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    Des idées, une vision

    La réalité virtuelle à la conquête du monde

    Retinad permet aux développeurs de mesurer l’effet de leurs vidéos

    22 février 2017 | Karl Rettino-Parazelli - Vous voulez partager vos idées, votre vision ? Écrivez à krparazelli@ledevoir.com. | Actualités économiques
    L’équipe de Retinad, Alexander Haque, Kévin Ouellet, Samuel Poirier, Anthony Guay et Motoki Nakamura
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir L’équipe de Retinad, Alexander Haque, Kévin Ouellet, Samuel Poirier, Anthony Guay et Motoki Nakamura

    Le Québec regorge d’entrepreneurs passionnés qui tentent de mettre à profit une idée ou un concept novateur. Chaque semaine, Le Devoir vous emmène à la rencontre de gens visionnaires, dont les ambitions pourraient transformer votre quotidien. Aujourd’hui, de jeunes mordus de réalité virtuelle qui jouent déjà dans la cour des grands.


    On accède au local du boulevard Saint-Laurent par un vieil ascenseur, en se demandant s’il tiendra le coup en montant. Dans la grande pièce centrale, le mobilier se résume à deux divans, quelques tables sur lesquelles sont posés des ordinateurs et une télévision encerclée par des fils et des manettes.

     

    C’est ici que se rassemblent chaque jour les cinq membres de l’équipe de Retinad, une jeune entreprise montréalaise fondée il y a deux ans, qui collabore déjà avec plusieurs grandes entreprises technologiques.

     


    En 2012, Samuel Poirier a 21 ans lorsqu’il commence à s’intéresser à l’exploration spatiale. Il cherche un appareil capable de simuler la surface de Mars et découvre l’Oculus Rift.

     

    Mesurer l’effet

     

    « Je suis tombé amoureux de cette bébelle-là », se souvient-il. L’entrepreneur s’allie un jour avec Anthony Guay, Kévin Ouellet et Alexander Haque pour « faire décoller » cet appareil qu’ils adorent en fondant Retinad.

     

    Ensemble, ils se lancent d’abord dans la vente de publicités accompagnant les vidéos en réalité virtuelle (RV), mais ils se rendent rapidement compte que les possibilités sont à ce moment-là limitées. Ils se concentrent donc sur un module d’extension (plug-in), développé en parallèle, qui permet de mieux comprendre le comportement de l’utilisateur.

     

    « Les créateurs de films, de publicités ou de vidéos en réalité virtuelle veulent savoir quel est l’effet de leur contenu. Et notre outil permet de mesurer ça », explique Anthony.

     

    L’outil conçu par la compagnie permet à une entreprise de savoir où les utilisateurs ont porté leur attention lors du visionnement d’une vidéo et d’obtenir par exemple des statistiques détaillées sur le nombre de personnes qui ont regardé un élément visuel précis dans l’espace ou sur les réactions à un événement sonore.

     

    Ces informations sont essentielles puisque le marché de la réalité virtuelle fait ses premiers pas en plein brouillard. Certaines entreprises investissent massivement pour produire des vidéos percutantes, mais sans nécessairement savoir avec précision comment le public interagit avec le contenu.

     

    « La réalité virtuelle est une toute nouvelle forme d’interaction, fait remarquer Samuel. On ne sait pas encore comment va évoluer la technologie. Et c’est ce qui fait la force de Retinad : on crée des outils qui permettent aux gens d’avoir une meilleure idée de ce qui fonctionne, pour savoir sur quoi miser. »

     

    De toute évidence, le besoin est là, puisque les clients prestigieux se multiplient. Et comment fait-on pour signer un contrat avec des géants américains ?

     

    « Alexander est allé passer neuf mois à San Francisco. Ça nous a permis d’ouvrir des portes, répond Samuel. L’autre technique, c’est de bombarder les entreprises de courriels. Ça fonctionne étonnamment bien quand c’est bien fait. On est entrés en contact avec des responsables des Nations unies en procédant de cette façon-là. »

     



     


    Parcours hors norme

     

    Les réalisations de l’entreprise sont déjà impressionnantes, mais celles de ses fondateurs le sont tout autant. Kévin, 35 ans, est considéré par ses pairs comme l’une des références dans le domaine de la réalité virtuelle au Québec. Anthony, 24 ans, a appris à programmer par lui-même après avoir mis de côté ses études en génie informatique, et a fondé sa première entreprise à 19 ans.

     

    Et Samuel, 23 ans, a reçu l’an dernier une bourse de 100 000 $ de la Fondation Thiel, fondée par le milliardaire Peter Thiel. Il a ainsi fait partie d’une liste de 29 lauréats, choisis parmi quelque 6000 candidatures. Cette bourse est offerte à des jeunes de moins de 23 ans afin de leur permettre de poursuivre leur aventure entrepreneuriale.

     

    « Je ne pensais jamais que je gagnerais la bourse, parce que les autres gagnants sont incroyables. Il y a un jeune qui nettoie des océans, un autre qui imprime des organes », dit-il en souriant.

     

    Cette récompense lui permet de consacrer toutes ses énergies à une technologie en laquelle ses collègues et lui croient plus que tout. « On aurait pu démarrer une compagnie dans un secteur beaucoup plus payant, glisse-t-il, mais on a décidé de se lancer dans la réalité virtuelle parce qu’on est passionnés par cette technologie-là et qu’on veut la voir conquérir le monde. On veut faire partie de ceux qui ont permis que ça se produise. »
     













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