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    Justin Trudeau en Chine

    Une visite chez le premier consommateur d’énergie du monde

    Le premier ministre Justin Trudeau a remercié l’ambassadeur chinois au Canada, Luo Zhaohui, en janvier 2016 à Ottawa, après que ce dernier lui eut offert un portrait de son père, Pierre Elliott Trudeau, rencontrant le dirigeant chinois Mao Zedong.
    Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau a remercié l’ambassadeur chinois au Canada, Luo Zhaohui, en janvier 2016 à Ottawa, après que ce dernier lui eut offert un portrait de son père, Pierre Elliott Trudeau, rencontrant le dirigeant chinois Mao Zedong.

    Justin Trudeau arrive mardi en Chine avec l’ambition de « relancer » les relations avec notre voisin de l’autre côté du Pacifique. La visite survient au moment où le secteur de l’énergie du pays est en manque de capitaux, mais demeure toujours inaccessible aux investisseurs chinois à cause d’une mesure adoptée en 2012 par le précédent gouvernement conservateur. Depuis, le second partenaire commercial du Canada et premier consommateur d’énergie du monde a tourné le dos à l’investissement dans les sables bitumineux canadiens.

     

    Durant les dix prochains jours, le premier ministre voyagera à Pékin, Shanghai, Hong-Kong et Hangzhou en portant le message que le Canada est ouvert à la mondialisation. « À l’heure où le monde est caractérisé par le populisme et l’antimondialisation, ce que le Canada a à offrir est une approche qui présente une stabilité politique, financière, économique et sociale », a-t-il déclaré.

     

    « C’est certain qu’ils vont en parler [de l’investissement dans les sables bitumineux], les Albertains veulent qu’on en parle », croit Sylvain Audette, professeur à HEC Montréal et membre associé de la chaire de recherche en gestion du secteur de l’énergie. Toutefois, rien n’indique que la Chine est pressée d’investir de nouveau dans le pétrole canadien.

     

    Présence plus faible

     

    L’âge d’or de l’investissement chinois dans les sables bitumineux semble révolu. En 2012, la pétrolière albertaine Nexen avait été acquise par le géant chinois CNOOC pour 15,1 milliards de dollars, avec l’aval d’Ottawa. Par contre, en décembre de la même année, le gouvernement Harper a serré la vis à l’acquisition d’entreprises énergétiques par des intérêts étrangers. Depuis ce temps, les sociétés d’État étrangères ne peuvent plus investir dans l’industrie des sables bitumineux canadienne, à moins d’être « exceptionnellement » à l’avantage du Canada.

     

    Cette politique vise spécifiquement la Chine, dont l’État s’assure une participation dans ses principales entreprises stratégiques. Résultat : l’investissement chinois a fondu pour se situer à environ 2,2 milliards de dollars cette année, après avoir atteint un creux de 343 millions en 2013, selon les données compilées par Bloomberg. Par comparaison, l’investissement direct étranger chinois au pays s’élevait à 33 milliards de dollars en 2015, tous secteurs confondus.

     

    Le professeur Audette estime que le Canada a froissé les investisseurs chinois, et que le nouveau premier ministre doit maintenant réparer les pots cassés. « À l’époque, tout le monde voulait investir dans les sables bitumineux. Aujourd’hui, alors que plus personne ne veut investir, le gouvernement a intérêt à trouver des capitaux pour cette industrie. »

     

    Hong-Kong, « région administrative spéciale » de Chine, bénéficie toujours d’un régime séparé en matière de propriété d’entreprises, et c’est de là que provient l’essentiel des grands investissements chinois dans le secteur énergétique. En avril, l’homme le plus riche de Hong-Kong, Li Ka Shing, a acquis pour 1,7 milliard de dollars le contrôle des 1900 kilomètres de pipelines de la compagnie canadienne Husky Energy, dont il était déjà actionnaire. Justin Trudeau rencontrera le milliardaire au cours de son voyage, ont rapporté plusieurs médias, dont The Guardian. Lundi, le bureau du premier ministre n’était pas en mesure de confirmer cette rencontre.

     

    Sylvain Audette, familier des affaires en Chine, croit que le retour des capitaux chinois dans le pétrole pourrait prendre du temps. « C’est une pause stratégique : en plus du problème diplomatique du blocage de leurs investissements, il y a l’argument économique. La baisse du prix du baril leur fait regretter leur participation dans Nexen et, avec la reprise économique difficile, ils ont peut-être moins besoin de pétrole maintenant. »

     

    De plus, depuis l’échec du projet de pipeline Northern Gateway en Colombie-Britannique, se rajoute le problème de l’accès à la ressource. L’Association canadienne des producteurs de pétrole planche toujours sur le projet de pipeline Trans Mountain Expansion, sur la côte ouest, pour exporter la cible de 625 000 barils de pétrole par jour vers le Pacifique. La porte-parole Chelsie Klassen précise qu’il est dans l’intérêt du pays que de nouveaux capitaux soient trouvés, que ce soit en provenance du Canada ou de l’étranger.

     

    Justin Trudeau rencontrera le président chinois, Xi Jiping, et son premier ministre, Li Keqiange. La délégation canadienne devra aussi aborder la question délicate des exportations canadiennes de graines de canola, dont les exigences chinoises seront considérablement resserrées le 1er septembre, par crainte d’une maladie fongique.

     

    Dans sa promotion des bienfaits de la mondialisation et de l’ouverture au commerce, le Canada pourrait-il laisser tomber les barrières à l’investissement chinois des entreprises énergétiques ? Questionné à ce sujet par Reuters la semaine dernière, le ministre des Finances, Bill Morneau, qui fait partie du voyage en Chine, n’a pas exclu cette option.













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