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    Trump suscite la méfiance parmi les producteurs de lait

    Les agriculteurs comptent sur Ottawa pour protéger la gestion de l’offre

    L’industrie laitière québécoise ne veut pas céder du terrain aux Américains, après les concessions faites aux Européens dans le cadre de l’Accord économique et commercial global.
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’industrie laitière québécoise ne veut pas céder du terrain aux Américains, après les concessions faites aux Européens dans le cadre de l’Accord économique et commercial global.

    Les Producteurs de lait du Québec se méfient de l’« imprévisible » Donald Trump et comptent sur Ottawa pour garder la gestion de l’offre intacte lors d’une éventuelle renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

     

    « M. Trump étant ce qu’il est — il est très imprévisible —, on espère que le gouvernement canadien va se tenir debout », a déclaré mercredi le président du syndicat des producteurs laitiers, Bruno Letendre, en marge de l’assemblée générale annuelle de l’organisation. « On ne sait pas encore ce qui va être sur la table », rappelle-t-il.

     

    M. Letendre est rassuré par les échos provenant de Québec et d’Ottawa, où les gouvernements Couillard et Trudeau semblent décidés à défendre la gestion de l’offre, mais il demeure malgré tout sur ses gardes.

     

    Lorsqu’il a annoncé son intention de renégocier l’ALENA, le président Trump ne semblait rien exclure, y compris la gestion de l’offre canadienne, mais le ton s’est adouci depuis. À preuve, la liste des priorités que la Maison-Blanche a transmise au Congrès américain il y a deux semaines ne cible pas directement la gestion de l’offre.

     

    Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, espère conclure une entente d’ici un an, mais le dépôt au Congrès d’un avis formel permettant d’amorcer les négociations 90 jours plus tard se fait toujours attendre.

     

    Éviter une brèche

     

    Les Producteurs de lait du Québec font valoir que le Canada importe plus de 8 % de sa consommation de produits laitiers, qu’il s’agisse de fromage, de beurre ou de sous-produits du lait, alors que les États-Unis n’en importent que 2 %. L’industrie laitière québécoise ne veut pas céder du terrain aux Américains, après les concessions faites aux Européens dans le cadre de l’Accord économique et commercial global (AECG).

     

    En vertu de cet accord de libre-échange avec l’Union européenne, qui doit entrer en vigueur de manière provisoire dès que le Canada l’aura approuvé, 17 700 tonnes supplémentaires de fromage européen pourront entrer au pays, ce qui représente environ 4 % du marché canadien.

     

    En novembre dernier, le gouvernement fédéral a annoncé un plan de 350 millions de dollars pour venir en aide à l’industrie laitière : 250 millions sur cinq ans pour les producteurs et 100 millions sur quatre ans pour les transformateurs.

     

    Aide jugée insuffisante

     

    Ottawa promettait alors de consulter les intervenants concernés et de dévoiler les modalités du programme par la suite, mais cinq mois plus tard, les producteurs laitiers naviguent en plein brouillard. « On n’a aucune information », déplore M. Letendre.

     

    Ce dernier indique que les 250 millions promis par Ottawa incluront 8 % de frais d’administration, ce qui signifie que les producteurs de lait ne toucheraient en réalité que 230 millions sur cinq ans. Le syndicat juge cette somme insuffisante et réclame une seconde phase de soutien.

     

    Au moment d’écrire ces lignes, le cabinet du ministre fédéral de l’Agriculture, Lawrence MacAulay, n’avait pas répondu à nos questions concernant les modalités du programme et la part des frais administratifs.

     

    Bilan positif

     

    Les Producteurs de lait du Québec ont par ailleurs profité de leur assemblée générale annuelle pour souligner une année de « croissance formidable ». Les droits de produire ont augmenté de 8 % en 2016, en grande partie grâce à la hausse de la demande de matière grasse pour le lait de transformation.

     

    Entre mars 2016 et mars 2017, on a notamment assisté à la croissance des ventes de fromage (5,2 %), de crème (4,6 %) et de beurre (4,1 %).

     

    « La réhabilitation du gras laitier a eu un impact majeur sur les habitudes alimentaires des Canadiens, mais aussi un effet positif sur nos fermes laitières », a souligné Bruno Letendre.

     

    La production laitière représente environ le tiers de l’ensemble de la production agricole québécoise. Les quelque 5500 fermes laitières mettent en marché près de 3 milliards de litres de lait chaque année, ce qui représente des recettes d’environ 2,5 milliards de dollars.













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