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    Des idées, une vision

    La cabine d’essayage de demain

    La technologie développée par Stefanka permet à chaque consommateur de trouver le vêtement idéal

    Elizabeth Stefanka est impatiente de mettre à l’épreuve le marché québécois
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Elizabeth Stefanka est impatiente de mettre à l’épreuve le marché québécois

    Le Québec regorge d’entrepreneurs passionnés qui tentent de mettre à profit une idée ou un concept novateur. Chaque semaine, Le Devoir vous emmène à la rencontre de gens visionnaires, dont les ambitions pourraient transformer votre quotidien. Aujourd’hui, une jeune femme qui simplifie la quête du vêtement idéal.


    Vous vous rendez à votre magasin préféré avec la ferme intention de dénicher l’ensemble parfait pour votre souper du lendemain avec la belle-famille. Vous entrez dans la cabine d’essayage avec trois chandails et trois paires de pantalons, qui s’avèrent tous trop petits ou trop grands. Le temps manque et vous repartez bredouille.

     

    On peut accepter ce petit problème de la vie quotidienne, ou s’y attaquer. Et Elizabeth Stefanka a choisi la seconde option. « Les entreprises ont les données sur les mesures de leurs vêtements. Elles sont simplement inexploitées, affirme la fondatrice de l’entreprise qui porte son nom. Les technologies pour analyser la morphologie du corps sont là et les données sont là. Nous, on fait le pont entre les deux. »

     

    La technologie développée par la compagnie Stefanka vient donc à la rescousse des clients et des détaillants. Sa cabine interactive munie d’une caméra 3D permet d’analyser la morphologie du client, pour ensuite lui recommander les vêtements qui lui conviennent le mieux. L’entreprise a développé son produit en brevetant un logiciel d’analyse de données volumétriques et en utilisant une caméra semblable à la Kinect, de la console de jeu Xbox.

     

    « Ce que je veux, c’est que le consommateur ne perde pas son temps à essayer mille et un produits et qu’il ne sache plus où donner de la tête », résume l’entrepreneure de 29 ans.

     

     

    Changement de cap

     

    Au moment de fonder son entreprise en 2014, la diplômée de HEC Montréal souhaitait analyser la morphologie des clientes pour concevoir des soutiens-gorge sur mesure. Au fil de ses discussions avec différents détaillants, elle a finalement bifurqué pour se concentrer sur la recommandation de vêtements adaptés aux mensurations de chacun. Elle a commencé avec les soutiens-gorge, mais vise désormais un éventail de produits beaucoup plus large.

     

    L’entreprise qui emploi sept personnes travaille aujourd’hui avec la Maison Simons, qui a mis à sa disposition l’ensemble de son catalogue de chemises. Elle a également établi un partenariat avec Logistik Unicorp, une entreprise de Saint-Jean-sur-Richelieu qui vend notamment des uniformes à l’armée canadienne.

     

    Les cabines de Stefanka ont pour l’instant été mises à l’essai lors d’événements ponctuels, mais leur commercialisation débutera cette année. L’entreprise offre aussi des écrans tactiles permettant d’entrer des données manuellement ou de consulter son dossier client en magasin. Le modèle d’affaires s’appuie sur un abonnement mensuel que doivent payer les détaillants pour avoir accès à la technologie.
     

     

    Nombreux avantages

     

    L’entreprise prédit que l’arrivée sur le marché de ses cabines d’essayage interactives va révolutionner la manière avec laquelle on achète et on vend des vêtements : en sachant exactement quels produits lui conviennent, le consommateur peut choisir sans hésiter et éviter les déceptions. « Si tu sais qu’à chaque fois que tu vas magasiner, tu ne perds pas ton temps, tu vas devenir un client plus loyal », note la présidente.

     

    Pour le détaillant, la technologie a le potentiel d’améliorer l’expérience en magasin, d’augmenter les ventes, de réduire les retours et de faciliter grandement l’achat en ligne.

     

    En récoltant des données — toujours anonymes, insiste l’entrepreneure — sur des clients provenant de différentes régions, Stefanka pourrait éventuellement permettre aux entreprises manufacturières de vendre des vêtements différents aux clients de Montréal et de Québec, par exemple.

     

    Le client d’abord

     

    À terme, le rapport de force pourrait ainsi être inversé : ce ne serait plus aux clients de choisir parmi une sélection de vêtements conçus pour correspondre aux modèles et aux tendances du moment, mais bien aux entreprises d’adapter leurs produits à la physionomie des acheteurs potentiels.

     

    Elizabeth Stefanka est impatiente de mettre à l’épreuve le marché québécois, mais elle a déjà les yeux tournés vers les États-Unis, qui ont selon elle une longueur d’avance en matière d’intégration des technologies. Après avoir participé au début du mois de janvier au plus récent Consumer Electronic Show (CES), la grand-messe de la haute technologie organisée chaque année à Las Vegas, elle estime que le marché américain est très réceptif.

     

    « Mais notre objectif, c’est de créer des emplois ici et de garder notre siège social au Québec, précise-t-elle aussitôt. Je le dis parce que je trouve ça important. Je le pense vraiment. »
     













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