Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Immigrants économiques

    Priorité aux candidats bilingues, dit la CCMM

    Il faut être moins pointilleux sur la connaissance du français et plus exigeant sur celle de l’anglais, estime la Chambre de commerce de Montréal

    Les immigrants, dans leur ensemble, semblent de moins en moins enclins à s’intégrer à la majorité francophone. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain n’en pense pas moins que le Québec devrait privilégier les candidats qui ont une connaissance de l’anglais, du moins pour les immigrants dits «économiques».
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les immigrants, dans leur ensemble, semblent de moins en moins enclins à s’intégrer à la majorité francophone. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain n’en pense pas moins que le Québec devrait privilégier les candidats qui ont une connaissance de l’anglais, du moins pour les immigrants dits «économiques».

    Au moment où le niveau de français des immigrants et leur volonté d’apprendre la langue soulèvent des questions, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) suggère au gouvernement d’accorder une plus grande importance à la connaissance de l’anglais dans le processus de sélection des nouveaux arrivants dits « économiques ».

     

    Dans le mémoire qu’elle déposera ce mardi lors des consultations sur le projet de loi 77, qui revoit la Loi sur l’immigration au Québec, et dont Le Devoir a obtenu copie, la CCMM souligne que « la connaissance fonctionnelle de l’anglais comme langue seconde représente un critère très important d’employabilité aux yeux des employeurs de la région métropolitaine de Montréal ».

     

    L’organisation estime donc que le processus de sélection des immigrants « économiques » — c’est-à-dire les professionnels et les travailleurs qualifiés appelés à intégrer le marché du travail québécois — devrait notamment s’appuyer sur un « certain niveau de bilinguisme » (français-anglais).

     

    « Bien que la valeur accordée à la maîtrise du français dans les critères de sélection doive demeurer élevée, celle-ci ne doit pas faire en sorte qu’on se prive de travailleurs immigrants qui détiennent les qualifications et compétences recherchées par les employeurs de la région », ajoute le mémoire qui sera présenté aux élus ce mardi.

     

    Revoir la pondération

     

    Le document reprend plusieurs arguments mis en avant par la Chambre il y a un an lors de la commission parlementaire sur la nouvelle politique québécoise en matière d’immigration, qui devrait être présentée ce printemps.

     

    La CCMM recommandait alors d’« accorder une plus grande pondération » à une connaissance de base de l’anglais comme langue seconde et de réduire celle associée à la maîtrise de la langue française, tout en « renforçant significativement l’accompagnement et les cours de français pour les immigrants ».

     

    La semaine dernière, Le Devoir rapportait cependant que 20 % de la population immigrée au Québec ne parle pas français et que la majorité des immigrants qui ne connaissent pas le français à leur arrivée refusent de suivre les cours offerts par l’État pour l’apprendre.

     

    « Même en présence d’un immigrant qui posséderait mal le français, mais qui serait prêt à venir ici pour s’établir, on devrait l’accueillir en s’assurant qu’on l’encadre bien et qu’on lui offre tout ce qu’il faut pour qu’il puisse se franciser, soutient le président de la CCMM, Michel Leblanc, qui aimerait par exemple qu’on augmente le nombre d’agents de francisation qui visitent les entreprises montréalaises. Ce serait absurde de se priver de ses compétences, alors qu’il nous dit qu’il est intéressé à venir ici en toute connaissance de cause. »

     

    M. Leblanc reconnaît que la francisation des immigrants demeure un « défi ». Il estime que le Québec s’affaiblirait sur le plan social et économique s’il excluait de facto des immigrants qui parlent peu le français, mais il croit également que le gouvernement ferait erreur en laissant à eux-mêmes les immigrants qui doivent apprendre la langue. « On doit avoir une stratégie d’accompagnement », insiste-t-il.

     

    À Québec de choisir

     

    Le projet de loi 77 bouscule les habitudes : il met fin au principe du premier arrivé, premier servi, qui s’appliquait jusqu’à maintenant dans le processus de sélection des nouveaux arrivants.

     

    Les immigrants qui veulent s’installer au Québec devront désormais soumettre une « déclaration d’intérêt ». Le gouvernement ciblera ensuite les candidats dont le profil répond le mieux aux besoins du marché du travail, selon des critères qu’il aura choisis et pondérés.

     

    La CCMM, qui appuie cette réforme du processus de sélection, souhaite que le milieu des affaires soit consulté lors de l’élaboration et de la révision des critères d’évaluation. Elle recommande au gouvernement de tenir compte des besoins futurs du marché du travail « pour éviter de se retrouver uniquement dans une approche de court terme » et lui propose de sélectionner des immigrants dont les compétences sont reconnues par les ordres professionnels et les employeurs du Québec.

     

    L’organisation est en faveur d’une augmentation du nombre d’immigrants accueillis chaque année au Québec. Elle aimerait que la cible passe de 50 000 à 65 000 nouveaux arrivants, afin de compenser les impacts du vieillissement de la population tout en permettant au Québec de conserver son poids démographique au sein du Canada.

     

    Les consultations publiques sur le projet de loi 77 ont débuté le 27 janvier et se poursuivront jusqu’au 16 février.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.