Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Libre-échange

    Bien des questions sur l’effet Trump

    Renégocier, mais gare à certains secteurs, avertit la Banque Nationale

    Selon la Banque Nationale, Donald Trump ne déclenchera pas un retrait pur et simple de l’ALENA, mais voudrait plus probablement renégocier certains aspects délicats, dont l’agriculture et le bois d’œuvre.
    Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Selon la Banque Nationale, Donald Trump ne déclenchera pas un retrait pur et simple de l’ALENA, mais voudrait plus probablement renégocier certains aspects délicats, dont l’agriculture et le bois d’œuvre.

    Les jours se suivent et les réponses tardent à venir. Tant le milieu des affaires que les observateurs économiques sont impatients d’en savoir plus sur les intentions du nouveau président américain à l’égard du libre-échange, bouc émissaire de sa campagne.

     

    Après la sonnette d’alarme tirée vendredi par les Manufacturiers et Exportateurs du Canada, c’était au tour lundi de la Banque Nationale, selon laquelle Donald Trump ne déclenchera pas un retrait pur et simple de l’ALENA, mais voudrait plus probablement renégocier certains aspects sensibles, dont l’agriculture et le bois d’oeuvre.

     

    Un retrait unilatéral de l’accord, qui lie le Mexique aux deux pays depuis 1994, n’aura pas lieu, car « cela soulève un tollé au Congrès américain », croit la Banque Nationale dans une note d’analyse, en évoquant le tissu d’entreprises fortement dépendantes de fournisseurs dans les trois pays.

     

    Il y a cinq jours seulement, le sénateur John McCain, candidat républicain contre Barack Obama en 2008 et critique principal de son parti à l’égard du nouveau président, s’est récemment dit « profondément préoccupé » de la volonté de renégocier, car son État, l’Arizona, perdrait sa capacité d’exportation.

     

    Le Mexique est la principale cible des critiques de M. Trump. Mais si jamais l’administration du président allait de l’avant avec une taxe d’ajustement à la frontière de 10 %, le gouvernement canadien serait forcé de changer sa fiscalité rapidement « pour éviter que les entreprises canadiennes soient désavantagées », a estimé la Banque Nationale.

     

    Marché important

     

    L’établissement financier a déjà calculé qu’une taxe d’ajustement de 10 %, qui cible les importations et favorise les exportations, pourrait avoir pour effet de réduire de 9 % les exportations canadiennes à destination des États-Unis, qui reçoivent quand même 75 % des expéditions canadiennes. Un tel camouflet pourrait équivaloir à un impact de 1,5 % sur le produit intérieur brut canadien.

     

    Au cours des derniers jours, de nombreux experts, dont des négociateurs de l’accord de libre-échange signé en 1988 avec les États-Unis, ont fait valoir que les menaces brandies par M. Trump visent principalement le Mexique et que la fin de l’ALENA ne serait pas si grave, car le Canada pourrait se rabattre sur l’ancien traité bilatéral. D’autres ont fait remarquer que le déficit commercial des États-Unis face à la Chine est infiniment plus grand que celui face au Mexique.

     

    Vendredi dernier, les Manufacturiers et Exportateurs du Canada ont profité de leurs perspectives 2030 pour évoquer l’effet Trump sur les sociétés canadiennes.

     

    « L’écart de compétitivité entre le Canada et les États-Unis est grand, et il pourrait s’agrandir », ont écrit les MEC. Le gouvernement Trump a promis de réduire les impôts des entreprises, d’alléger la réglementation de l’ordre potentiel de 75 % et s’est dit opposé à la tarification du carbone. « Le Canada se dirige en sens opposé », selon eux. À défaut de réagir rapidement, plaident-ils, de nombreuses sociétés manufacturières pourraient être tentées de contourner le Canada lorsque viendra le temps d’investir.

     

    Haute technologie

     

    Le secteur des hautes technologies a lui aussi senti le besoin de sauter dans la mêlée. Dans une lettre ouverte publiée dimanche, il demande au gouvernement de Justin Trudeau de mettre en oeuvre les moyens d’accueillir les gens refoulés à la frontière américaine. Non seulement le pays doit demeurer ouvert, écrivent 2000 signataires travaillant pour des dizaines de sociétés, mais Ottawa devrait « mettre en place sans tarder un visa spécifique permettant aux personnes visées et déplacées par le Décret américain d’obtenir le droit de résidence temporaire au Canada ».

     

    « Ce visa permettrait à ces résidants de vivre et de travailler au Canada tout en ayant accès à des aides jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de parvenir au terme de la procédure d’obtention de la résidence permanente s’ils le désirent », concluent les signataires, issus de plusieurs sociétés, dont Open Text, Hootsuite, Facebook, Deloitte, Shopify de même que des entreprises situées au Québec, comme Eidos Montréal, Sid Lee, Real Ventures, Desjardins Lab, le Fonds FTQ et Breather.













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Populaires|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.