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    Électricité

    Ligne Québec — New Hampshire: Hydro-Québec devra refaire ses devoirs, conclut le BAPE

    La rentabilité du projet reste encore à démontrer, selon le BAPE

    Le rapport publié jeudi donne raison aux organismes de conservation, qui avaient dénoncé que le tracé d’Hydro-Québec traverse un territoire protégé de l'Estrie.
    Photo: Renaud Philippe Archives Le Devoir Le rapport publié jeudi donne raison aux organismes de conservation, qui avaient dénoncé que le tracé d’Hydro-Québec traverse un territoire protégé de l'Estrie.

    Hydro-Québec n’a pas tenu compte des impacts de son projet de ligne d’exportation vers le New Hampshire sur un des rares territoires protégés de l’Estrie. La société d’État devrait donc refaire ses devoirs, mais aussi valider la rentabilité de son projet de 600 millions de dollars avant d’aller de l’avant, conclut le rapport produit par le BAPE et rendu public jeudi.

     

    Après avoir analysé cet important projet d’exportation d’électricité vers les États de la Nouvelle-Angleterre, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) se montre particulièrement critique de la décision sans appel d’Hydro-Québec de traverser en plein coeur d’un massif forestier pourtant dûment protégé.

     

    Ce secteur de la forêt Hereford est situé au sud-est de Sherbrooke, tout près de la frontière américaine. Il couvre une superficie de 53 km2, y compris le mont Hereford. Il a été légué par son ancien propriétaire dans le but d’en préserver la richesse écologique « pour les générations futures ».

     

    Ligne souterraine

     

    « Cependant, insiste le rapport du BAPE, l’étude d’impact du promoteur ne tient pas compte de ses objectifs de conservation à perpétuité ni de ses obligations légales en vertu d’une servitude de conservation forestière. Elle ne décrit pas les impacts que le projet pourrait engendrer sur ce milieu. »

     

    L’organisme indépendant note d’ailleurs qu’Hydro-Québec n’a pas analysé les impacts d’une ligne souterraine qui serait implantée à l’extérieur des limites du territoire de la Forêt communautaire Hereford. « Cette avenue a rapidement été écartée en raison de son coût de construction jugé élevé », souligne le rapport.

     

    Le BAPE presse donc la société d’État de réévaluer l’option consistant à enfouir la ligne, et ce, « avant que le gouvernement délivre une éventuelle autorisation ». Pour le BAPE, cette option, qui semble d’ailleurs envisageable, « entraînerait un surcoût d’environ 11 % du coût total du projet ».

     

    Le rapport publié jeudi donne donc raison aux organismes de conservation, qui avaient dénoncé le choix du tracé d’Hydro-Québec. Il faut dire que le secteur de la forêt Hereford est un des rares milieux protégés dans la région. À l’heure actuelle, à peine 3,2 % du territoire de la région est dédié à la conservation, dont une bonne part sur des terrains privés.

     

    Puisque le gouvernement du Québec a pris des engagements en matière de protection du territoire, le BAPE estime que la protection de la Forêt communautaire Hereford « s’inscrit dans cet objectif ».

     

    Rentabilité à démontrer

     

    Le BAPE constate par ailleurs que, si le projet permettra à Hydro-Québec de « saisir les occasions d’affaires », l’information disponible « ne permet pas d’établir une évaluation fiable de la rentabilité à long terme », notamment en raison de « l’absence d’entente d’approvisionnement ferme pour le moment ».

     

    L’organisme estime donc nécessaire de valider d’abord la rentabilité de la ligne Québec-New Hampshire. Le hic, c’est qu’au cours du processus d’examen du BAPE, Hydro-Québec n’a pas été en mesure de « fournir des projections de revenus fiables », puisque celles-ci dépendent de plusieurs facteurs.

     

    Le projet de ligne d’interconnexion Québec-New Hampshire par Hydro-Québec TransÉnergie vise à accroître les exportations d’énergie vers les États de la Nouvelle-Angleterre. Pour ce faire, une nouvelle ligne devrait être aménagée sur une distance de 79,2 km entre le poste des Cantons, situé à Val-Joli, et un point de traversée de la frontière du New Hampshire situé dans la municipalité d’East Hereford.

     

    La nouvelle ligne se raccorderait alors au projet Northern Pass d’Eversource Energy, le partenaire d’affaires d’Hydro-Québec dans cet État. Le coût du projet complet, tel qu’il a été approuvé par la Régie de l’énergie, s’élèverait à 618 millions de dollars. La mise en service de la ligne est prévue pour 2019.













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