Le p.-d.g. d'Hydro-Québec entre dans l'arène - Suroît: André Caillé s'attelle à convaincre les Québécois
Photo : Jacques Nadeau
«Une usine thermique de cette qualité n’est pas polluante», affirme André Caillé à propos de la centrale projetée à Beauharnois.
Nettement sur la défensive dans le dossier de l'usine du Suroît projetée pour Beauharnois, André Caillé, président-directeur général d'Hydro-Québec, dit comprendre la réaction des citoyens, mais ajoute que leurs craintes ne sont pas fondées. «C'est mon travail de les convaincre», a-t-il déclaré devant quelques journalistes à la suite d'une conférence prononcée en tant que président élu du Conseil mondial de l'énergie devant le Cercle canadien de Montréal.
Jusqu'à la semaine dernière, on avait surtout vu et entendu Thierry Vandal, président d'Hydro-Québec Production, défendre ce dossier. Puis vendredi, Hydro-Québec a divulgué des documents montrant que ses réservoirs connaissaient un déficit en eau constant depuis 1991 et que cela justifiait le pertinence du projet Suroît. Mais hier, c'est le grand patron, André Caillé lui-même, qui s'est attelé à la tâche de renverser le courant de l'opinion publique, qui jusqu'à maintenant semble plutôt réfractaire à la solution proposée par la société d'État.
M. Caillé soutient d'abord qu'il comprend la réaction des citoyens de Beauharnois qui en très grande majorité ont déjà répondu non à cette centrale thermique au gaz naturel qu'Hydro veut construire dans leur ville. «Je ne voudrais pas moi non plus vivre dans un parc automobile de plus de 600 000 voitures. Mais ce n'est pas le cas. Une usine thermique de cette qualité n'est pas polluante», lance-t-il à propos de cette centrale de General Electric qui présenterait une nouvelle technologie.
Pas facile
Le p.-d.g. d'Hydro-Québec reconnaît cependant que ce ne sera pas facile de convaincre les Québécois. Cela sera d'autant moins facile qu'il ne peut pas nier que cette centrale thermique entraînera une plus grande émission de gaz à effet de serre au Québec. En revanche, il avance qu'avec cette usine le Québec aura moins à importer de l'électricité qui aura été produite par des usines qui génèrent plus de gaz à effet de serre. En somme, globalement la solution envisagée d'une usine à Beauharnois serait avantageuse pour tout le monde, soutient-il. Et bien entendu, ce serait le cas aussi sur le plan économique.
M. Caillé s'appuie également sur le rapport du BAPE pour dire que cette centrale n'aurait pas d'effet significatif sur la qualité de l'air et sur la santé de la populations environnante, mais il omet de mentionner la conclusion finale du BAPE qui refuse de souscrire à la mise en oeuvre du projet et qui considère que son autorisation devrait être conditionnelle à la démonstration claire qu'il ne compromet pas les engagements du Québec en regard du protocole de Kyoto. M. Caillé pense pouvoir arriver à faire la démonstration que le Québec va contribuer à moins de gaz à effet de serre à l'échelle planétaire, même s'il en fait plus localement. Le fait que le Québec produise 95 % de son électricité par le moyen de l'hydroélectricité constitue un point de départ important dans cette démonstration, sans oublier qu'il reste encore une capacité de 6000 mégawatts à harnacher d'ici 15 ans, comme le veut l'engagement d'Hydro-Québec.
Par ailleurs, pourquoi avoir divulgué l'inventaire des réserves hydrauliques, alors que la société d'État s'était toujours catégoriquement refusée à le faire? M. Caillé expliquait hier que cette information avait toujours été gardée secrète pour éviter un impact sur le prix de l'électricité achetée à l'étranger, en ce sens que les vendeurs pourraient penser que Hydro serait prête à payer plus cher, étant donné ses basses réserves en eau. Il y a des risques à l'importation, a-t-il noté, en citant le cas de l'Ontario qui en 2002 a payé 730 millions pour son électricité importée.
Pourquoi dévoiler ces informations maintenant? Parce que l'opinion publique bascule et que «l'on s'expose à prendre des décisions erronées», avoue le p.-d.g. Il se trouve beaucoup de monde pour croire que Hydro-Québec fait croire à une pénurie d'eau pour mieux faire passer son projet du Suroît. M. Caillé ne promet pas que la divulgation de l'état des réserves d'eau est une politique qui va demeurer toujours.
En ce qui concerne l'usine du Suroît, elle restera en activité pendant 25 ans, le temps d'en amortir le coût. M. Caillé s'est dit d'accord avec la position de feu le premier ministre Robert Bourassa, qui préférait avoir un peu plus d'énergie en réserve, en cas de situation critique. En tant que fils d'agriculteur, M. Caillé dit se souvenir qu'il vaut mieux prévoir des mesures dans les bonnes années pour avoir des réserves lorsqu'il y aura de mauvaises récoltes.
Si M. Caillé parvient à convaincre l'opinion publique du bien-fondé de son projet, il sera alors plus facile au pouvoir politique de l'appuyer aussi. Il reste toutefois une autre question à laquelle la réponse est inconnue. Que dira la Régie de l'énergie? C'est le deuxième grand obstacle à surmonter pour Hydro-Québec.
Comme président élu du Conseil mondial de l'énergie, M. Caillé se fixe deux grands objectifs d'ici à 2010, soit jusqu'à la tenue du congrès mondial à Montréal: L'élaboration de solutions réelles pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. La mise en place de moyens efficaces pour gérer et stocker les résidus radioactifs des centrales nucléaires.
Dans sa conférence, M. Caillé a mentionné que présentement 40 % de l'électricité mondiale était produite à partir du charbon, 17 % du gaz naturel, 17 % de l'énergie nucléaire et 19 % à partir de l'énergie renouvelable. L'an dernier aux États-Unis, 43 000 mégawatts de puissance ont été ajoutés, dont 79 % provenant du gaz naturel. En comparaison, Hydro-Québec possède une puissance de 38 000 mégawatts.
Jusqu'à la semaine dernière, on avait surtout vu et entendu Thierry Vandal, président d'Hydro-Québec Production, défendre ce dossier. Puis vendredi, Hydro-Québec a divulgué des documents montrant que ses réservoirs connaissaient un déficit en eau constant depuis 1991 et que cela justifiait le pertinence du projet Suroît. Mais hier, c'est le grand patron, André Caillé lui-même, qui s'est attelé à la tâche de renverser le courant de l'opinion publique, qui jusqu'à maintenant semble plutôt réfractaire à la solution proposée par la société d'État.
M. Caillé soutient d'abord qu'il comprend la réaction des citoyens de Beauharnois qui en très grande majorité ont déjà répondu non à cette centrale thermique au gaz naturel qu'Hydro veut construire dans leur ville. «Je ne voudrais pas moi non plus vivre dans un parc automobile de plus de 600 000 voitures. Mais ce n'est pas le cas. Une usine thermique de cette qualité n'est pas polluante», lance-t-il à propos de cette centrale de General Electric qui présenterait une nouvelle technologie.
Pas facile
Le p.-d.g. d'Hydro-Québec reconnaît cependant que ce ne sera pas facile de convaincre les Québécois. Cela sera d'autant moins facile qu'il ne peut pas nier que cette centrale thermique entraînera une plus grande émission de gaz à effet de serre au Québec. En revanche, il avance qu'avec cette usine le Québec aura moins à importer de l'électricité qui aura été produite par des usines qui génèrent plus de gaz à effet de serre. En somme, globalement la solution envisagée d'une usine à Beauharnois serait avantageuse pour tout le monde, soutient-il. Et bien entendu, ce serait le cas aussi sur le plan économique.
M. Caillé s'appuie également sur le rapport du BAPE pour dire que cette centrale n'aurait pas d'effet significatif sur la qualité de l'air et sur la santé de la populations environnante, mais il omet de mentionner la conclusion finale du BAPE qui refuse de souscrire à la mise en oeuvre du projet et qui considère que son autorisation devrait être conditionnelle à la démonstration claire qu'il ne compromet pas les engagements du Québec en regard du protocole de Kyoto. M. Caillé pense pouvoir arriver à faire la démonstration que le Québec va contribuer à moins de gaz à effet de serre à l'échelle planétaire, même s'il en fait plus localement. Le fait que le Québec produise 95 % de son électricité par le moyen de l'hydroélectricité constitue un point de départ important dans cette démonstration, sans oublier qu'il reste encore une capacité de 6000 mégawatts à harnacher d'ici 15 ans, comme le veut l'engagement d'Hydro-Québec.
Par ailleurs, pourquoi avoir divulgué l'inventaire des réserves hydrauliques, alors que la société d'État s'était toujours catégoriquement refusée à le faire? M. Caillé expliquait hier que cette information avait toujours été gardée secrète pour éviter un impact sur le prix de l'électricité achetée à l'étranger, en ce sens que les vendeurs pourraient penser que Hydro serait prête à payer plus cher, étant donné ses basses réserves en eau. Il y a des risques à l'importation, a-t-il noté, en citant le cas de l'Ontario qui en 2002 a payé 730 millions pour son électricité importée.
Pourquoi dévoiler ces informations maintenant? Parce que l'opinion publique bascule et que «l'on s'expose à prendre des décisions erronées», avoue le p.-d.g. Il se trouve beaucoup de monde pour croire que Hydro-Québec fait croire à une pénurie d'eau pour mieux faire passer son projet du Suroît. M. Caillé ne promet pas que la divulgation de l'état des réserves d'eau est une politique qui va demeurer toujours.
En ce qui concerne l'usine du Suroît, elle restera en activité pendant 25 ans, le temps d'en amortir le coût. M. Caillé s'est dit d'accord avec la position de feu le premier ministre Robert Bourassa, qui préférait avoir un peu plus d'énergie en réserve, en cas de situation critique. En tant que fils d'agriculteur, M. Caillé dit se souvenir qu'il vaut mieux prévoir des mesures dans les bonnes années pour avoir des réserves lorsqu'il y aura de mauvaises récoltes.
Si M. Caillé parvient à convaincre l'opinion publique du bien-fondé de son projet, il sera alors plus facile au pouvoir politique de l'appuyer aussi. Il reste toutefois une autre question à laquelle la réponse est inconnue. Que dira la Régie de l'énergie? C'est le deuxième grand obstacle à surmonter pour Hydro-Québec.
Comme président élu du Conseil mondial de l'énergie, M. Caillé se fixe deux grands objectifs d'ici à 2010, soit jusqu'à la tenue du congrès mondial à Montréal: L'élaboration de solutions réelles pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. La mise en place de moyens efficaces pour gérer et stocker les résidus radioactifs des centrales nucléaires.
Dans sa conférence, M. Caillé a mentionné que présentement 40 % de l'électricité mondiale était produite à partir du charbon, 17 % du gaz naturel, 17 % de l'énergie nucléaire et 19 % à partir de l'énergie renouvelable. L'an dernier aux États-Unis, 43 000 mégawatts de puissance ont été ajoutés, dont 79 % provenant du gaz naturel. En comparaison, Hydro-Québec possède une puissance de 38 000 mégawatts.
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