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    Le design au service des marques

    Kotmo conçoit des objets promotionnels écoresponsables

    «Le design est devenu très élitiste. Et je crois profondément que le design doit être accessible à tous», affirme Céline Juppeau.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir «Le design est devenu très élitiste. Et je crois profondément que le design doit être accessible à tous», affirme Céline Juppeau.

    Le Québec regorge d’entrepreneurs passionnés qui tentent de mettre à profit une idée ou un concept novateur. Chaque semaine, Le Devoir vous emmène à la rencontre de gens visionnaires, dont les ambitions pourraient transformer votre quotidien. Aujourd’hui, une Franco-Canadienne qui veut mettre fin à la dictature du stylo et de la clé USB.


    Lorsqu’elle arrive au Québec en 2012 après avoir étudié le design en France, Céline Juppeau sait qu’elle doit rapidement garnir son carnet de contacts. Elle multiplie les événements de réseautage et en revient avec une foule d’objets qui accumulent la poussière sur un bureau ou qui prennent rapidement la direction de la poubelle.

     

    « Je n’en voulais pas, de ces produits-là, et me suis dit que les designers pouvaient créer ce genre de produits », se souvient-elle.

     

    La jeune femme ambitieuse, dont les parents sont français et québécois, sait depuis des années qu’elle sera un jour son propre patron, mais il manque une corde à son arc. « À l’école, on nous forme pour être des créateurs, pour développer des idées, mais on ne nous forme pas pour gérer notre travail. »

     

    Elle entame donc une maîtrise à l’Université de Montréal, pendant laquelle elle explore le monde de la gestion. « C’est un peu là que tout a commencé. »

     

    Le design pour tous

     

    Ce « tout », c’est Kotmo — pour quotidien en mouvement —, une entreprise que Céline met sur pied en octobre 2014. Dès le départ, elle souhaite démocratiser le design, tout en servant l’image de marque des entreprises.

     

    « Le design est devenu très élitiste. Et je crois profondément que le design doit être accessible à tous », lance-t-elle, attablée dans les bureaux que son entreprise occupe, dans un ancien bâtiment industriel du sud-ouest de Montréal.

     

    « En remettant des produits, les entreprises ont un impact autour d’elles. Pourquoi ne pas réintégrer le design dans le quotidien des citoyens, grâce aux entreprises ? »

     

    L’entrepreneure s’associe d’abord avec des designers locaux, avec l’objectif de vendre leurs produits. Elle change rapidement de cap et développe sa propre gamme de produits, qu’en vend à partir d’octobre 2015. Et pour satisfaire ses clients, l’entreprise se concentre aujourd’hui sur les produits conçus sur mesure.

     

    Critères à respecter

     

    Le coeur de Kotmo se trouve derrière cette porte, au fond du grand bureau à aire ouverte : on y découvre un atelier où s’empilent les retailles de bois, la peinture et les outils en tous genres. C’est ici que des designers conçoivent à la main tous les produits de l’entreprise.

     

    Chaque objet est donc fabriqué sur place, en utilisant majoritairement des ressources locales, pour minimiser l’impact environnemental du transport. Les produits doivent être utiles et, dans la mesure du possible, durables, recyclables et réutilisables. Le respect de ces critères a permis à l’entreprise d’obtenir la certification B Corp, qui reconnaît l’engagement social et environnemental de centaines de compagnies à travers le monde.

      

    Depuis ses débuts, Kotmo compte une cinquantaine de clients au Québec et en Ontario, y compris plusieurs gros noms. L’entreprise a, par exemple, créé un amplificateur de musique pour Desjardins, une enveloppe en tissu pour les boîtes de mouchoirs de Téo Taxi, ou encore un minitableau en bois pour Kijiji.

     

    « Chaque produit est issu d’une réflexion de design, résume Céline. Quand on fait du design, on prend un problème, on réfléchit, on trouve des solutions, on teste, on revient en arrière et on atteint un résultat. »

     

    Repenser l’objet

     

    Céline Juppeau ne veut pas que ses clients comparent ses produits à ceux qui sont fabriqués en Chine, à bas coûts. Les objets conçus sur mesure sont plus dispendieux, mais ils véhiculent un message bien plus fort, soutient-elle.

     

    Et à ceux qui lui reprocheraient de contribuer à la surconsommation de produits, malgré ses bonnes intentions, elle répond que c’est exactement ce contre quoi elle lutte.

     

    « Il y a beaucoup de gens qui disent qu’il faudrait arrêter l’objet promotionnel. Il ne faut pas l’arrêter, il faut le repenser, dit-elle. La publicité par l’objet est une pratique essentielle dans une stratégie de marketing. On veut créer des produits qui ont une valeur, que les gens vont utiliser, qui ont un impact positif. »

    Grandir à sa façon

     

    Kotmo n’est pas différente des autres start-ups qui rêvent de grandir, et vite. Mais Céline veut que cette croissance se fasse en respectant les valeurs sur lesquelles elle a bâti son entreprise.

     

    « L’idée, c’est de développer à Montréal un modèle d’affaires qui fonctionne et de répéter ce modèle. Si on a des clients en France, on ne va pas leur envoyer des produits faits ici. Ça ne cadrerait pas du tout avec nos objectifs de développement durable. »

     

    La jeune femme rêve d’établir un « pôle de production » en Europe d’ici deux ans, et un autre dans l’Ouest canadien par la suite, afin de desservir les clients locaux.

     

    Son carnet de contacts est désormais rempli, et elle espère que celui des commandes débordera sous peu.
     

     



     













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