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    Un taux de chômage historique, mais un défi de taille

    Le vieillissement de la population active fait craindre une pénurie de main-d’oeuvre

    La baisse de 0,6 point de pourcentage du taux de chômage entre octobre et novembre s’explique notamment par la croissance de l’emploi.
    Photo: Getty Images La baisse de 0,6 point de pourcentage du taux de chômage entre octobre et novembre s’explique notamment par la croissance de l’emploi.

    Le nombre d’emplois a légèrement augmenté et le taux de chômage a une fois de plus reculé au Québec, en novembre, atteignant un plancher historique de 6,2 %, ce qui fait dire au gouvernement Couillard que sa stratégie économique fonctionne. Ces données encourageantes dissimulent cependant un enjeu de taille pour les années à venir, qui n’a pas échappé à l’opposition péquiste : le vieillissement de la population.

     

    « C’est le plus bas taux de chômage au Québec depuis 1976, donc depuis la publication des chiffres tels que nous les connaissons aujourd’hui, s’est réjoui le ministre des Finances, Carlos Leitão, lors d’une conférence de presse tenue vendredi avant-midi. Ce que cela reflète, c’est surtout une stabilité économique, une stabilité financière grâce aux activités de notre gouvernement depuis mai 2014. »

     

    Le ministre a souligné que, depuis l’arrivée en poste des libéraux, 140 000 emplois ont été créés. En comparant les données de mai 2014 à celles de novembre 2016, on constate effectivement que l’économie québécoise compte aujourd’hui plus de postes à temps plein (+127 000) et à temps partiel (+16 000).

     

    Faire face à la pénurie

     

    La baisse de 0,6 point de pourcentage du taux de chômage entre octobre et novembre s’explique par la croissance de l’emploi (+8500 postes), mais surtout par une baisse de la population active, c’est-à-dire l’ensemble des personnes en âge de travailler qui occupent ou qui cherchent un emploi.

     

    « Maintenant, notre grand défi, c’est un défi de main-d’oeuvre », a affirmé le ministre de l’Emploi, François Blais, évoquant sans le nommer l’enjeu du vieillissement de la population.

     

    « Je remarque, du côté de l’opposition, que l’immigration semble toujours quelque chose de difficile, alors qu’on voit bien que le Québec a besoin de toute sa population, et notamment de la population immigrante, pour nous aider à réaliser ce grand défi de la main-d’oeuvre », a-t-il ajouté.

     

    « Nous savions déjà que les libéraux étaient prêts à dire n’importe quoi pour masquer leurs lacunes économiques, mais de là à se féliciter parce que moins de personnes peuvent et veulent travailler au Québec, c’est ridicule », a réagi le porte-parole du Parti québécois en matière de finances, Nicolas Marceau.

     

    « Pendant que le gouvernement s’attribue les effets positifs des changements démographiques, les usines ferment et la ministre [Dominique] Anglade regarde passer le train », a-t-il ajouté au sujet de la fermeture de l’usine montréalaise de Mondelez, annoncée plus tôt cette semaine.

     

    L’Institut du Québec, un groupe de recherche qui a développé deux indices pour analyser chaque mois les données de l’emploi, a pour sa part noté une hausse de la vigueur du marché du travail et la qualité des emplois, entre novembre 2015 et novembre 2016.

     

    Canada : surprise et scepticisme

     

    Au Canada, le nombre d’emplois a peu varié (+11 000) et le taux de chômage a diminué de 0,2 point de pourcentage pour atteindre 6,8 %, principalement en raison de la baisse du nombre des personnes à la recherche de travail.

     

    Ce résultat, bien que modeste, a pris par surprise les analystes, qui s’attendaient plutôt à une baisse de quelque 15 000 postes en novembre, après le bond de 44 000 emplois observé lors du mois précédent.

     

    « La progression plus rapide du marché du travail depuis quelques mois concorde avec une croissance économique qui est aussi plus robuste », a souligné l’économiste principal du Mouvement Desjardins, Benoît P. Durocher, rappelant que le PIB réel a augmenté de 3,5 % au troisième trimestre de 2016 et que les signes sont encourageants pour le quatrième trimestre.

     

    « Le marché canadien du travail a généré pas moins de 148 000 emplois en quatre mois à peine, propulsant le gain mensuel moyen cette année à 15 000, ce qui est le rythme le plus soutenu en quatre ans », a observé l’économiste principal de la Banque Nationale, Matthieu Arseneau.

     

    En apparence, le marché de l’emploi canadien semble effectivement bien se porter, admet l’économiste de la Banque TD, Dina Ignjatovic, mais la tendance de fond semble moins réjouissante, dit-elle. « La plupart des gains enregistrés cette année l’ont été du côté des emplois à temps partiel, alors que la part de l’emploi à temps plein, par rapport à l’emploi total, est à son niveau le plus bas en près de six ans », soit sous la barre des 80,5 %.

     

    Écarts provinciaux

     

    « Les trois plus grandes provinces affichent des taux de chômage inférieurs à la moyenne nationale, ce qui indique que la faiblesse reste concentrée dans des provinces produisant de l’énergie à partir de ressources fossiles », écrit M. Arseneau dans son analyse publiée vendredi.

     

    Les résultats du Québec (6,2 %), de l’Ontario (6,3 %) et de la Colombie-Britannique (6,1 %) se distinguent ainsi clairement de ceux de l’Alberta, qui a vu son taux de chômage grimper de 0,5 point de pourcentage pour passer à 9 %. Il s’agit du taux le plus élevé enregistré depuis juillet 1994, précise Statistique Canada.

    Mondelez: l’exemple à ne pas suivre La compagnie Mondelez, qui a décidé de fermer d’ici la fin de l’an prochain son usine montréalaise de biscuits et de craquelins, entraînant la perte de 450 emplois, est « l’exemple patent de ce qu’on ne veut pas avoir au Québec », estime la ministre de l’Économie, Dominique Anglade. En conférence de presse, vendredi, Mme Anglade a laissé entendre que, en laissant tomber ses employés à la veille de Noël et en refusant d’interpeller le gouvernement pour tenter de trouver une solution, le géant de l’alimentation se classe dans la catégorie des mauvais citoyens corporatifs. Elle a ajouté que le Québec a besoin d’entreprises manufacturières innovantes, et non de compagnies comme celle-là, qui « refuse la modernisation ».












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