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    Éducation

    Le secteur privé veut sa part du réinvestissement promis

    Le Québec peut réaliser des économies en subventionnant davantage l’école privée, dit la Fédération des établissements d’enseignement privés

    Photo: François Mori Agence France-Presse

    À l’aube du dépôt du prochain budget provincial, une étude commandée par la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) conclut qu’une réduction du financement public des écoles privées subventionnées se traduirait par une augmentation des coûts pour l’ensemble du système d’éducation québécois.

     

    La FEEP a mandaté AppEco, une firme spécialisée en analyse économique et stratégique, pour qu’elle se penche sur la contribution économique du réseau québécois d’écoles privées de niveau préscolaire, primaire et secondaire. Le rapport de l’économiste Pierre Emmanuel Paradis, qui sera rendu public ce jeudi, donne des munitions aux défenseurs des établissements privés, au moment où le gouvernement Couillard semble décidé à réinvestir en éducation.

     

    « Les économies liées à une baisse du financement public des établissements privés subventionnés se traduiraient en coûts nets additionnels pour le gouvernement, écrit M. Paradis. La baisse de subventions au privé serait plus que compensée par la hausse des subventions à verser au secteur public, en raison de la migration d’élèves du privé vers les établissements publics. »

     

    L’auteur de l’étude arrive à une telle conclusion en analysant la « réaction probable » des parents dont les enfants fréquentent une école privée devant une variation des droits de scolarité. En déterminant ce qu’on appelle l’« élasticité-prix », on peut dans ce cas-ci évaluer dans quelle mesure une augmentation des droits de scolarité inciterait des parents à délaisser le privé pour se tourner vers le public. « L’élasticité-prix de l’éducation privée est particulièrement difficile à estimer », admet cependant le rapport.

     

    À partir des plus récentes données du ministère de l’Éducation, qui datent de 2012-2013, M. Paradis calcule qu’une baisse de 20 % des subventions accordées aux établissements privés ferait grimper la facture des parents et entraînerait par conséquent une diminution de la fréquentation des écoles privées de près de 32 %.

     

    Québec devrait alors répondre à l’augmentation du nombre d’élèves dans le réseau public en augmentant son soutien financier. L’économiste estime que le gouvernement paierait 100 $ de plus par élève, soit 108 millions de dollars pour l’ensemble des élèves de la province.

     

    De manière générale, le rapport montre qu’une baisse des subventions aux écoles privées se traduirait par une hausse des coûts du système d’éducation dans la très grande majorité des scénarios étudiés.

     

    À l’inverse, une hausse des subventions aux établissements privés pourrait entraîner une légère diminution des coûts totaux de l’éducation au Québec, indique l’étude.

     

    « Il n’y a pas de vérité universelle dans le système d’éducation et il n’y a pas de solution budgétaire magique », affirme Pierre Emmanuel Paradis en entrevue au Devoir. Il estime toutefois qu’il serait logique de « renforcer » le réseau d’écoles privées.

     

    Le privé veut aider

     

    Les conclusions du rapport d’AppEco confirment les hypothèses de la FEEP, soutient son président, Jean-Marc St-Jacques. « Le danger, c’est que si on baisse les subventions, la classe moyenne va être moins présente dans les écoles privées et on deviendrait alors plus élitistes. Ce n’est pas ce qu’on veut », dit-il.

     

    En octobre 2014, la Fédération avait également fait valoir que le financement des écoles privées représente des économies pour l’État dans un mémoire présenté à la Commission de révision permanente des programmes.

     

    M. St-Jacques rencontrera ce jeudi le ministre des Finances, Carlos Leitão, avec une nouvelle étude en main, mais il jure que le moment choisi pour publier le rapport n’est pas directement lié aux consultations prébudgétaires.

     

    Il ne présentera pas de demandes chiffrées au gouvernement, mais il réclamera assurément un meilleur soutien de l’État. « Il faut réinvestir globalement en éducation. Pour le privé, entre autres, mais également pour l’éducation en général », insiste-t-il.

     

    Le président de la FEEP croit par-dessus tout qu’en échange de subventions supplémentaires, les écoles privées peuvent venir en aide aux établissements publics en accueillant davantage d’élèves en difficulté. En plus des classes dites régulières ou enrichies, les établissements privés pourraient ainsi ouvrir plus de classes offrant du soutien pédagogique, explique M. St-Jacques.

     

    Selon les plus récentes données du ministère de l’Éducation, les écoles privées accueillent près de 11 % de l’ensemble des élèves du Québec. Avec l’ajout d’élèves en difficulté, la FEEP aimerait faire passer cette proportion à 12 % ou 13 %.













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