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    La Chine mise toujours sur le charbon

    9 novembre 2016 |Simon Leplâtre - Le Monde | Actualités économiques
    La part relative du charbon par rapport aux autres sources d’énergie devrait baisser d’environ 65 % à 55 % en 2020.
    Photo: Peter Parks Agence France-Presse La part relative du charbon par rapport aux autres sources d’énergie devrait baisser d’environ 65 % à 55 % en 2020.

    La Chine peine à guérir de son addiction au charbon. Le 13e plan quinquennal pour l’énergie, dévoilé lundi par l’Administration nationale pour l’énergie, prévoit une augmentation de la capacité des centrales à charbon du pays de 19 % d’ici à 2020. Après avoir bondi ces cinq dernières années, les renouvelables seront moins encouragées : leur part dans le bilan énergétique devrait atteindre 15 % contre 12 % aujourd’hui. La capacité nucléaire devrait presque doubler et le gaz naturel progressera aussi significativement.

     

    Au total, la part relative du charbon par rapport aux autres sources d’énergie baissera malgré tout, d’environ 65 % à 55 % en 2020, mais les organisations de défense de l’environnement regrettent le manque d’ambition du plan.

     

    Nouvelles centrales

     

    La Chine, premier émetteur mondial de CO2, va continuer à construire des centrales à charbon, source d’énergie la plus polluante. Le pays, qui peut aujourd’hui produire 920 gigawatts d’électricité grâce au charbon, prévoit d’augmenter cette capacité jusqu’à 1100 GW d’ici à 2020. Mais la consommation intérieure de charbon a baissé depuis 2014. Cette tendance se confirme cette année, avec moins 3,1 % de charbon brûlé pendant les huit premiers mois de l’année, après une baisse de 3,7 % en 2015. De quoi espérer que la Chine atteigne le pic de ses émissions de CO2 bien avant 2030, son engagement pris lors de la COP21.

     

    Pourtant, alors que la consommation de charbon baisse et que celle d’électricité augmente faiblement (0,5 % en 2015, probablement moins de 3 % cette année), Pékin a approuvé en 2015 la construction de centaines de centrales représentant l’équivalent de 200 GW. Il s’agissait de soutenir les régions minières : face à la chute des prix de la houille en 2015, les autorités locales ont compensé en construisant des centrales pour créer de l’emploi à court terme, et brûler le charbon des mines à moyen terme. Résultat : le parc actuel est utilisé à 50 % de ses capacités, contre 80 % en moyenne en Australie. Pékin a décidé en avril d’un moratoire sur les constructions de nouvelles centrales.

     

    Selon l’ONG China Carbon Forum, basée à Pékin, l’utilisation des centrales devrait encore baisser, pour atteindre 43 % à 47 %. « Le plan quinquennal est basé sur une estimation très optimiste de la consommation d’énergie à venir : 3,6 % à 4,8 % d’augmentation, indique Huw Slater, analyste pour l’association. Beaucoup d’experts estiment que la consommation ne dépassera plus 3 % en un an. »

     

    L’éolien, parent pauvre

     

    « Le plan annoncé ne donne pas l’orientation nécessaire pour nettoyer l’industrie énergétique chinoise, a regretté Lauri Myllyvirta, spécialiste du charbon pour Greenpeace. Ces trois dernières années, la Chine a vu sa consommation de charbon arriver à son pic, et a implanté un nombre record d’installations solaires et électriques. Ce plan consolide ces avancées, mais n’est pas plus ambitieux. »

     

    Si la part des renouvelables va continuer à augmenter, l’éolien est le parent pauvre du plan. « L’objectif de plus de 210 GW sera largement dépassé », estime Greenpeace, sachant que la Chine peut déjà produire 140 GW d’électricité à partir du vent, et que 80 GW sont en construction. Ces cinq dernières années, la capacité éolienne installée a quadruplé, et le solaire a été multiplié par 168, au point de créer des conflits entre énergies renouvelables et charbon dans certaines régions, et un gaspillage important, le réseau de distribution s’étant développé moins vite que les installations productrices.

     

    « La Chine fait en général mieux que ses objectifs de renouvelables. Mais des projets ambitieux peuvent catalyser les investissements, explique Huw Slater. C’est pour cela qu’il est décevant qu’ils aient choisi les estimations basses pour les renouvelables, et les estimations hautes pour le charbon. »

     

    Le nucléaire devrait quant à lui doubler pour atteindre 58 GW en 2020, et la construction de 30 GW de capacité devrait avoir commencé d’ici là. Le gaz naturel progressera également, de 6 % de l’énergie consommée à 10 %.













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