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    Donald Trump, le libre-échange et vous

    Quel avenir pour l’Accord de libre-échange nord-américain et le Partenariat transpacifique?

    L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et le Partenariat transpacifique ont fait l’objet de manifestations ces derniers mois. Lors de la campagne électorale, Donald Trump a maintes fois laissé entendre que le libre-échange est nuisible pour l’économie américaine.
    Photo: Markus Schreiber Associated Press L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et le Partenariat transpacifique ont fait l’objet de manifestations ces derniers mois. Lors de la campagne électorale, Donald Trump a maintes fois laissé entendre que le libre-échange est nuisible pour l’économie américaine.

    Un vent de protectionnisme a soufflé sur Washington dans la nuit de mardi à mercredi avec l’élection de Donald Trump. L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et le Partenariat transpacifique (PTP) seront notamment dans la ligne de mire du 45e président des États-Unis, si on se fie à ses engagements électoraux, mais les analystes se demandent s’il passera de la parole aux actes.

     

    Lors de la campagne électorale, Donald Trump a maintes fois laissé entendre que le libre-échange est nuisible pour l’économie américaine, allant jusqu’à dire qu’il pourrait déchirer l’ALENA, le « pire accord de libre-échange signé aux États-Unis ».

     

    Renoncer à l’ALENA serait une « grave erreur », juge le professeur de droit international économique à l’Université Laval Richard Ouellet, compte tenu de l’influence de cet accord sur les relations canado-américaines.

     

    « Le durcissement des relations internationales, notamment en ce qui a trait aux accords commerciaux, pourrait miner la croissance [de l’économie américaine] », renchérit l’économiste de Desjardins Francis Généreux, dans une note publiée mercredi.

     

    M. Généreux écrivait d’ailleurs il y a quelques jours dans une autre analyse qu’une décision unilatérale de M. Trump provoquant la fin de l’ALENA pourrait entraîner une récession canadienne. « L’effet pourrait être particulièrement important pour les provinces où la fabrication joue un plus grand rôle, comme le Québec et l’Ontario », notait-il à la veille de l’élection.

      

    Intentions à préciser

     

    Au-delà des déclarations incendiaires du candidat républicain, on ne connaît toutefois pas les réelles intentions de M. Trump, estime M. Ouellet.

     

    Le professeur rappelle que l’ALENA, entré en vigueur en 1994, a remplacé l’Accord de libre-échange Canada–États-Unis conclu sept ans plus tôt. « Donc, si l’ALENA est mis de côté, l’accord Canada–États-Unis revient en vigueur. Est-ce que M. Trump a l’intention d’annuler cet accord-là aussi ? […] Il n’a pas été clair là-dessus », observe-t-il.

     

    « Si nous ne sommes plus du tout en libre-échange avec les États-Unis, ça suppose qu’on revient avec les tarifs douaniers que les États-Unis appliquent à tous les pays avec lesquels ils n’ont pas d’accord de libre-échange, ajoute-t-il. Peu importe ce qui adviendra de l’ALENA, je pense que les États-Unis vont avoir une attitude plus protectionniste. »

     

    Il est également possible que M. Trump tempère ses ardeurs au sujet de l’ALENA une fois arrivé au pouvoir, comme l’a fait Barack Obama avant lui, estime Richard Ouellet.

     

    Et même si les deux chambres du Congrès, celle des représentants et le Sénat, sont toujours contrôlées par les républicains, le nouveau président devra par ailleurs composer avec certains membres de son parti plus libre-échangistes que lui, souligne Francis Généreux.

     

    Accord profitable ?

     

    Richard Ouellet admet que les retombées de l’ALENA pour les États-Unis peuvent donner matière à débat. « Quand on observe la balance commerciale, il est clair que c’est le Canada qui gagne contre les États-Unis. Mais il faut apporter plusieurs nuances », dit-il, en évoquant par exemple le poids du pétrole canadien et les effets intangibles sur l’économie, comme une plus grande fluidité de la circulation des capitaux entre les pays.

     

    Le Service de recherche du Congrès, un organisme dont le mandat est de fournir des analyses objectives aux élus américains, a pour sa part conclu en avril 2015 que les échanges commerciaux entre les États-Unis, le Canada et le Mexique ont plus que triplé depuis l’entrée en vigueur de l’accord.

     

    « L’ALENA n’a pas entraîné les énormes pertes d’emplois redoutées par les critiques ou les gains économiques d’envergure prédits par ses partisans », peut-on lire dans son rapport.

     

    Mercredi, l’ambassadeur du Canada aux États-Unis, David MacNaughton, a indiqué que l’ALENA a, selon lui, été profitable aux trois parties, mais que tout accord est perfectible.

     

    « Si le nouveau gouvernement veut discuter de l’ALENA ou de n’importe quel autre aspect de nos relations commerciales, nous sommes ouverts », a-t-il affirmé lors d’une téléconférence.

     

    Pour ce qui est du Partenariat transpacifique, le retrait des États-Unis serait plus simple, puisque l’accord a déjà été signé, mais non ratifié. Ce traité de libre-échange entre douze pays, dont le Canada, les États-Unis et plusieurs pays de la région Asie-Pacifique, a des implications économiques, mais également politiques, fait remarquer Richard Ouellet, de l’Université Laval.

     

    « Si les Américains décident d’abandonner le PTP, il va falloir qu’ils prennent conscience qu’ils abandonnent aussi la course à l’influence contre la Chine » dans cette région, prévient-il.

     

    Avec Marie Vastel














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