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    Travail

    Un Rendez-vous de la main-d’oeuvre sur fond de tensions

    17 février 2017 | Marco Bélair-Cirino - Correspondant parlementaire à Québec | Actualités économiques
    L’école doit-elle former de bons citoyens ou de bons travailleurs, favoriser l’acquisition de connaissances ou de compétences?
    Photo: Marco Bélair-Cirino L’école doit-elle former de bons citoyens ou de bons travailleurs, favoriser l’acquisition de connaissances ou de compétences?

    Le Rendez-vous national sur la main-d’oeuvre s’est ouvert sur fond de tensions, jeudi après-midi.

     

    Quelques centaines d’étudiants des quatre coins du Québec ont battu le pavé aux abords de l’Hôtel du Parlement et du Centre des congrès afin d’exiger la fin des stages non rémunérés.

     

    Plusieurs membres de l’Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM (ADEESE) revendiquaient la rémunération des centaines d’heures de stages en milieu scolaire nécessaires à l’obtention d’un baccalauréat en enseignement. La majorité des stages non rémunérés ont lieu dans des domaines traditionnellement féminins, a souligné au passage l’ADEESE.

     

    Les étudiants constituent aussi « une forme de “cheap labor” » pour les chefs d’entreprise, a dénoncé le porte-parole de l’Association étudiante du Cégep de Sherbrooke Alex Duranceau. « Ils se disent : “Ah, je peux avoir le même employé avec la même formation pour deux zéros.” On n’a pas encore beaucoup d’expérience, mais ça a quand même une valeur », a affirmé l’étudiant en graphisme, avant de monter à bord d’un autobus sous les regards suspicieux de plusieurs policiers munis de casque et de matraque.

     

    La ministre du Travail, Dominique Vien, aura en tête les revendications des étudiants lorsqu’elle procédera à la révision de la Loi sur les normes du travail, a souligné un membre de sa garde rapprochée.

     

    D’autre part, le gouvernement libéral s’est attiré les reproches de l’opposition officielle pour ne pas avoir invité des représentants du milieu culturel au « Rendez-vous » de quelque 300 représentants des milieux patronal, syndical, communautaire, autochtone et de l’enseignement.

     

    « C’est une main-d’oeuvre qui vit déjà ce qui sera le futur dans bien des secteurs de notre économie : la précarité et l’instabilité. Et pourtant, le gouvernement n’a pas jugé nécessaire d’inviter le secteur culturel », a déploré l’élue péquiste Agnès Maltais, lors de la période des questions. « Tassez le monde, là, ajoutez une petite chaise. »

     

    Nouvelle mission ?

     

    Avant le coup d’envoi des travaux, les syndicats ont dit craindre de voir le gouvernement libéral combler la pénurie de main-d’oeuvre appréhendée au Québec en faisant fi de la mission historique du réseau de l’éducation québécois.

     

    La FTQ, la CSN, la CSQ et la CSD ont invité le premier ministre Philippe Couillard à profiter du Rendez-vous national sur la main-d’oeuvre — jeudi et vendredi au Centre des congrès de Québec — afin de « démontrer qu’il ne penche pas systématiquement du côté des employeurs, qui souhaitent orienter l’éducation selon leurs stricts besoins à très court terme ».

     

    Les coprésidents de l’événement, François Blais (Emploi et Solidarité sociale), Dominique Vien (Travail) et Hélène David (Enseignement supérieur), insistaient pour leur part sur la nécessité de favoriser un meilleur arrimage entre la formation offerte par les établissements d’enseignement et les besoins du marché du travail. L’école doit-elle former de bons citoyens ou de bons travailleurs, favoriser l’acquisition de connaissances ou de compétences ? « C’est tout à fait complémentaire », a fait valoir M. Blais. « On ne doit pas les opposer, mais c’est clair qu’en ce moment il y a une pression très forte qui vient du marché du travail pour faire en sorte que la main-d’oeuvre soit au bon endroit, si possible au bon moment », a-t-il insisté.













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