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    L’aide d’Ottawa à Bombardier, un prêt de 372,5 millions

    Le gouvernement québécois a déjà investi 1 milliard dans la CSeries.
    Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le gouvernement québécois a déjà investi 1 milliard dans la CSeries.

    Québec prend donc l’essentiel du risque de la commercialisation du programme CSeries. Longtemps attendu, l’appui d’Ottawa ne prendra finalement la forme que d’un prêt de 372,5 millions, remboursable, servant essentiellement d’appui au développement de l’avion d’affaires Global.

     

    Quatre ministres se retrouvaient dans les locaux de Bombardier à Dorval mardi pour donner les détails d’une aide fédérale attendue de longue date. Le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, Marc Garneau, ministre des Transports, Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien, et François-Philippe Champagne, ministre du Commerce international, étaient de l’événement.

     

    L’annonce est venue : Ottawa consent une contribution de 372,5 millions, remboursable sur quatre ans, en appui au développement de l’avion d’affaires Global 7000 et de la CSeries. L’essentiel des sommes est dirigé vers le Global, qui doit entrer dans sa phase de commercialisation l’an prochain.

     

    Recherche et développement

     

    « Cette initiative du gouvernement du Canada permettra de financer les activités de recherche-développement liées à l’avion d’affaires à réaction Global 7000 ainsi que les activités continues menées pour la mise au point des appareils de la CSeries de Bombardier », a indiqué le gouvernement fédéral.

     

    « Le gouvernement du Canada est fier d’investir dans des activités de recherche-développement qui permettront de maintenir des emplois au Canada et qui aideront Bombardier à poursuivre sa croissance comme entreprise concurrentielle sur le marché mondial pendant de nombreuses années à venir », a ajouté le ministre Bains.

     

    Bombardier aussi a joué la carte de l’aide au développement technologique. « Le partenariat continu avec le gouvernement du Canada est le bienvenu. Les contributions remboursables annoncées aujourd’hui contribueront à faire en sorte que le pays demeure au coeur des activités de recherche-développement de Bombardier, qui ont pour objet la mise au point des avions les plus efficaces, fiables et écologiques au monde », a souligné le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare.
     

    Le gouvernement Couillard a salué sobrement la contribution fédérale, soulignant qu’il s’agit d’un «pas dans la bonne direction». Dans une courte déclaration, le porte-parole du premier ministre du Québec, Harold Fortin, a souligné que la multinationale québécoise avait dit que cette entente répondait actuellement à ses attentes. Québec s’attend maintenant à ce que le fédéral «poursuive cette collaboration dans le but de développer l’industrie aérospatiale québécoise».

    L’opposition péquiste s’est dite «extrêmement surprise» d’une si maigre contribution du gouvernement fédéral et du fait que l’argent soit versé sous forme de prêt. Alain Therrien, porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière d’économie, a affirmé en entrevue téléphonique qu’il s’agissait sans contredit d’une nouvelle «insatisfaisante» pour le gouvernement Couillard, surtout parce que le fédéral a décidé d’investir dans deux programmes de Bombardier et pas seulement dans la CSeries comme l’a fait Québec.

     

    Baisse de tension

     

    Il faut dire que, depuis l’engagement milliardaire du gouvernement québécois à la fin d’octobre 2015 contre une participation de 49,5 %, la tension financière a été abaissée de quelques crans chez Bombardier. Le 15 décembre dernier, le géant québécois de l’aéronautique précisait que les mesures de redressement mises en place, comprenant des réductions de postes de près de 15 000 sur deux ans, portaient leurs fruits. Que ses bénéfices afficheraient une solide croissance en 2017 et qu’il aurait assez d’argent pour mener à bien son plan de redressement, disait alors Alain Bellemare, lors d’un entretien depuis New York.

     

    M. Bellemare situait alors la demande d’aide de 1 milliard $US faite un an plus tôt à Ottawa au rang de l’apport d’une flexibilité financière accrue à l’entreprise, lui apportant cette marge de manoeuvre pouvant lui permettre de s’ajuster à certains risques inattendus ou encore de développer un nouvel avion d’affaires ou commercial. Bref, il n’y avait plus urgence.

     

    Plainte

     

    Mais les tensions commerciales entre les pays touchés se sont exacerbées. Quatre jours après la conférence de M. Bellemare, le Brésil confirmait sa décision de contester les appuis gouvernementaux à Bombardier devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Des appuis à l’aéronautique qui, aux yeux du nouveau gouvernement à Washington, doivent faire partie de la renégociation de l’ALENA.

     

    Ottawa manoeuvre donc au sein de ses programmes existants, et ce, sans incidence budgétaire. La contribution remboursable en appui au programme d’avion à réaction Global 7000 sera effectuée par l’entremise de l’Initiative stratégique pour l’aérospatiale et la défense. « Ce programme soutient des activités de recherche-développement définies qui aident les entreprises de l’aérospatiale et de la défense à mettre au point de nouvelles technologies. »

     

    Un autre volet de l’investissement sera effectué au titre des accords de contribution déjà conclus entre le gouvernement et Bombardier. Ottawa a rappelé qu’en mai 2005 le gouvernement canadien avait annoncé son premier appui au programme de la CSeries, sous la forme d’une contribution remboursable de 350 millions.

     

    Le programme de la CSeries, dont le développement repose sur une enveloppe atteignant les 5,4 milliards $US selon les dernières estimations, a reçu 360 commandes fermes pour l’instant.













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