Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Caisse d’économie solidaire Desjardins

    L’institution financière des mouvements sociaux

    3 septembre 2016 | Pierre Vallée - Collaboration spéciale | Actualités économiques
    « Le Forum est une occasion pour nous de promouvoir la mise en place d’un véritable écosystème de financement responsable », selon le directeur général, Marc Picard.
    Photo: Denis Gendron « Le Forum est une occasion pour nous de promouvoir la mise en place d’un véritable écosystème de financement responsable », selon le directeur général, Marc Picard.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial. 
     

    Fondée en 1971, la Caisse d’économie solidaire Desjardins célèbre cette année ses 45 ans. Quarante-cinq ans durant lesquels la Caisse d’économie solidaire Desjardins a non seulement pris du coffre, mais a aussi su évoluer et innover constamment.

     

    « Au fond, l’histoire de la Caisse d’économie solidaire, c’est un peu l’histoire de l’évolution du Québec, et surtout celle de la gauche québécoise », affirme Marc Picard, son actuel directeur général.

     

    Rappelons que cette institution financière est née à Québec grâce au militantisme des syndiqués de la CSN de la région de Québec. Elle porte alors le nom de Caisse d’économie des travailleurs réunis de Québec. Elle est née de la fusion des caisses d’économie de travailleurs de cette région. En 2000, elle fusionne avec la Caisse d’économie des syndicats nationaux de Montréal et, en 2002, avec la Caisse d’économie de Lanaudière. C’est en 2004 qu’elle adopte son appellation actuelle.

     

    La Caisse d’économie solidaire Desjardins s’inscrit donc dans une vieille tradition québécoise, qui est celle des caisses de travailleurs, dont les plus anciennes moutures remontent aux années 20 du siècle dernier. Si, au départ, elle était vouée à servir d’outil financier aux travailleurs, elle s’est développée par la suite surtout par son action dans le domaine des coopératives, d’abord de travailleurs et d’habitation, pour ensuite s’ouvrir à l’ensemble des entreprises coopératives et des organismes à but non lucratif. Aujourd’hui, elle englobe tout ce qui se nomme « entreprise d’économie sociale », y compris les entreprises du milieu culturel.

     

    La situation actuelle

     

    « À sa fondation, en 1971, la Caisse comptait environ 500 membres, poursuit Marc Picard. Aujourd’hui, elle en compte 15 000, dont 12 000 individus et 3000 entreprises collectives. En fait, environ une entreprise collective sur deux au Québec est membre de la Caisse d’économie solidaire. » Bien que le siège social soit toujours situé à Québec, elle possède des bureaux à Montréal et à Joliette. L’actif sous gestion au 31 décembre 2015 s’élevait à 770,4 millions de dollars. « Notre volume d’affaires s’établit présentement à 1,6 milliard de dollars. »

     

    La Caisse d’économie solidaire ne veut pas en rester là et aimerait bien continuer à croître. « Évidemment, nous cherchons toujours à faire grandir notre membrariat, notamment auprès de la jeune clientèle, dont les valeurs aujourd’hui sont souvent les mêmes que les nôtres. De plus, le partage de ces mêmes valeurs fait en sorte que nos membres nous sont très fidèles, ce qui fait que nous connaissons une excellente rétention de nos membres, avec lesquels nous continuons à développer des projets. »

     

    Investissement à impact social

     

    L’investissement à impact social est un nouvel élément dans le coffre à outils du financement responsable. Grosso modo, il tient à assurer que l’investissement, en plus de répondre aux critères de respect de l’environnement, du développement durable et de la bonne gouvernance, a un impact social direct. L’investissement à impact social demeure aujourd’hui largement l’affaire d’institutions caritatives, comme la Fondation Rockefeller.

     

    Pour permettre aux individus et aux entreprises collectives de participer à l’investissement à impact social, la Caisse d’économie solidaire Desjardins a développé son propre véhicule d’investissement à impact social, soit le Placement à rendement social. « Les individus et les entreprises collectives qui placent leur argent par l’intermédiaire du Placement à rendement social sont assurés que cet argent servira uniquement pour des projets qui ont un impact social véritable. »

     

    En effet, une tranche de 1000 $ dans le Placement à rendement social est distribuée ainsi : 320 $ aux OSBL, 320 $ aux coopératives, 230 $ aux individus qui adhèrent aux principes coopératifs de la Caisse, 80 $ aux organismes culturels, 30 $ aux travailleurs autonomes et aux entreprises privées qui sont socialement engagés, et 20 $ aux organisations syndicales. Le Placement à rendement social se décline en quatre formules : un dépôt garanti rachetable en tout temps, un dépôt garanti à terme fermé de 1 mois à 10 ans, un dépôt à rendement progressif et un dépôt garanti lié au marché.

     

    « Aussi, les individus et les entreprises qui choisissent de placer leur argent dans un Placement à rendement social renoncent aussi à leur ristourne. Cette ristourne est plutôt placée dans notre Fonds d’aide au développement du milieu. Le Fonds d’aide nous sert à faire des dons à divers organismes ou même à des individus dont le projet répond à nos critères et valeurs. »

     

    Forum mondial de l’économie sociale

     

    La Caisse d’économie solidaire Desjardins sera bien présente au Forum mondial de l’économie sociale. « Nous sommes un partenaire de l’événement et l’un des principaux commanditaires. Aussi, nous allons participer à certains ateliers. » L’un de ces ateliers concerne le lien entre les élus municipaux et les entreprises collectives. Qu’en est-il de la situation au Québec ? « Le gouvernement libéral a vraiment changé la donne en abolissant les CLD et en confiant leur mandat aux municipalités et aux MRC. En agissant de la sorte, il a détruit le réseau sur lequel on s’appuyait. Présentement, tous les intervenants travaillent à en reconstruire un. Sans compter que la sensibilité des élus municipaux à l’économie sociale varie grandement d’une municipalité à une autre. »

     

    Au fil des ans, la Caisse a évolué avec l’évolution de la société québécoise ; travailleurs, coopératives, OSBL, environnement, développement durable. « Notre président, Gérald Larose, qualifie notre caisse d’institution financière des mouvements sociaux. » Aujourd’hui, la dernière étape de cette constante évolution est la finance responsable. « Le Forum est une occasion pour nous de promouvoir la mise en place d’un véritable écosystème de financement responsable. »













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.