Gaspésia: les entrepreneurs ne se contenteront pas de prêts
Les entreprises créancières réclament le paiement par Québec de leur facture totale de 45 millions
Québec — Des prêts gouvernementaux ne suffisent pas aux entreprises créancières de l'usine Papiers Gaspésia de Chandler, qui réclament le remboursement total des factures impayées de 45 millions de dollars pour des travaux exécutés sur le chantier.
Québec a en effet annoncé hier un programme d'aide de 25 millions de dollars afin d'offrir un soutien financier temporaire, sous forme de prêts avec intérêts et non de subventions, aux seules entreprises qui, à la fois, ont des créances avec Papiers Gaspésia et se trouvent vraiment acculées à la faillite.
Or cette initiative est décevante aux yeux de l'Association de la construction du Québec (ACQ) et du Regroupement des 33 créanciers de Papiers Gaspésia. «C'est loin de répondre à la crise», a laissé tomber Michel Paré, vice-président de l'ACQ.
Le gouvernement Charest est toutefois intraitable. «Québec ne se porte pas garant des créances de ces entreprises», a tranché la ministre déléguée au Développement régional, Nathalie Normandeau, à la sortie du conseil des ministres, hier.
Geste sans précédent
La ministre déléguée a fait valoir que le geste du gouvernement est déjà sans précédent. «Notre programme d'aide est une mesure exceptionnelle qui vise à répondre à un contexte aussi exceptionnel. C'est la première fois que le gouvernement du Québec vient en aide, dans un contexte de crise, à des entreprises qui sont sur le bord de la faillite. C'est une façon inhabituelle de procéder, mais il y a un caractère d'urgence pour éviter l'effet domino lié à la fermeture de Papiers Gaspésia», a-t-elle expliqué en conférence de presse hier.
Le gouvernement Charest souhaite éviter une perte anticipée d'un millier d'emplois dans au moins six régions du Québec. C'est Investissement Québec qui gérera le programme et donnera aux entreprises un «accès rapide» à un prêt pouvant atteindre un maximum de 50 % de leurs réclamations. Un moratoire d'un an sera accordé sur le remboursement du capital et des intérêts du prêt, lequel sera accordé avec un taux d'un peu plus de 5 %. À l'échéance du moratoire, Investissement Québec et les entreprises concernées s'entendront sur les modalités de remboursement qui, dit-on, tiendront compte de leur capacité financière.
Cette aide du gouvernement ne s'adresse cependant qu'à une dizaine des 33 créanciers qui disposent d'hypothèques légales avec Papiers Gaspésia. «Le tiers des entreprises ont vraiment des problèmes plus aigus. On sait très bien que, sur les 33, il y en a qui pourront continuer à fonctionner au cours des prochains mois. Alors, on va répondre à très court terme à celles qui en ont le plus besoin», a précisé Nathalie Normandeau.
Cette initiative constitue une première étape. La seconde, qui viendra plus tard, consiste à offrir une aide aux petits entrepreneurs gaspésiens qui n'ont pas d'hypothèques légales, qui ont peu de moyens et se retrouvent eux aussi avec des factures impayées.
«L'offre du gouvernement ne répond pas à notre demande. Ça ne va qu'aider les plus mal pris», a affirmé Michel Paré. Il déplore en outre que l'aide ne s'adresse qu'à une partie des créanciers. Toutes les entreprises sont «fragilisées», a-t-il noté, puisque la non-reconnaissance de Papiers Gaspésia limite la capacité d'emprunt des entrepreneurs, gèle leur marge de crédit, affecte leur fonds de roulement et rend impossible l'obtention de cautions pour soumissionner sur d'autres projets.
Remboursement total
Le Regroupement des 33 entrepreneurs de la Gaspésia et l'ACQ exigent que le gouvernement du Québec rembourse les 45 millions de dollars liés à des travaux qui ont été effectués sur le chantier mais qui sont toujours impayés. «C'est le gouvernement qui a lancé le projet de relance et qui en était un des partenaires financiers. Il n'est pas un organisme de subvention mais bien un copropriétaire», a lancé M. Paré. Un tel remboursement pourrait être effectué, selon lui, à partir des 70 millions de dollars qu'Investissement Québec avait prévu verser dans la Gaspésia. Les créances à acquitter s'élèvent de 63 000 $ à plus de huit millions de dollars.
Le gouvernement du Québec, actionnaire à 25 % dans l'aventure (la compagnie Tembec détient 25 % des parts et le Fonds de solidarité de la FTQ, 50 %), endosse seul cette initiative. «Le geste que pose aujourd'hui le gouvernement en est un de solidarité», a affirmé Mme Normandeau.
Interventionnisme
La ministre déléguée se défend bien de contredire la philosophie économique de son gouvernement, qui, depuis son élection, s'efforce de freiner l'interventionnisme de l'État dans l'économie. «On plaide pour un interventionnisme modulé. On va intervenir là où c'est nécessaire et quand c'est nécessaire», a-t-elle répliqué.
Pour l'heure, le gouvernement Charest n'entend pas déployer des efforts pour faire la lumière sur les dépassements de coûts de 265 millions de dollars qui ont eu raison du projet de relance de la Gaspésia. «Pour éviter d'hypothéquer tous les efforts qui pourraient être consacrés à la relance du chantier, la priorité est consacrée à la recherche d'un futur partenaire», a expliqué Mme Normandeau.
Le gouvernement Charest garde bon espoir de trouver un nouveau partenaire industriel. La semaine dernière, la Société générale de financement, Tembec et le Fonds de solidarité de la FTQ ont annoncé ne plus vouloir verser un seul sou dans ce projet en raison des dépassements de coûts incontrôlés.
Québec a en effet annoncé hier un programme d'aide de 25 millions de dollars afin d'offrir un soutien financier temporaire, sous forme de prêts avec intérêts et non de subventions, aux seules entreprises qui, à la fois, ont des créances avec Papiers Gaspésia et se trouvent vraiment acculées à la faillite.
Or cette initiative est décevante aux yeux de l'Association de la construction du Québec (ACQ) et du Regroupement des 33 créanciers de Papiers Gaspésia. «C'est loin de répondre à la crise», a laissé tomber Michel Paré, vice-président de l'ACQ.
Le gouvernement Charest est toutefois intraitable. «Québec ne se porte pas garant des créances de ces entreprises», a tranché la ministre déléguée au Développement régional, Nathalie Normandeau, à la sortie du conseil des ministres, hier.
Geste sans précédent
La ministre déléguée a fait valoir que le geste du gouvernement est déjà sans précédent. «Notre programme d'aide est une mesure exceptionnelle qui vise à répondre à un contexte aussi exceptionnel. C'est la première fois que le gouvernement du Québec vient en aide, dans un contexte de crise, à des entreprises qui sont sur le bord de la faillite. C'est une façon inhabituelle de procéder, mais il y a un caractère d'urgence pour éviter l'effet domino lié à la fermeture de Papiers Gaspésia», a-t-elle expliqué en conférence de presse hier.
Le gouvernement Charest souhaite éviter une perte anticipée d'un millier d'emplois dans au moins six régions du Québec. C'est Investissement Québec qui gérera le programme et donnera aux entreprises un «accès rapide» à un prêt pouvant atteindre un maximum de 50 % de leurs réclamations. Un moratoire d'un an sera accordé sur le remboursement du capital et des intérêts du prêt, lequel sera accordé avec un taux d'un peu plus de 5 %. À l'échéance du moratoire, Investissement Québec et les entreprises concernées s'entendront sur les modalités de remboursement qui, dit-on, tiendront compte de leur capacité financière.
Cette aide du gouvernement ne s'adresse cependant qu'à une dizaine des 33 créanciers qui disposent d'hypothèques légales avec Papiers Gaspésia. «Le tiers des entreprises ont vraiment des problèmes plus aigus. On sait très bien que, sur les 33, il y en a qui pourront continuer à fonctionner au cours des prochains mois. Alors, on va répondre à très court terme à celles qui en ont le plus besoin», a précisé Nathalie Normandeau.
Cette initiative constitue une première étape. La seconde, qui viendra plus tard, consiste à offrir une aide aux petits entrepreneurs gaspésiens qui n'ont pas d'hypothèques légales, qui ont peu de moyens et se retrouvent eux aussi avec des factures impayées.
«L'offre du gouvernement ne répond pas à notre demande. Ça ne va qu'aider les plus mal pris», a affirmé Michel Paré. Il déplore en outre que l'aide ne s'adresse qu'à une partie des créanciers. Toutes les entreprises sont «fragilisées», a-t-il noté, puisque la non-reconnaissance de Papiers Gaspésia limite la capacité d'emprunt des entrepreneurs, gèle leur marge de crédit, affecte leur fonds de roulement et rend impossible l'obtention de cautions pour soumissionner sur d'autres projets.
Remboursement total
Le Regroupement des 33 entrepreneurs de la Gaspésia et l'ACQ exigent que le gouvernement du Québec rembourse les 45 millions de dollars liés à des travaux qui ont été effectués sur le chantier mais qui sont toujours impayés. «C'est le gouvernement qui a lancé le projet de relance et qui en était un des partenaires financiers. Il n'est pas un organisme de subvention mais bien un copropriétaire», a lancé M. Paré. Un tel remboursement pourrait être effectué, selon lui, à partir des 70 millions de dollars qu'Investissement Québec avait prévu verser dans la Gaspésia. Les créances à acquitter s'élèvent de 63 000 $ à plus de huit millions de dollars.
Le gouvernement du Québec, actionnaire à 25 % dans l'aventure (la compagnie Tembec détient 25 % des parts et le Fonds de solidarité de la FTQ, 50 %), endosse seul cette initiative. «Le geste que pose aujourd'hui le gouvernement en est un de solidarité», a affirmé Mme Normandeau.
Interventionnisme
La ministre déléguée se défend bien de contredire la philosophie économique de son gouvernement, qui, depuis son élection, s'efforce de freiner l'interventionnisme de l'État dans l'économie. «On plaide pour un interventionnisme modulé. On va intervenir là où c'est nécessaire et quand c'est nécessaire», a-t-elle répliqué.
Pour l'heure, le gouvernement Charest n'entend pas déployer des efforts pour faire la lumière sur les dépassements de coûts de 265 millions de dollars qui ont eu raison du projet de relance de la Gaspésia. «Pour éviter d'hypothéquer tous les efforts qui pourraient être consacrés à la relance du chantier, la priorité est consacrée à la recherche d'un futur partenaire», a expliqué Mme Normandeau.
Le gouvernement Charest garde bon espoir de trouver un nouveau partenaire industriel. La semaine dernière, la Société générale de financement, Tembec et le Fonds de solidarité de la FTQ ont annoncé ne plus vouloir verser un seul sou dans ce projet en raison des dépassements de coûts incontrôlés.
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