Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous
    Northern Pass

    Pas de projet aux États-Unis sans rentabilité, insiste Hydro-Québec

    La société d’État dit qu’elle ne paiera pas pour l’enfouissement de la ligne

    Le projet de construction d’une ligne de transmission ne plaît pas à tous au sud de la frontière.
    Photo: Archives Le Devoir Le projet de construction d’une ligne de transmission ne plaît pas à tous au sud de la frontière.

    Hydro-Québec affirme qu’elle ne paiera pas « un sou » pour l’enfouissement de la portion américaine de la ligne de transport d’électricité Northern Pass et que la facture serait remise aux consommateurs américains. S’il s’avère que le projet n’est pas rentable, il sera abandonné, insiste-t-elle.

     

    La société d’État a vivement réagi mercredi à un article du Journal de Montréal indiquant qu’elle paierait 500 millions de dollars pour enfouir la ligne de haute tension en territoire américain, alors qu’elle refuse de le faire pour une partie de la ligne Québec-New Hampshire, la portion québécoise du projet.

     

    « Nous ne paierons pas un sou pour la ligne de transport du projet Northern Pass du côté américain. Ce sont les consommateurs américains qui paieront les frais de transport sur leur territoire à travers leurs tarifs d’électricité », a déclaré Hydro-Québec par voie de communiqué.

     

    Nouveau modèle

     

    Hydro-Québec s’est associée à un partenaire américain, Eversource, pour construire une ligne de transport reliant le Québec et le New Hampshire. Face aux critiques de groupes désirant protéger le territoire des montagnes Blanches, Eversource a accepté d’enfouir une nouvelle portion de la ligne sur une distance de 83 km, ce qui ferait grimper la facture du projet de 500 millions de dollars.

    Ce sont les consommateurs américains qui paieront les frais de transport sur leur territoire à travers leurs tarifs d'électricité
    Hydro-Québec

    ​En se basant sur la documentation disponible sur le site du promoteur américain et sur un échange avec une porte-parole d’Eversource, Le Journal de Montréal rapportait mercredi matin que l’ensemble des coûts de développement et de construction du projet serait assumé par Hydro-Québec. La société d’État répond que ces informations ne sont plus valides.
     

    « Le modèle qu’on avait mis en avant pour ce projet-là en 2010 n’est plus le même aujourd’hui. C’était effectivement un modèle où Hydro-Québec avait une plus grande implication financière au sud de la frontière », explique la porte-parole d’Hydro-Québec Lynn St-Laurent.

     

    Rentabilité nécessaire

     

    Après avoir encaissé une gifle en octobre dernier, lorsque trois États de la Nouvelle-Angleterre ont rejeté ses offres pour l’octroi d’un important contrat d’approvisionnement en électricité, Hydro-Québec compte maintenant sur l’appel de propositions qui devrait être lancé en avril au Massachusetts pour rentabiliser la ligne transfrontalière.

     

    « Dans le cadre de l’appel de propositions du Massachusetts, ce sera un nouveau modèle. Et dans le cadre de ce nouveau modèle, on peut affirmer sans l’ombre d’un doute qu’on ne va pas payer pour la construction de la ligne, fait valoir Mme St-Laurent. Il est prévu que ce sont les compagnies d’électricité du Massachusetts qui vont payer pour la construction de la ligne et pour l’énergie qui sera distribuée. C’est donc la clientèle qui va payer pour cette énergie-là par l’intermédiaire de ses tarifs. »

     

    Cela dit, Hydro-Québec devra assurément payer des frais pour acheminer son électricité jusqu’aux clients américains en utilisant la ligne Northern Pass. « Une fois que l’on connaîtra tous les paramètres, […] si ce n’est pas rentable pour Hydro-Québec, on n’ira pas de l’avant », précise la porte-parole de la société d’État.

     

    « Deux poids, deux mesures »

     

    Nature Québec ne comprend pas pourquoi Hydro-Québec refuse d’enfouir une portion de la ligne qui passe sur le territoire du Québec, alors qu’Eversource a accepté de le faire pour deux portions du tracé américain.


    « Les arguments d’Hydro-Québec ne tiennent pas la route et tentent de masquer la réalité. Il y a deux poids, deux mesures en matière de conservation et de protection des paysages entre le Québec et les États-Unis, dans un projet dans lequel Hydro-Québec garantit à terme tous les risques et tout le financement », a affirmé son président, Christian Simard, après avoir pris connaissance de l’article du Journal de Montréal.

     

    Dans une décision rendue il y a un mois, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a invité Hydro-Québec à « réévaluer » l’option consistant à enfouir la ligne sur une distance de 18 km pour protéger un secteur de la forêt Hereford, située en Estrie. Hydro-Québec soutient depuis le début que l’enfouissement de la ligne serait trop coûteux.

     

    Le rapport du BAPE étant maintenant déposé, ce sera au gouvernement Couillard de décider s’il réclame des modifications au projet d’Hydro-Québec. Au cabinet du ministre de l’Environnement, David Heurtel, on indique que l’analyse du projet se poursuit, sans toutefois préciser à quel moment Québec se prononcera.













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.