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    Air Canada veut des règles équitables

    Le transporteur est soumis à un encadrement auquel échappent ses concurrents, dit son président, Calin Rovinescu

    Calin Rovinescu, président d’Air Canada, s’est plaint des restrictions très uniques subies par l’entreprise depuis sa privatisation il y a près de 30 ans, des restrictions concernant l’entretien des appareils, en plus d’autres restrictions.
    Photo: Darren Calabrese La Presse canadienne Calin Rovinescu, président d’Air Canada, s’est plaint des restrictions très uniques subies par l’entreprise depuis sa privatisation il y a près de 30 ans, des restrictions concernant l’entretien des appareils, en plus d’autres restrictions.

    La privatisation d’Air Canada a eu lieu il y a une trentaine d’années, mais l’ancienne société d’État continue de faire face à des règles qui ne sont pas imposées à ses concurrents d’ici et d’ailleurs, a affirmé son président vendredi dans un congrès réunissant des directeurs financiers.

     

    « Le cadre réglementaire au Canada n’a pas toujours été favorable, à l’égard de notre industrie en général et d’Air Canada en particulier », a dit Calin Rovinescu devant les membres de Financial Executives International (FEI) dans la grande salle d’un hôtel du centre-ville de Montréal.

     

    Les propos du patron du principal transporteur au pays surviennent la même semaine où le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a déposé au Parlement un rapport critique portant uniquement sur les plaintes contre Air Canada pour son service en français.

     

    M. Rovinescu n’a pas évoqué les obligations linguistiques. Il s’en est d’abord pris aux taxes aéroportuaires avant de parler de l’obligation légale de maintenir des centres d’entretien à des endroits précis. La loi fédérale de 1988, qui a mis la table à sa privatisation, mentionne les villes de Montréal, Winnipeg et Mississauga, mais le gouvernement Trudeau veut l’assouplir de manière à identifier seulement les trois provinces.

     

    « Air Canada a été soumis à des restrictions très uniques depuis sa privatisation il y a près de 30 ans, des restrictions concernant l’entretien des appareils, en plus d’autres restrictions, auxquelles aucun autre transporteur n’est soumis, même si Air Canada est un transporteur du secteur privé détenu par des intérêts du secteur privé », a dit M. Rovinescu.

     

    « Pour avoir du succès à l’échelle mondiale, il faut des règles équitables, a ajouté M. Rovinescu. De vrais champions mondiaux basés dans d’autres pays sont souvent libres de toute contrainte dans leurs efforts visant à faire concurrence et gagner. […] Nous allons continuer de nous battre pour un environnement concurrentiel équitable. »

     

    Parcours

     

    Air Canada a traversé une restructuration majeure en 2004 et s’est remis de la crise financière de 2008 et 2009, a dit M. Rovinescu. En 2015, le transporteur a dégagé un bénéfice net de 303 millions sur des revenus de 13,9 milliards.

     

    À la Bourse de Toronto, le cours de son action a augmenté de 400 % depuis cinq ans et a terminé la séance de vendredi à 9,84 $. Au début de 2011, elle se situait sous le seuil de 2 $.

     

    En 2012, la fermeture subite d’Aveos, un spécialiste de l’entretien d’avions, a déclenché une guerre juridique entre Air Canada et le gouvernement du Québec, celui-ci accusant le transporteur de ne pas respecter la disposition de la loi de 1988 portant sur le maintien des centres d’entretien.

     

    Aveos avait jadis été une filiale de la société mère d’Air Canada, Gestion ACE Aviation. Cependant, malgré son indépendance, Aveos avait été incapable de diversifier son bassin de clients, dans lequel Air Canada était de loin le plus important acheteur de services. Aveos comptait 2600 employés, dont 1800 à Montréal. La compagnie a été vendue en morceaux à des sociétés comme Lockheed Martin et A J Walter.

     

    La bataille s’est rendue jusqu’en Cour suprême, mais Québec a suspendu les procédures car Air Canada a accepté de confier à des fournisseurs québécois l’entretien des appareils CSeries qu’il veut acheter auprès de Bombardier.

     

    Au chapitre des appareils CSeries, M. Rovinescu a affirmé que la lettre d’intention signée par Air Canada cet hiver a envoyé un « signal important » qui a donné à d’autres transporteurs, « notamment Delta, la confiance d’acheter cet avion extrêmement efficace ».

     

    Delta a signé en avril un contrat de commande ferme pour 75 appareils CS100. Un porte-parole de la société américaine a affirmé au Devoir vendredi matin qu’il s’agit d’un « contrat entièrement signé ».

     

    Invité par une participante à dire si Air Canada envisageait des acquisitions, M. Rovinescu a répondu que la société préfère des projets de coentreprise et regarde entre autres du côté de l’Asie.













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