Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Alexandre Taillefer réclame un salaire horaire minimum à 15$

    Des gens travaillent 40 heures par semaine pour vivre sous le seuil de la pauvreté

    13 août 2016 |Lia Lévesque - La Presse canadienne | Actualités économiques
    Alexandre Taillefer était conférencier au Forum social mondial, vendredi après-midi.
    Photo: François Pesant Le Devoir Alexandre Taillefer était conférencier au Forum social mondial, vendredi après-midi.

    Les syndicats et groupes sociaux qui réclament un salaire minimum à 15 $ l’heure se sont trouvé un allié inusité en la personne de l’homme d’affaires Alexandre Taillefer, vendredi, au Forum social mondial.

     

    L’investisseur reconnu pour ses idées progressistes s’est fait lui aussi le promoteur de cette idée de hausser le salaire minimum à 15 $ l’heure sur cinq ans, au nom de la « décence », et pour sortir des milliers de travailleurs de la pauvreté. « Ma position est une position avant tout de décence. Nous avons aujourd’hui l’obligation de fournir à des gens qui décident de travailler 40 heures par semaine des conditions salariales décentes », a lancé l’homme d’affaires devant un auditoire ravi au Forum social mondial.

     

    M. Taillefer était conférencier au FSM, vendredi après-midi, aux côtés du président de la FTQ, Daniel Boyer, et du député néodémocrate Alexandre Boulerice, entre autres. « 10,75 $, ça vous donne un salaire annuel de l’ordre d’à peu près 21 500 $. Le seuil de pauvreté a été établi au Canada, à partir du 1er mai, à 23 800 $. Ce qu’on envoie comme message à notre société, c’est qu’on permet à des gens de travailler 40 heures par semaine et de vivre sous le seuil de la pauvreté. Et ça, pour moi, c’est inacceptable », s’est exclamé M. Taillefer.

     

    Il a admis qu’il faudrait en étudier les répercussions, notamment sur la robotisation. Quant à ses effets sur l’emploi, « les études empiriques par rapport au fait que les gens vont perdre leur emploi partent d’un côté ou de l’autre. La réalité, c’est qu’on a l’obligation aujourd’hui d’offrir à ces gens-là des conditions décentes », a-t-il répété, affirmant que ce n’est pas qu’une question économique, mais aussi une question sociale.

     

    Des opinions similaires

     

    Interviewé après son allocution, il a assuré qu’il n’était pas le seul homme d’affaires au Québec à défendre de telles idées, bien que les autres choisissent de se faire plus discrets.

     

    À ses côtés, le président de la FTQ a réclamé une véritable coalition en faveur de ce salaire minimum à 15 $, puisqu’à l’heure actuelle, les centrales syndicales font chacune campagne de leur côté, avec certaines nuances, par exemple sur l’échéancier pour atteindre cet objectif de 15 $ l’heure. « Malheureusement, il n’y a pas encore de coalition et on devra faire une coalition », a opiné M. Boyer, dont la centrale compte plus de 600 000 membres au Québec.

     

    M. Boyer a d’ailleurs admis que, même au sein de ses membres, la question ne faisait pas l’unanimité. « Même dans nos rangs, il y a des réfractaires. Les mythes sont puissants ; il y a une éducation à faire », dans le milieu du travail et dans la population.

     

    Selon les chiffres qu’il a cités, 211 000 travailleurs au Québec touchent le salaire minimum, dont 58 % de femmes. Et contrairement à ce que plusieurs croient, 50 % ne sont pas des étudiants, a souligné M. Boyer. Et 455 000 salariés sont considérés comme de bas salariés, touchant 11,80 $ ou moins. Au total, un million de travailleurs gagnent moins de 15 $ l’heure, dans les petites et moyennes entreprises et le commerce de détail, par exemple.

     

    Au cours d’un atelier au Forum social mondial, des participants ont cité une étude selon laquelle le gouvernement pourrait économiser 3 milliards en haussant le salaire minimum à 15 $ l’heure, par le biais des impôts supplémentaires payés par ces travailleurs et par des besoins moindres en aide par l’État, par exemple.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.