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    Politique énergétique

    Et si le Québec exportait du vent?

    Le gouvernement Couillard veut accroître de 25 % la production d’énergie renouvelable, sans soutenir lui-même de nouveaux parcs éoliens. La réponse pourrait se trouver de l’autre côté de la frontière.

    La naissance de la filière éolienne au Québec a eu lieu dans une perspective de développement économique régional, notamment par des exigences de contenu local dans les équipements.
    Photo: Oli Scarff Agence France-Presse La naissance de la filière éolienne au Québec a eu lieu dans une perspective de développement économique régional, notamment par des exigences de contenu local dans les équipements.

    L’augmentation de 25 % de la production d’énergies renouvelables souhaitée par Québec d’ici 2030 sourit à l’industrie éolienne, ouverte également à l’idée d’exporter du courant, mais elle s’inquiète pour ses installations manufacturières, car aucun projet n’est actuellement prévu après la mise en service des derniers parcs en 2017.

     

    Dans sa politique énergétique, le gouvernement Couillard a indiqué jeudi que les surplus chez Hydro-Québec Distribution devraient diminuer avant que ne soient autorisés de nouveaux approvisionnements. Il a cependant évoqué l’idée que des parcs puissent exporter toute leur électricité, de manière à ce que le Québec tire profit de l’éolien tout en évitant qu’il influence les tarifs locaux.

     

    « Les 25 % d’augmentation de la production d’énergie renouvelable, ça représenterait des milliers de mégawatts, et il y aura de la place pour l’éolien et d’autres filières, même un barrage. Ça parle à nos membres », a indiqué au Devoir le directeur régional de l’Association canadienne de l’énergie éolienne (CanWEA) au Québec. « Par contre, entre maintenant et 2030, comment on y arrive ? »

     

    La naissance de la filière éolienne au Québec a eu lieu dans une perspective de développement économique régional, notamment par des exigences de contenu local dans les équipements. Des appels d’offres pour des parcs éoliens de producteurs privés ont eu lieu en 2003, 2005, 2009 et 2013 (1000 MW, 2000 MW, 500 MW et 450 MW respectivement).

     

    Les surplus

     

    Selon les données d’Hydro-Québec, les parcs éoliens en service représentent une puissance de 3048 MW, ceux en construction de 273 MW et ceux projetés de 390 MW, pour un total de 3710 MW. La puissance installée d’Hydro-Québec, qui provient principalement des barrages, est de 36 912 MW.

     

    Le gouvernement Couillard a cependant laissé entendre qu’avant de lancer de nouveaux appels d’offres pour des parcs éoliens approvisionnant HQ Distribution, il faudrait que les surplus passent de 4 % à 2,5 %.

     

    « Je ne vous cache pas que c’est source d’inquiétude pour l’industrie », a dit M. Legendre. « Au Québec, l’industrie a été créée pas seulement pour l’électricité, mais pour créer une industrie manufacturière, avec des exigences de contenus locaux. Il est essentiel qu’il y ait une base de projets à partir de laquelle les investissements peuvent être maintenus et les usines peuvent fonctionner. Il faut de la prévisibilité. »

     

    Qui sont-ils ?

     

    Les capacités manufacturières éoliennes, qui regroupent environ 1200 emplois, se situent à Matane (le groupe allemand Enercon et Marmen, de Trois-Rivières), à Gaspé (LM Wind Power, du Danemark) et à New Richmond (le groupe québécois Fabrication Delta). Il y a trois semaines, Radio-Canada a rapporté que Delta et Enercon ont récemment licencié du personnel.

     

    Le carnet de commandes de LM Wind Power, spécialisée dans les pales, s’arrête actuellement à septembre 2016, ont signalé vendredi des représentants syndicaux. « Pour ces travailleurs, le temps presse. Si le gouvernement ne précise pas rapidement sa politique énergétique, nous n’aurons pas d’autre choix que d’organiser une mobilisation régionale pour sauver des emplois chez nous », a affirmé dans un communiqué le président du Conseil central Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, Jacques Mimeault.

     

    L’ouverture du gouvernement québécois à l’exportation d’électricité éolienne est très bien perçue dans l’industrie. À l’heure actuelle, a dit M. Legendre, rien ne permet de préciser aux acheteurs américains la source exacte de l’électricité qui leur est vendue. « Les parcs vendent leur courant à Hydro-Québec Distribution. Si celle-ci n’en a pas besoin, c’est Hydro-Québec Production qui l’exporte. Là, le souhait qui est exprimé, même si tout ça reste à déterminer, c’est que les parcs éoliens construits au Québec soient sous contrat directement avec HQ Production. »

     

    Cela recèle des occasions pour l’industrie éolienne parce que les États du nord-est veulent transformer leurs réseaux, selon M. Legendre. « Je pense que l’éolien peut bonifier l’offre d’Hydro-Québec sur les marchés étrangers. Souvent, l’énergie hydroélectrique n’est pas classée de la même façon que l’éolien, n’a pas droit aux mêmes crédits environnementaux. »













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