Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Francophonie

    La Francophonie s’offre un observatoire économique

    11 mars 2017 | Pierre Vallée - Collaboration spéciale | Actualités économiques
    L’Observatoire souhaite entre autres mettre en valeur les réseaux de contacts des chercheurs en sciences économiques et créer un espace dans lequel ces divers réseaux pourraient communiquer et collaborer entre eux. 
    Photo: Sia Kambou Agence France-Presse L’Observatoire souhaite entre autres mettre en valeur les réseaux de contacts des chercheurs en sciences économiques et créer un espace dans lequel ces divers réseaux pourraient communiquer et collaborer entre eux. 
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.
     

    C’est en novembre dernier, lors du XVIe Sommet de la Francophonie, que le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, annonçait la création de l’Observatoire de la Francophonie économique, situé à l’Université de Montréal, en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). La direction en a été confiée à Marcel Boyer, professeur émérite en sciences économiques de l’Université de Montréal.

     

    La création de cet Observatoire s’inscrit en droite ligne avec la volonté de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) de faire de l’économie l’un de ses axes stratégiques. « En agissant de la sorte, le gouvernement du Québec et l’Université de Montréal saisissent l’occasion d’apporter leur pierre à l’édifice et, ainsi, contribuer à la construction d’un espace économique francophone », souligne Marcel Boyer.

     

    L’Afrique en premier

     

    Les premiers gestes que posera l’Observatoire de la Francophonie économique seront en direction des pays de l’Afrique francophone. « D’abord, nous avons fait le choix de ne pas trop nous éparpiller au départ et donc de concentrer nos premières activités sur un territoire circonscrit. Ensuite, étant donné le rôle important que jouent les pays africains au sein de la Francophonie, l’Afrique francophone nous est apparue comme le territoire le plus approprié. »

    Un des objectifs de l’Observatoire est de mettre en place un réseau international d’économistes francophones.
    Marcel Boyer, directeur de l’Observatoire de la Francophonie économique
     

    De plus, si les États francophones occidentaux, comme le Québec et la France, possèdent de nombreuses et complètes banques de données économiques, qui permettent ensuite de procéder à de multiples analyses, ce n’est pas nécessairement le cas pour les pays africains francophones. « Il ne faut pas s’imaginer pour autant qu’il n’existe pas de données économiques disponibles pour ces pays. Au contraire, ces données existent, mais les banques de données sont moins complètes que celles des pays occidentaux et, parfois, elles sont moins fiables, car moins bien vérifiées. » L’Observatoire espère par ses activités contribuer à l’élaboration de banques de données économiques plus complètes et fiables.

     

    Recenser les chercheurs

     

    La première étape consiste à recenser les chercheurs en sciences économiques, professeurs, doctorants et postdoctorants, susceptibles de collaborer avec l’Observatoire de la Francophonie économique. « La collaboration que nous offre l’Agence universitaire de la Francophonie va nous permettre de mettre en place ce premier défrichage. Inutile ici de réinventer la roue, l’AUF connaît très bien le réseau universitaire africain et est en mesure de trouver pour nous ces chercheurs en sciences économiques. »

     

    Le recensement de ces chercheurs permettra aussi à l’Observatoire de se familiariser avec les réseaux de contacts de ces derniers. « Tous les chercheurs universitaires, africains ou non, ont des contacts avec d’autres chercheurs à la fois à l’intérieur de leur pays et à l’international. L’un des objectifs de l’Observatoire est de mettre en valeur les réseaux de contacts de ces chercheurs et de créer un espace dans lequel ces divers réseaux pourraient communiquer et collaborer entre eux. »

     

    De plus, l’Observatoire de la Francophonie économique mettra à la disposition des chercheurs africains qui auront choisi de collaborer la plateforme technologique de développement et d’analyses de données économiques Mondo, développé par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO). « Nous voulons ainsi éviter que les chercheurs africains consacrent trop de temps à monter une base de données. Avec la plateforme Mondo, ils auront accès à une multitude de bases de données économiques ainsi qu’à certains outils technologiques, ce qui leur permettra de se concentrer davantage sur la recherche et l’analyse. »

     

    Stages et projets de recherche

     

    Les premières actions que proposera l’Observatoire porteront sur l’organisation de stages. « Les stages, qu’ils soient d’un mois ou de six mois, s’adresseront principalement aux doctorants et postdoctorants, sans pour autant exclure les professeurs. Mais nous souhaitons que ces stages soient dans les deux sens. Oui, faire venir ici au Québec des doctorants et postdoctorants africains, mais aussi, favoriser l’envoi d’étudiants québécois en stage dans des universités africaines. »

     

    Les secondes actions porteront sur des projets de recherche. « L’Observatoire pourra proposer et lancer des recherches qui seront alors effectuées par ses partenaires chercheurs et leurs institutions. Mais ces recherches et analyses économiques devront s’arrimer aux réalités économiques de nos partenaires et des pays dans lequel ils oeuvrent. Nous voulons que les travaux de l’Observatoire soient pertinents et s’insèrent dans les préoccupations des acteurs locaux. »

     

    Un autre rôle qu’assumera l’Observatoire de la Francophonie économique est celui de faciliter et de renforcer le réseautage. « Nous voulons que les bases de données économiques, les recherches et les analyses qui entreront dans le giron de l’Observatoire puissent d’abord être partagées entre nos membres, mais aussi ensuite mises à la disposition des organisations, gouvernementales ou privées, impliquées dans le développement économique afin de soutenir la mise en place de politiques et d’initiatives économiques. »

     

    Réseau international

     

    Si l’Afrique francophone est le premier territoire où se déploieront les premières activités de l’Observatoire de la Francophonie économique, ce dernier n’entend pas évidemment s’y limiter. « Dès que l’observatoire aura atteint une certaine maturité en Afrique, nous allons essaimer ailleurs dans toute la Francophonie. Un des objectifs de l’Observatoire est de mettre en place un réseau international d’économistes francophones. »

     

    Comment, au-delà de sa popularité, mesurera-t-on le succès de l’Observatoire de la Francophonie économique ? « Dans un premier temps, par la pertinence des recherches et analyses auxquelles aura participé l’Observatoire. Mais sur une période plus longue, il faudra évaluer si les recherches et analyses économiques auxquelles l’Observatoire a participé ont réellement contribué à stimuler des activités économiques. »













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Populaires|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.