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Le Seigneur des anneaux fait des miracles - Le cinéma dope les résultats de Time Warner

Le conglomérat est revenu dans le vert en 2003, avec un bénéfice net de 2,64 milliards

29 janvier 2004  Actualités économiques
Pour Le Retour du roi, dernier volet de la saga inspirée de Tolkien, «le milliard de dollars de recettes sera dépassé. Ce sera sûrement le deuxième plus grand succès de l’histoire du cinéma», après Titanic, s’enthousiasmait le p.-d.g. de Ti
Pour Le Retour du roi, dernier volet de la saga inspirée de Tolkien, «le milliard de dollars de recettes sera dépassé. Ce sera sûrement le deuxième plus grand succès de l’histoire du cinéma», après Titanic, s’enthousiasmait le p.-d.g. de Ti
New York — Le groupe Time Warner continue de peiner dans Internet mais reste une énorme machine à produire des succès, comme le prouvent les recettes historiques dégagées au box-office par la trilogie du Seigneur des anneaux.

Hier, le numéro un mondial des médias a annoncé un bénéfice globalement conforme aux attentes pour le quatrième trimestre 2003, mais la bonne surprise est venue de la division des productions cinématographiques, dont les ventes sont en hausse de 17,5 % sur un an, à près de 3,4 milliards $US. Cette division a dopé le chiffre d'affaires global qui s'est affiché «près de 600 millions de dollars au-delà des nos prévisions», a souligné Jessica Reif Cohen, analyste de la banque d'affaires Merrill Lynch.

Année magique

2003, année magique pour les studios Warner Bros? Entre Matrix et Le Seigneur des anneaux, leurs productions ont en tout cas épuisé la panoplie de superlatifs du p.-d.g. de la maison-mère, Dick Parsons. Pour Le Retour du roi, dernier volet de la saga inspirée de Tolkien, «le milliard de dollars de recettes sera dépassé. Ce sera sûrement le deuxième plus grand succès de l'histoire du cinéma», après Titanic, s'enthousiasmait Parsons début janvier devant des analystes.

Hier, le groupe a annoncé que le film 11 fois nominé aux Oscars, un record, «est déjà le sixième plus grand succès de tous les temps». Depuis sa sortie le 17 décembre dans 28 pays, il a engrangé «plus de 875 millions de dollars» de recettes, selon un communiqué.

Dans un mois, la cérémonie des Oscars, où Warner défendra aussi le film de Clint Eastwood Mystic River et Le Dernier Samouraï avec Tom Cruise, devrait gonfler encore les recettes en salles... avant que les ventes de Warner Home Video ne prennent le relais.

«Les Golden Globes ont sûrement donné au Seigneur des anneaux le coup de pouce qu'il lui fallait pour aborder les Oscars en vainqueur», déclarait lundi à Los Angeles un spécialiste d'Hollywood, Tom O'Neil.

AOL en difficulté

Au quatrième trimestre 2003, les abonnements au câble (chez Time Warner Cable) et les bonnes cotes d'écoute des réseaux télévisés — en particulier des séries de la chaîne payante HBO — ont également permis de compenser les difficultés persistantes d'America Online (AOL), le fournisseur d'accès à Internet. Les ventes de cette division, qui était il y a trois ans le groupe moteur de la mégafusion AOL-Time Warner, ont encore reculé de 7 % sur un an, le nombre d'abonnés américains (24,2 millions) faisant apparaître une perte nette de 2,2 millions par rapport au quatrième trimestre 2002.

Les clients se désabonnant à l'accès par ligne téléphonique classique («en bande étroite») sont plus nombreux que ceux qui souscrivent aux offres d'AOL au haut débit, secteur où la concurrence fait rage aux États-Unis.

Après une perte nette historique de près de 100 milliards $US en 2002, le conglomérat est revenu dans le vert sur l'ensemble de 2003, avec un bénéfice net de 2,64 milliards. En l'espace d'un an, il s'est débarrassé des activités pesant le plus lourdement dans son bilan, dont récemment Time Life qui s'occupait de marketing de livres, CD et DVD pour le magazine Time. «C'était une source de pertes permanentes pour notre division édition», a commenté M. Parsons.

Quant à la cession de Warner Music pour 2,6 milliards $US, «finalisée dans les prochaines semaines» selon le p.-d.g., elle se reflétera dans les résultats du premier trimestre 2004.

Dans trois mois, a d'ores et déjà prévenu la direction, Time Warner se félicitera donc d'avoir atteint avec «près d'un an d'avance» son objectif d'un endettement réduit à 20 milliards (contre 22,7 milliards au 31 décembre 2003). M. Parsons ciblait initialement «l'année 2004» pour remplir ce contrat.
 
 
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