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    Trop tôt pour prédire l’effet Trump sur l’industrie automobile canadienne

    L’industrie automobile compte environ un demi-million de travailleurs et constitue le huitième centre mondial, selon un portrait effectué en 2015 par Industrie Canada.
    Photo: Chris Young La Presse canadienne L’industrie automobile compte environ un demi-million de travailleurs et constitue le huitième centre mondial, selon un portrait effectué en 2015 par Industrie Canada.

    Alors que le président désigné des États-Unis multiplie les interventions publiques à l’égard des constructeurs, il serait prématuré de dire que la pression de Donald Trump aura un impact sur l’investissement de l’industrie automobile au Canada, estiment des spécialistes.

     

    Les principaux manufacturiers jusqu’ici ciblés par M. Trump ont été Toyota, Ford et General Motors, tous pour le rôle du Mexique dans leurs plans d’affaires. Mais la présence de cette industrie au Canada soulève un certain nombre de questions sur la suite des choses.

     

    « Tout le monde est un peu en attente », a dit en entrevue David Adams, président des Constructeurs mondiaux d’automobiles du Canada, qui regroupe 22 manufacturiers, dont les manufacturiers japonais, allemands et coréens. « C’est clair que M. Trump a mis l’ALENA sur la liste de choses qu’il veut faire relativement vite lorsqu’il entrera en fonction. Mais on ne peut dire, à ce moment-ci, ce qui en ressortira. »

     

    M. Adams, qui s’est entretenu avec certains de ses membres au cours des derniers jours, estime difficile de déterminer ce qui relève davantage d’une rhétorique de campagne que d’un plan réel. « À la fin de la journée, le pragmatisme va probablement l’emporter »,a-t-il estimé.

     

    Les constructeurs ayant des usines au Canada — toutes en Ontario — sont Fiat Chrysler, Ford, General Motors, Honda et Toyota. Dans son ensemble, ce qui comprend les fournisseurs, l’industrie compte environ un demi-million de travailleurs et constitue le huitième centre mondial, selon un portrait effectué en 2015 par Industrie Canada.
     

    Photo: Frank Gunn La Presse canadienne Honda a annoncé lundi qu’il dépensera 400 millions pour moderniser son usine d’Alliston, en Ontario. Les ministres fédéral et ontarien, Navdeep Bains et Brad Duguid, y étaient.
     

    Honda, qui possède trois centres de production sur un grand site au nord de Toronto, a annoncé lundi qu’il dépensera 400 millions pour moderniser son usine d’Alliston dans le cadre d’une opération à laquelle le gouvernement ontarien et Ottawa vont contribuer 83,6 millions. Le complexe de 4000 employés fabrique les modèles Civic et CR-V.

     

    À cela s’ajoutent des investissements de 1,6 milliard promis par les trois constructeurs américains lors des récentes négociations avec les syndicats. Au salon de l’auto de Detroit, qui a cours présentement, les patrons de deux des trois constructeurs ont dit que ces investissements auront lieu, quelles que soient les menaces de M. Trump à l’égard des compagnies qui lorgnent du côté mexicain.

     

    Plans inchangés

     

    En entrevue au Globe and Mail, le président de Ford pour les Amériques, Joe Hinrichs, a affirmé que « nos plans pour Windsor et Oakville n’ont pas changé » et que « nous ne prévoyons pas qu’ils changeront ». Par ailleurs, lors d’une conférence de presse, le président du conseil de Fiat Chrysler, Sergio Marchionne, a dit que deux investissements de plus de 330 millions déjà prévus suivront leur cours : un atelier de peinture à l’usine de Brampton et une usine de pièces à Toronto.

     

    « Il est trop tôt pour juger de quoi que ce soit », a dit Louis Hébert, professeur de stratégie et directeur du programme de MBA à HEC Montréal. « Les investissements dans le secteur automobile se font sur plusieurs années. L’analyse, le développement, les décisions, la mise en oeuvre, ça prend un temps fou. De penser que, soudainement, en quelques mois, l’industrie va être complètement bouleversée, c’est un peu rapide pour le dire. »

     

    M. Hébert, qui dit avoir déjà travaillé avec des entreprises de ce secteur, explique que, pour un fournisseur, la construction d’une usine dans un pays comme le Mexique est un projet qui peut s’étirer sur deux ou trois ans. « Alors, imaginez-vous pour un constructeur. »

     

    Le sujet a continué de faire jaser à Detroit mardi. Selon la présidente de GM, Mary Barra, l’entreprise n’a pas l’intention d’arrêter sa production au Mexique, où elle fabrique une petite partie de sa flotte de Cruze. Elle a fait valoir la veille que les décisions d’investissement se prennent des années à l’avance.













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