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    Entreprises

    Bombardier garde le cap sur sa politique de rémunération

    L’opposition exige une intervention du gouvernement Couillard

    Le président-directeur général de Bombardier, Alain Bellemare (gauche) et le président du conseil d’administration — et ancien p.-d.g. —, Pierre Beaudoin, le 29 avril 2016
    Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le président-directeur général de Bombardier, Alain Bellemare (gauche) et le président du conseil d’administration — et ancien p.-d.g. —, Pierre Beaudoin, le 29 avril 2016

    Critiquée de toutes parts pour la hausse de la rémunération globale de ses hauts dirigeants, Bombardier garde le cap et entend se concentrer sur la « création de valeur » pour ses actionnaires.

     

    « Notre objectif est de créer de la valeur pour que le gouvernement du Québec et l’ensemble de nos actionnaires puissent en bénéficier », a affirmé jeudi le porte-parole de l’entreprise, Simon Letendre, refusant de réagir directement aux critiques formulées au cours de la journée par la classe politique québécoise.

     

    « Pour 2016, la rémunération a été votée et approuvée par le conseil d’administration. La partie salaire a déjà été versée, donc on ne peut pas revenir là-dessus », a-t-il ajouté en précisant que la rémunération globale des hauts dirigeants de Bombardier se situe « dans la médiane » par rapport aux entreprises comparables.

    Les dirigeants de Bombardier ont réussi à tirer une compagnie qui était dans une très grave difficulté vers la voie de la rentabilité, […] mais ils l’ont fait parce que les contribuables québécois leur ont donné 1 milliard
    Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

    « Inacceptable »

     

    Quelques heures auparavant, le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont sommé le gouvernement Couillard d’intervenir pour corriger la situation.

     

    « Je pense que c’est une gifle aux Québécois », a déclaré le chef du PQ, Jean-François Lisée, lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.

     

    « Les dirigeants de Bombardier ont réussi à tirer une compagnie qui était dans une très grave difficulté vers la voie de la rentabilité, […] mais ils l’ont fait parce que les contribuables québécois leur ont donné 1 milliard de dollars [américains] », a indiqué le chef de l’opposition officielle.

     

    « La Caisse de dépôt investit 2 milliards [dans la division transport de Bombardier, en novembre 2015], puis le gouvernement du Québec investit 1 milliard. Donc, je pense qu’on est en droit d’intervenir pour dire que les salaires devraient être raisonnables », a renchéri le chef de la CAQ, François Legault.

     

    Couillard n’interviendra pas

     

    « Si je me place dans la perspective des travailleurs et des fournisseurs, est-ce que le moment est bien choisi ? Est-ce que le message est bien choisi ? J’aurais tendance à dire que non », a admis le premier ministre, Philippe Couillard, tout en refusant d’intervenir directement.

     

    « Ce n’est pas mon rôle de faire ça. Nous sommes des investisseurs dans la CSeries », a-t-il dit.

     

    Lors de la période de questions, la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, a elle aussi fait valoir que le gouvernement n’a pas à approuver l’augmentation de la rémunération des patrons de Bombardier, puisqu’il a investi spécifiquement dans une société en commandite consacrée à la CSeries, et non dans la société mère.

     

    Devoir d’agir

     

    Ce n’est pourtant pas ce que pense le directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), Michel Nadeau. À son avis, les quelque 3 milliards de dollars investis dans Bombardier en 2015 par le gouvernement du Québec, puis par la Caisse de dépôt, donnent l’« autorité morale » à M. Couillard pour faire fléchir Bombardier.

     

    « Je pense que Bombardier a le devoir de tenir compte de cette contribution. Autrement, son image s’en trouvera grandement détériorée, estime M. Nadeau. M. Couillard devrait demander l’annulation des augmentations pour 2016 et le retour à la rémunération de 2015 jusqu’à ce que la performance soit au rendez-vous. »

     

    Fortes hausses

     

    Le président-directeur général de Bombardier, Alain Bellemare, a touché une rémunération globale de 9,5 millions $US en 2016, comparativement à 6,4 millions $US en 2015, soit une augmentation de 48 %. Quant au président du conseil d’administration — et ancien p.-d.g. —, Pierre Beaudoin, il a reçu 5,3 millions $US, ce qui représente une hausse de 36 % par rapport aux 3,8 millions $US de 2015.

     

    Le porte-parole de Bombardier a soutenu jeudi qu’il est trompeur d’affirmer que la rémunération globale des six plus hauts dirigeants de Bombardier a augmenté de près de 50 %, puisque la plupart d’entre eux sont entrés en poste alors que l’année 2015 était déjà bien entamée. La comparaison de la rémunération de M. Bellemare entre 2015 et 2016 est plus représentative, puisque le p.-d.g. est entré en fonction en février 2015.

     

    Bombardier a fait les manchettes en 2016 en annonçant l’abolition de 14 500 postes sur deux ans, dont près de 4000 au Québec.













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