel de l’industrie de la marijuana récréative
     

    Premier pas

     

    C’est pourquoi Aurora a récemment déboursé un peu moins de 7 millions pour prendre une participation de 19,9 % dans Cann Group, le premier producteur australien à recevoir un permis du gouvernement pour la recherche et la culture de cannabis médical. L’Australie est « un premier pas », dit M. Battley. Il ne peut en dire plus pour le moment. « Nous avons l’ambition de prendre de l’expansion, d’élargir notre implication et nos activités dans des pays où le cannabis est autorisé au niveau fédéral et où il y a des occasions pour bâtir une présence significative. »

     

    Ils ne sont pas les seuls. Le producteur ontarien Aphria, par exemple, a investi au début d’avril 25 millions pour mettre le pied dans le marché de la marijuana médicale en Floride. Canopy Growth, de son côté, a récemment acquis le groupe MedCann, un réseau de distribution en Allemagne, pour des actions totalisant environ 7 millions à l’automne 2016.

     

    Le marché allemand, première économie européenne, est surveillé de près. Quand Canopy a annoncé l’acquisition de MedCann, l’entreprise a mentionné que, même si l’Allemagne autorise la consommation à des fins médicales depuis 2005, aucune production ne se fait sur place. Les importations « proviennent du Canada et des Pays-Bas », avait-il dit dans une déclaration. Sa présence en Allemagne le positionnerait donc de manière favorable si « l’environnement réglementaire venait à changer ».

     

    Saisir une occasion

     

    « Est-ce que cette industrie offre au Canada la possibilité d’être un chef de file mondial ? Lorsqu’on pense à l’avenir de notre économie, on pense aux difficultés qui sont survenues dans certains de nos secteurs manufacturiers », dit Mark Whitmore, associé directeur à la firme-conseil Deloitte, qui a produit l’an dernier un sondage auprès de 5000 Canadiens et tenté de quantifier la taille d’un marché légalisé.

     

    Mark Whitmore, associé principal chez Deloitte, donne comme exemple les marques de bière canadiennes qui font maintenant partie de grands catalogues internationaux, conséquence d’un vent de consolidation difficile à combattre qui a soufflé fort dans les années 2000. « Est-ce qu’on pourrait voir un phénomène inverse ? Des compagnies canadiennes ont développé le marché ici, et pourraient prendre cette propriété intellectuelle — comment on fait pousser, comment on commercialise, comment on distribue — et l’amener en Allemagne, au Chili, en Colombie, en Australie… »













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