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    Des idées, une vision

    S’entraîner en toute liberté

    Phazon offre aux sportifs des écouteurs sans fil… et imperméables

    Christian Houle a hâte que les consommateurs puissent juger le fruit de ses efforts.
    Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Christian Houle a hâte que les consommateurs puissent juger le fruit de ses efforts.

    Le Québec regorge d’entrepreneurs passionnés qui tentent de mettre à profit une idée ou un concept novateur. Chaque semaine, Le Devoir vous emmène à la rencontre de gens visionnaires, dont les ambitions pourraient transformer votre quotidien. Aujourd’hui, un ancien footballeur qui croit que l’avenir tient dans le creux d’une oreille.


    Avant de se présenter devant les investisseurs de la populaire émission Dragons’ Den en mai dernier, Christian Houle croyait s’être préparé à tous les scénarios possibles. Mais lorsque Manjit Minhas lui a offert 4 millions de dollars pour acheter, non pas une part, mais l’ensemble de son entreprise, il a sursauté. Puis refusé.

     

    « Je crois qu’on peut éventuellement valoir beaucoup plus que ça », avance ce diplômé en fiscalité et ancien joueur de football professionnel au sujet de Phazon, la compagnie qu’il a commencé à bâtir en 2014.

     

    À grande vitesse

     

    Le produit qui a charmé les dragons n’est pas encore sur les tablettes, pourtant il accumule déjà les ventes à grande vitesse. Il s’agit d’écouteurs sans fil et résistants aux chocs, qui, selon l’entreprise, conviennent à tous les types d’oreilles, sans ajustement. Fonctionnant grâce au système Bluetooth, ils font partie des rares modèles offerts sur le marché à être totalement dépourvus de fil.

     

    Mais par-dessus tout, ils sont imperméables : leur étanchéité permet de les utiliser sous la pluie, ou même en nageant. « La seule ouverture de l’écouteur se situe à l’endroit où le son sort, résume l’ancien des Carabins de l’Université de Montréal et des Roughriders de la Saskatchewan. Il y a une pellicule qui permet au son de sortir, mais pas à l’eau d’entrer. »

     

    Phazon a reçu en novembre dernier le Prix Montréal inc. 2016, ce qui a couronné une année exceptionnelle. Mais avant de connaître le succès, Christian Houle a traversé ce qu’il appelle sans hésiter une « période noire ».
     

     

    Il y a trois ans, il se lance le défi de créer ses écouteurs de rêve. Il fait appel à des designers et conçoit avec eux un objet à l’apparence soignée, qui s’insère dans toutes les oreilles.

     

    « On ne s’attendait pas à ça, avoue-t-il. C’est en raffinant le produit et en le testant sur des centaines de personnes qu’on s’est rendu compte que ça fonctionnait. »

     

    Plusieurs entreprises développent une technologie et tentent ensuite de l’intégrer à un objet attirant. Christian Houle a voulu faire l’inverse. « Je voulais que ce soit un bel objet que les gens seraient fiers de porter », dit-il.

     

    Il embauche deux ingénieurs et obtient le soutien d’un incubateur de Cleveland, mais les choses tournent rapidement au vinaigre. Les trois partenaires ne s’entendent pas et le fondateur rachète les parts des deux autres. Le voilà de retour à la case départ, sans technologie viable. « Il y a eu beaucoup d’obstacles », admet-il.

     

    Puis, en novembre 2015, le vent tourne. Ayant réussi à remettre le projet sur les rails avec une nouvelle équipe « de catégorie A », l’entrepreneur lance une campagne de sociofinancement avec l’objectif d’amasser 80 000 $US. En une journée, il recueille 100 000 $US et, deux mois plus tard, il atteint les 2 millions.

     

     

    Forte compétition

     

    Christian Houle sait que son plus grand ennemi est sans doute le temps qui passe. La livraison des quelque 13 000 écouteurs achetés en précommande, qui devait débuter en juillet 2016, a été reportée au début de cette année. Pendant ce temps, la compétition devient de plus en plus féroce.

     

    Apple et Samsung ont déjà lancé des écouteurs sans fil, tandis que des compagnies de plus petite taille commencent à commercialiser des écouteurs indépendants des appareils électroniques, mais reliés entre eux par un fil. Parmi elles, l’entreprise Revols, montréalaise elle aussi, qui a amassé 2,5 millions $US sur Kickstarter.

     

    « C’est sûr que la compétition et les gros joueurs représentent un risque, soutient le président de Phazon. Mais je pense que tout va dépendre de notre place sur le marché et de la qualité de notre produit. Le marché croît tellement vite que ça laisse de la place pour des joueurs comme nous. »

     

    Après les 2,8 millions $US de ventes en 2016, Christian Houle vise les 10 millions dès cette année, et souhaite commencer la vente au détail dès mars. Des discussions ont eu lieu avec Wal-Mart et Best Buy, glisse-t-il.

     

    L’entrepreneur a surtout hâte que les consommateurs puissent juger le fruit de ses efforts. « C’est le public qui va décider de la valeur du produit. C’est tout ce qui compte pour moi. »

    Vous voulez partager vos idées, votre vision ? Écrivez à krparazelli@ledevoir.com.

     













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