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    Énergie

    L’efficacité douteuse du plan québécois

    Le Québec devra revoir ses façons de faire pour réaliser des économies d’échelle, souligne un rapport de HEC Montréal

    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

    Le gouvernement du Québec a complètement raté la cible qu’il s’est fixée en matière d’efficacité énergétique pour la période 2006-2015 et est en voie d’échouer de la même façon en 2030 si la tendance se maintient, révèle un rapport dévoilé mercredi par HEC Montréal.

     

    Le Portrait global de l’efficacité énergétique en entreprise au Québec, produit par la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, dresse un bilan fort sombre des retombées des programmes d’efficacité énergétique depuis la mise en oeuvre de la Politique énergétique québécoise 2006-2015.

     

    Les données compilées par les chercheurs Pierre-Olivier Pineau et Johanne Whitmore indiquent que le Québec n’a atteint que 37 % de la cible globale en efficacité énergétique établie pour cette période. La cible d’économie d’énergie a été atteinte ou presque atteinte pour ce qui est de la consommation de gaz naturel (135 % de l’objectif) et de l’électricité (85 %), mais c’est tout le contraire pour ce qui est des produits pétroliers (11 % de l’objectif atteint).

     

    Selon les auteurs de l’étude, ce constat s’explique notamment par le fait que les dizaines de millions de dollars versés annuellement par Gaz Métro ou Hydro-Québec en subventions pour favoriser l’efficacité énergétique en entreprise le sont dans les secteurs où se trouvent leurs principaux clients. Le secteur du transport commercial, celui qui « pose les plus grands défis » en matière d’efficacité énergétique, n’est donc pas servi de manière optimale par les subventions, résume-t-on.

     

    Besoin de cohérence

     

    « Les subventions accordées pour améliorer l’efficacité énergétique n’aboutissent pas toujours là où les priorités le suggéreraient en matière de consommation et d’émissions de GES », souligne le rapport.

     

    Les auteurs de l’étude plaident pour une plus grande cohérence des interventions dans le secteur de l’efficacité énergétique, tout en reconnaissant que l’organisme Transition énergétique Québec, dont la création est prévue dans le projet de loi 106 sur la mise en oeuvre de la Politique énergétique 2030, pourrait faire partie de la solution.

     

    « De nouvelles approches devront être adoptées pour réaliser des économies d’échelle en matière d’énergie d’ici 2030, affirme Pierre-Olivier Pineau. Le gouvernement devra revoir la gouvernance de l’efficacité énergétique afin de s’assurer que les programmes de gestion d’énergie, de développement économique et de réduction de GES soient arrimés entre eux. »

     

    La nouvelle politique énergétique vise une amélioration de 15 % de l’efficacité énergétique et une réduction de 40 % de la consommation de produits pétroliers d’ici 2030, par rapport aux données de 2013.

     

    Au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, on juge que cette nouvelle politique énergétique est « perfectible », mais que ses objectifs sont tout à fait atteignables. Le porte-parole Nicolas Bégin estime qu’il est « prématuré » de conclure que les cibles fixées pour 2030 sont hors de portée sans une réorientation des efforts. « Nous sommes conscients qu’il s’agit de cibles ambitieuses, mais on veut se donner les moyens de les atteindre », dit-il.













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