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    Voiture autonome

    Washington dépose son code de conduite

    Le Canada suivra sans doute la voie tracée par les États-Unis, dit un expert

    Qu’il s’agisse de Tesla, de Ford ou d’Uber, les entreprises rivalisent pour développer et éventuellement commercialiser la voiture autonome.
    Photo: Spencer Platt Agence France-Presse Qu’il s’agisse de Tesla, de Ford ou d’Uber, les entreprises rivalisent pour développer et éventuellement commercialiser la voiture autonome.

    Les États-Unis ont démontré tout le sérieux qu’ils accordent au développement de la voiture autonome en dévoilant mardi des lignes directrices qui teinteront sans doute une future réglementation canadienne.

     

    « Aujourd’hui, nous présentons la politique nationale sur les véhicules autonomes la plus complète que le monde ait jamais vue », a solennellement déclaré le secrétaire aux Transports des États-Unis, Anthony Foxx, en présentant les grandes lignes d’une politique fort attendue.

     

    Au moment où les Tesla, Uber, Google, Ford ou encore Volvo jouent du coude pour développer et éventuellement commercialiser des véhicules autonomes, le gouvernement américain a choisi d’agir en amont pour encadrer l’éventuel déploiement des technologies.

     

    La politique fédérale, qui constitue en quelque sorte un guide de bonnes pratiques, s’appuie surtout sur une évaluation en quinze points de la sécurité des voitures développées par les différentes entreprises.

     

    Ces dernières devront par exemple faire savoir au gouvernement comment leur véhicule réagit en présence d’obstacles, récolte des informations ou protège les occupants en cas de collision. Les autorités fédérales veulent également savoir comment les manufacturiers entendent assurer la confidentialité des données des utilisateurs ou gérer les conflits éthiques qui peuvent survenir sur la route.

     

    Ne pas freiner l’innovation

     

    La nouvelle politique américaine distingue par ailleurs les responsabilités du fédéral et des États, dans le but d’éviter la multiplication de réglementations contradictoires à travers le pays. Jusqu’à présent, une douzaine d’États américains ont adopté des lois s’attaquant spécifiquement à la question des véhicules autonomes.

     

    Le gouvernement s’engage aussi à accélérer le traitement des demandes d’exemption aux règles en vigueur formulées par des compagnies qui veulent mener des projets-pilotes. Le délai sera limité à six mois.

     

    Les lignes directrices ont pour but d’envoyer un signal clair en vue de l’adoption de nouvelles lois par le gouvernement fédéral ou les États, a indiqué M. Foxx. Ces orientations, qui seront revues annuellement pour tenir compte des développements technologiques, sont « intentionnellement vagues » pour éviter de freiner l’innovation, a-t-il précisé.

     

    Washington fait le pari que la voiture autonome permettra de sauver des vies : 94 % des quelque 35 000 décès survenus sur les routes américaines en 2015 ont été causés par un mauvais choix ou une erreur humaine.

     

    Suivre les États-Unis

     

    Il devenait « urgent » que le gouvernement américain se positionne dans le dossier des véhicules autonomes, affirme le professeur de l’Université de Sherbrooke Denis Gingras, qui y dirige le Laboratoire d’intelligence véhiculaire. Selon lui, la politique des États-Unis teintera à coup sûr les futures actions du Canada.

     

    « La politique de Transports Canada, c’est de suivre ce que les Américains font. C’est certain qu’ils vont prendre la politique qui vient de sortir aux États-Unis pour s’en inspirer et en faire une version feuille d’érable très semblable, dit-il. Par ricochet, les provinces vont sans doute suivre le peloton. »

     

    Au Canada, la question des véhicules autonomes sera étudiée par le Comité permanent des transports et des communications du Sénat, qui doit remettre son rapport d’ici le 30 mars 2017.

     

    Entre-temps, Transports Canada finance certains projets de recherche, mais n’a pas d’échéancier précis pour une éventuelle réglementation.

     

    En janvier dernier, l’Ontario est devenu la première province à autoriser les essais de voitures autonomes sur ses routes. Du côté de Québec, le ministère des Transports et la SAAQ évaluent la possibilité de tenir compte de la voiture autonome dans le cadre de la réforme de la sécurité routière. Mardi, le cabinet du ministre des Transports, Laurent Lessard, n’a pas été en mesure d’indiquer à quel moment cette réforme sera présentée.

     

    Manquer le train

     

    Le professeur Gingras constate que le Québec déploie de nombreux efforts pour démocratiser la voiture électrique sans accorder la même importance à la voiture autonome. « Il y a un train énorme qui est en marche actuellement au niveau mondial en ce qui concerne le développement des véhicules autonomes et des véhicules communicants, mais on dirait que le Québec s’assoit sur son petit véhicule électrique et le regarde passer », lance-t-il.

     

    Le gouvernement pourrait pourtant profiter de l’expertise québécoise en technologies de l’information ou dans le domaine de l’intelligence artificielle pour devenir un leader, fait valoir le consultant en matière de villes intelligentes chez IBM, Jean-François Barsoum.

     

    « Si on attend trop, c’est certain qu’on va être à la traîne par rapport à ce qui se fait ailleurs. Si on décide de ne pas jouer un rôle actif dans le développement de ces technologies-là, on va être obligés d’intégrer ce que d’autres vont nous soumettre. »













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