Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous
    Des idées, une vision

    Manèges sans limites

    Triotech offre des expériences immersives aux quatre coins de la planète

    Ernest Yale, de Triotech, entreprise qui se distingue en misant sur l’interactivité de ses manèges, dans lesquels les utilisateurs ne sont plus seulement des spectateurs.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Ernest Yale, de Triotech, entreprise qui se distingue en misant sur l’interactivité de ses manèges, dans lesquels les utilisateurs ne sont plus seulement des spectateurs.

    Le Québec regorge d’entrepreneurs passionnés qui tentent de mettre à profit une idée ou un concept novateur. Chaque semaine, Le Devoir vous emmène à la rencontre de gens visionnaires, dont les ambitions pourraient transformer votre quotidien. Aujourd’hui, un surdoué de la programmation qui donne des sensations fortes aux quatre coins de la planète.


    Une entrevue avec le président-directeur général d’une entreprise se déroule habituellement de la même façon : on prend place dans un joli bureau, on démarre l’enregistreuse et on discute. Mais avant de parler de Triotech, l’entreprise qu’il a fondée il y a 17 ans, Ernest Yale croit qu’une démonstration s’impose. « Pour comprendre ce qu’on fait, il faut que tu essaies », lance-t-il.

     

    On prend place sur un siège jaune vif, on enfile des lunettes 3D et on boucle notre ceinture. Les rideaux qui encerclent la plateforme se referment et on oublie instantanément qu’on se trouve dans les bureaux montréalais d’une entreprise qui vend des manèges dans plus de 50 pays. Nous sommes plutôt dans une ville envahie par des loups-garous, qu’il faut abattre. Pendant une dizaine de minutes, le siège bouge et vibre, comme si on y était.

     

    Voilà ce qu’offre Triotech : des expériences immersives pour tous les goûts. Ses manèges conçus à Montréal et assemblés à Joliette font chaque année le bonheur de plus de 16 millions d’utilisateurs. Cette entreprise québécoise méconnue est à l’image de son président. Elle n’arrête jamais.

     

    L’informatique dans la peau

     

    Ernest Yale a douze ans lorsqu’il découvre la programmation. Quand il réalise qu’il ne pourra pas obtenir la console de jeu de ses rêves, il se met à créer des copies des succès du moment, comme Pac-Man ou Space Invaders. « C’est assez inné pour moi. Il y en a qui sont bons en peinture ou en musique sans avoir de formation. Moi, c’est l’informatique, raconte-t-il. Ce que j’aimais le plus, ce n’était pas de jouer, mais de fabriquer les jeux. »

     

    Les années passent et il découvre qu’il peut faire de sa passion un métier. Il entame des études en informatique à l’UQAM et décide de lancer sa propre entreprise avant d’avoir décroché son diplôme. Son associé et lui conçoivent des logiciels, mais les contrats se font rares.

     

    Le vent tourne lorsque deux clients de Joliette leur demandent de développer un système pour leurs jeux d’arcade. Après plusieurs mois de travail, Ernest choisit de laisser tomber l’entreprise qu’il a créée pour se joindre aux deux frères qui l’avaient sollicité. Ensemble, le trio fonde Triotech.

    Photo: Source Triotech Au fil des ans, Triotech a développé des attractions au Canada, aux États-Unis, en Asie et en Europe.
     

    Évolution rapide

     

    Au départ, l’entreprise conçoit donc des jeux pour arcades, mais elle emprunte une trajectoire différente à partir de 2005, lorsqu’elle se consacre pour la première fois à la conception de manèges immersifs pour les centres de divertissement.

     

    À partir de 2012, Triotech se distingue en misant sur l’interactivité de ses manèges, dans lesquels les utilisateurs ne sont plus seulement des spectateurs. « Nous avons été les premiers joueurs importants sur le marché à intégrer l’interactivité. Au départ, on se disait que ça représenterait graduellement 10 ou 20 % de nos revenus, mais après un an, ça correspondait à 50 % de notre chiffre d’affaires », se souvient Ernest Yale.

     

    Et depuis 2014, l’entreprise offre des expériences immersives dans des véhicules en mouvement à différents parcs d’attractions, dont Canada’s Wonderland de Toronto. « J’ai toujours été quelqu’un qui pousse pour aller plus loin. Mon obsession, c’est de ne jamais m’asseoir sur ce que j’ai et de continuer à faire de la recherche et développement », insiste le fondateur.

     

     

    Nouveau modèle d’affaires

     

    Au fil des ans, Triotech a développé des attractions au Canada, aux États-Unis, en Asie et en Europe. La compagnie, qui compte près de 200 employés — elle veut en embaucher 40 autres cette année —, a bénéficié l’an dernier d’un investissement de 80 millions de dollars du Fonds de solidarité FTQ et de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

     

    La compagnie a l’intention de se faire connaître en « faisant quelque chose à Montréal », peut-être dans un lieu public. Entre-temps, elle développe à fond de train son nouveau modèle d’affaires, grâce auquel elle veut devenir copropriétaire de manèges qu’elle développe. Comme l’attraction Fear the Walking Dead, qui sera lancée cet été à Las Vegas, ou l’expérience The Flyer, qui sera offerte à San Francisco — et éventuellement dans plusieurs grandes destinations touristiques — pour permettre aux utilisateurs de « survoler » la ville dans laquelle ils se trouvent.

     

    D’ici 2020, Ernest Yale souhaite que ces partenariats avec des opérateurs locaux, qui assurent des revenus plus stables, représentent 50 % de son chiffre d’affaires.

     

    « Triotech, ce n’est pas pour tout le monde, prévient-il. Nous sommes une compagnie ambitieuse qui veut rayonner partout dans le monde. Et pour y arriver, il faut être meilleur que les concurrents, il faut toujours offrir une expérience supérieure. »

     

     













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.