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    Desjardins

    Nouveau fonds de 100 millions pour stimuler les régions

    «Notre finalité, ce n’est pas juste de faire des profits», dit Guy Cormier

    Guy Cormier
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Guy Cormier

    Le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, annoncera ce jeudi la mise sur pied d’un nouveau fonds de développement économique de 100 millions de dollars pour stimuler l’activité économique en région. En entrevue au Devoir, le nouveau patron du premier groupe financier coopératif au Canada explique que cette enveloppe illustre la manière avec laquelle les excédents de Desjardins pourraient être redistribués dans le futur.

     

    M. Cormier profitera de son premier discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain pour présenter ce fonds qui servira à financer différents projets proposés par les caisses à partir de 2017 et jusqu’en 2019. « Je veux que les projets émergent de la base », affirme le président de 47 ans, entré en poste en avril dernier.

     

    Les projets financés devront contribuer au développement économique régional ou se démarquer par leur portée sociale. L’enveloppe pourrait par exemple faciliter l’implantation d’une coopérative ou d’un incubateur d’entreprises.

     

    « Notre finalité, ce n’est pas juste de faire des profits et de verser ça à nos actionnaires, souligne M. Cormier. Si nous sommes capables de retourner 100 millions sur trois ans dans les communautés et que ça stimule le développement économique du Québec, je trouve qu’on joue notre rôle dans la société. »

     

    Restructuration en cours

     

    Ces 100 millions de dollars, M. Cormier les dégagera grâce à la restructuration qu’il a entamée au cours de l’été. Il a jusqu’à maintenant éliminé 83 postes de directeurs et 28 postes de vice-présidents. Dans les six premiers mois de 2017, son équipe et lui procéderont par ailleurs à une « revue complète » de toutes les activités de Desjardins pour réduire les coûts.

     

    « Nous sommes un grand groupe. Nous avons pris beaucoup d’expansion dans les dernières années. Est-ce que nous sommes allés chercher tous les bénéfices et toutes les synergies à la suite de cette expansion ? La réponse est non », lance-t-il, n’hésitant pas à dire qu’il reste « du gras à couper dans la structure ».

     

    « Je ne veux pas que Desjardins soit une banque. Je veux que Desjardins soit compétitif dans le marché bancaire », précise M. Cormier. La vision d’avenir du président se concrétisera dans quelques mois, au moment du dépôt du plan stratégique 2017-2020 de Desjardins prévu au début de 2017.

     

    Redistribution différente ?

     

    Le nouveau fonds de développement économique régional qui sera annoncé ce jeudi n’est pas seulement une façon pour Desjardins de « s’aligner sur sa raison d’être », comme le dit son président. Il sert également d’exemple pour illustrer la manière avec laquelle les ristournes pourraient être versées à l’avenir.

     

    Guy Cormier a déjà fait savoir qu’une réflexion était en cours sur la hauteur de la ristourne distribuée aux membres chaque année et sur son calcul. On évalue par exemple la possibilité de ne pas seulement tenir compte du volume d’affaires d’une personne auprès de sa caisse, mais aussi du nombre de produits qu’elle détient.

     

    M. Cormier répète que « la ristourne est là pour rester », mais qu’elle « va évoluer ». Certaines caisses pourraient choisir de recevoir des ristournes « collectives », ce qui leur permettrait de financer différents projets locaux, tandis que d’autres pourraient conserver leurs ristournes individuelles. Ou réclamer un mélange des deux options. « On va faire ce que les membres décident », glisse le président.

     

    « Parfois, j’écoute le débat sur les ristournes et je comprends que ça a changé, que ça a baissé, que ce n’est plus comme avant. Mais il y a encore de 150 millions à 200 millions que Desjardins retourne dans les milieux. Il n’y a pas une autre entreprise au Québec qui fait ça, fait-il remarquer. Je trouve ça triste parce qu’on devrait être fier de ça. »


     


    « On peut faire mieux »

     

    Parmi les objectifs qu’il s’est fixés à son arrivée au 40e étage du Complexe Desjardins, Guy Cormier a dit vouloir se « rebrancher sur les membres ». La plus récente crise financière a forcé l’institution financière à agir rapidement et à prendre des décisions difficiles, observe-t-il, mais il est maintenant temps d’améliorer la relation avec les membres et la qualité des services offerts. « On peut faire mieux. On peut faire beaucoup mieux », insiste-t-il.

     

    Cela dit, le nombre de points de service et de guichets automatiques est appelé à diminuer en raison de la baisse de l’achalandage. « On demeure encore l’institution financière la plus présente dans les régions », note M. Cormier, en rappelant que le tiers de ses points de service sont situés dans des municipalités de moins de 2000 habitants.

     

    « Souvent, nous sommes les derniers à partir. Le dépanneur a fermé, le bureau de poste a fermé, il n’y a plus de restaurant, il n’y a plus rien. Tout le monde consomme ailleurs. Nous, on est encore là, illustre-t-il. Ce n’est pas la fermeture des points de services qui agace les gens tant que ça. Parce que lorsqu’on prend le temps de leur parler, les gens ne sont pas fous, ils sont intelligents, et ils voient bien que le monde change. […] Leur cri du coeur n’est pas juste envers Desjardins, c’est un cri du coeur envers la dévitalisation des régions. »


    Travailler avec les «fintech» Guy Cormier est fier des avancées de Desjardins sur le plan technologique et se dit ouvert à une collaboration avec de grands ou de plus petits joueurs de la technologie financière, ou fintech. « Je ne les vois pas comme des concurrents, des menaces ou des gens avec qui je ne veux pas travailler. Je les vois comme des occasions d’affaires, où on serait capable de développer ensemble des opportunités pour mieux servir nos membres », affirme-t-il. L’institution financière s’intéresse surtout aux innovations qui concernent l’expérience client et l’assurance de dommages. Elle investit déjà dans la technologie des conseillers-robots, lesquels pourraient par exemple être utiles dans le secteur de la gestion de patrimoine.
    Guy Cormier Les projets financés devront contribuer au développement économique régional ou se démarquer par leur portée sociale. L’enveloppe pourrait par exemple faciliter l’implantation d’une coopérative ou d’un incubateur d’entreprises.












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