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    États-Unis

    Trump nomme son gendre comme proche conseiller

    Le choix de Jared Kushner gonfle la liste des conflits d’intérêts potentiels pour l’administration du prochain président

    Le président désigné Donald Trump et son beau-fils, Jared Kushner
    Photo: Mandel Ngan Agence France-Presse Le président désigné Donald Trump et son beau-fils, Jared Kushner

    La nomination lundi du gendre de Donald Trump, Jared Kushner, à titre de conseiller du 45e président des États-Unis soulève plusieurs questions légales et éthiques, en plus de gonfler la liste des conflits d’intérêts potentiels du président désigné.

     

    Kushner, qui fêtera mardi ses 36 ans, a exercé un rôle influent lors de la campagne électorale qui a couronné Trump, et ses efforts seront récompensés. « [Il] a été un atout formidable et un conseiller de confiance pendant toute la campagne et la période de transition et je suis fier de l’avoir dans un rôle clé de mon administration », a déclaré Donald Trump dans un communiqué publié lundi soir.

     

    Kushner, qui est marié à Ivanka Trump depuis 2009, n’est pas qu’un membre de la famille du président désigné. Il est lui-même un riche homme d’affaires à la tête de Kushner Companies, une entreprise de promotion immobilière fondée par son père, Charles, et principalement active à New York et au New Jersey.

     

    Sans expérience gouvernementale, il fera donc partie de la poignée de conseillers qui obtiendront une oreille attentive de la part du prochain président américain, à condition que sa nomination réussisse le test de la justice. Quant à Ivanka Trump, elle n’occupera pas de poste officiel à court terme, rapporte le Washington Post.

     

    Loi « anti-népotisme »

     

    Plusieurs médias américains ont souligné lundi que le cas de Kushner pourrait en effet contrevenir à une loi « anti-népotisme » vieille de 50 ans. En 1967, peu après que le président John F. Kennedy eut confié le poste de procureur général des États-Unis à son frère Robert, le Congrès américain avait adopté une loi interdisant aux officiers publics de nommer un membre de leur famille dans une agence ou un département se trouvant sous leur autorité.

     

    Certains juristes estiment que la nomination de Kushner est conforme aux lois parce que la Maison-Blanche n’est pas une agence gouvernementale à proprement parler. À l’inverse, deux avocats spécialisés en éthique qui ont travaillé pour les présidents George W. Bush et Barack Obama ont confié au Washington Post qu’ils ont déjà mis leur patron en garde contre des nominations de membres de la famille dans la « West Wing », le surnom qu’on donne à l’édifice abritant les bureaux du président américain.

     

    Permission spéciale

     

    « M. Kushner est déterminé à se plier aux lois fédérales américaines en matière d’éthique et nous sommes en contact avec le Bureau fédéral sur l’éthique gouvernementale concernant les mesures à prendre », a déclaré l’avocate de M. Kushner, Jamie Gorelick.

     

    Pour éviter tous démêlés judiciaires, le président Trump pourrait par ailleurs demander au Congrès de faire une exception à la loi de 1967 pour son gendre. « Il faudrait que M. Trump obtienne une permission spéciale du Congrès pour passer outre les règles de népotisme, résume le directeur de la Chaire d’études politiques et économiques américaines de l’Université de Montréal, Pierre Martin. Il va sûrement la demander et les républicains vont vraisemblablement la lui donner. »

      

    Relations sous la loupe

     

    Au-delà de sa légalité, la nomination de Jared Kushner soulève d’importantes questions éthiques en raison des activités de son entreprise. Le New York Times rapportait par exemple la semaine dernière que Kushner a tenté de conclure une entente avec Anbang, un important groupe financier chinois qui a acheté plusieurs hôtels aux États-Unis, dont les liens avec les politiciens les plus puissants de Pékin seraient très étroits. Les observateurs se demandent si les relations entretenues par Jared Kushner, l’homme d’affaires, influeront sur les conseils qu’il prodiguera en matière de politique étrangère.

     

    Pour montrer patte blanche, le clan Kushner a indiqué que le principal intéressé assumera ses tâches de conseiller sans salaire. Il pourrait également quitter la direction de l’entreprise familiale, se départir d’actifs « substantiels » et placer ses avoirs restants dans une fiducie sans droit de regard.

     

    Conflits potentiels

     

    Le cas de Kushner s’ajoute à une longue liste de conflits d’intérêts potentiels pour l’administration Trump, qui compte notamment dans ses rangs l’ancien dirigeant de Goldman Sachs Steven Mnuchin (secrétaire au Trésor) et l’ex-patron d’Exxon Mobil, Rex Tillerson (secrétaire d’État).

     

    Sans compter Donald Trump lui-même. Le milliardaire a promis de confier la gestion de son entreprise, la Trump Organization, à ses fils Donald Jr. et Eric, mais des doutes persistent quant à l’étanchéité du mur séparant le prochain président des États-Unis et l’empire présent dans au moins 18 pays.

     

    Le président américain désigné devrait offrir certaines réponses lors d’une conférence de presse prévue mercredi.













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