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    Stimulation économique

    L’effet Trump sera timide et tardif, prédit un stratège de renom

    Le président Donald Trump jeudi lors d’un rassemblement des Républicains
    Photo: Alex Wong Agence France-Presse Le président Donald Trump jeudi lors d’un rassemblement des Républicains

    Le plan de stimulation économique du président américain Donald Trump ne sera pas l’ombre de ce que le milliardaire a fait miroiter en campagne électorale et prendra plus d’une année à se matérialiser, prédit le stratège boursier de renom et cofondateur de la firme américaine Cornerstone Macro, François Trahan.

     

    De passage à Montréal jeudi pour faire part de ses prévisions pour l’année à venir devant un parterre de professionnels de la finance, le Montréalais devenu une vedette de Wall Street est allé à l’encontre de l’optimisme ambiant sur le marché boursier américain. Il prédit une tendance baissière, malgré l’enthousiasme que peuvent susciter les intentions de M. Trump.

     

    « Immédiatement après les élections, les gens se sont dit qu’avec un Congrès républicain le budget arriverait plus tôt que d’habitude, mais ça ne fonctionne pas comme ça, a-t-il affirmé. Le président a beaucoup de pouvoirs concernant les ententes commerciales, mais c’est le Congrès qui adopte le budget. Et c’est l’endroit où le Parti républicain a le gros bout du bâton. »

      

    Effets limités

     

    Selon M. Trahan, le président Trump ne parviendra à faire adopter que le quart de sa stratégie pour stimuler l’économie, qui comprend notamment des baisses d’impôts pour les particuliers et les entreprises, ainsi que des investissements massifs en infrastructures.

     

    « Il y a encore beaucoup de républicains associés au Tea Party qui ne signeront pas quoi que ce soit qui augmenterait le déficit américain. Ce qu’on va avoir, au bout du compte, c’est une version beaucoup plus réduite du plan qui a été proposé », a-t-il expliqué, prenant son auditoire de court.

     

    L’analyste croit donc que les effets des politiques de Trump ne se feront pas sentir autant et aussi rapidement que certains l’espèrent. « Qu’est-ce qui détermine l’état de l’économie dans la première année d’un président ? C’est l’état des politiques en place. Vous héritez d’un ensemble de conditions économiques, et les présidents ne peuvent pas faire grand-chose pour influencer cette première année au pouvoir », a-t-il noté, n’excluant pas une embellie dans les années suivantes.

     

    Il a par exemple fait valoir qu’en 2009, lorsque Barack Obama a entamé sa première année à titre de président des États-Unis, les marchés ont pris du mieux non pas en raison de ses politiques, mais plutôt grâce aux outils de stimulation économiques déjà déployés.

     

    À surveiller

     

    Également présent lors de l’événement organisé jeudi par CFA Montréal, l’économiste et stratège en chef de la Banque Nationale, Stéfane Marion, s’est montré beaucoup plus optimiste dans ses prévisions économiques, notant l’amélioration de plusieurs indicateurs clés, autant aux États-Unis qu’ailleurs dans le monde.

     

    Il portera bien sûr une attention particulière à ce que fera M. Trump dans le dossier de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), mais il n’est pas trop inquiet pour le Canada. Si les États-Unis déchirent l’accord, l’entente Canada-États-Unis entrée en vigueur en 1989 continuerait de s’appliquer, a-t-il rappelé.

     

    « Il faudra surtout surveiller la manière avec laquelle Donald Trump interagira avec la Chine, parce que c’est gros. Et cela pourrait affecter le Canada de manière indirecte. »













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