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    Mines

    Combien pour ton or?

    Il avait fallu que le Vérificateur général sonne l’alarme en 2009 pour attirer l’attention sur le fait que les sociétés minières versaient des redevances d’à peine 1,5 % de la valeur du minerai extrait du sol québécois.

     

    Quelques années plus tard, le gouvernement Charest corrigeait le tir légèrement en haussant de 12 % à 16 % du profit net des sociétés le montant des redevances attendues de l’exploitation minière.

     

    Lors de la campagne électorale de 2012, le Parti québécois avait promis de faire mieux en imposant un taux de 5 % sur la valeur brute du minerai, quels que soient les coûts d’exploitation.

     

    Or, une fois élus, les péquistes ont plié sous la pression du lobby minier. Ils ont alors imaginé une formule basée sur la valeur de la production à la sortie du puits. Une formule aussi complexe qu’alambiquée qui permet à la minière de soustraire ses coûts de production avant de calculer celui de sa matière première, le minerai lui-même.

     

    Les résultats, nous les connaissons : l’an dernier, Québec a récolté plus ou moins 130 millions pour une production totale d’une valeur brute de 7,4 milliards, soit à peine 1,8 % ! Exemple : la minière Canadian Malartic a vendu 543 000 onces d’or d’une valeur de près de 600 millions pour lesquelles elle n’a versé que 15,7 millions à l’État, soit entre 2,5 % et 3 %. Quelle autre industrie profite de conditions aussi avantageuses pour sa matière première ?

     

    Selon une compilation des données de l’Institut de la statistique effectuée par notre collègue Alexandre Shields, la production de minerai aurait dépassé 54 milliards entre 2009 à 2015. De ces ventes, un maigre milliard a été versé en redevances, soit moins de 2 % comparativement à une moyenne de 4,5 % ailleurs au pays.

     

    Bien sûr, la conjoncture mondiale nuit au rendement des sociétés minières, et les revenus perçus par Québec s’en ressentent. Malgré cela, nous serions en droit de nous attendre à ce que les minières versent entre 300 et 400 millions par année en redevances au lieu des ridicules 130 millions de l’an dernier.

     

    À Québec, le premier ministre Couillard refuse de changer les règles sous prétexte de créer de l’incertitude parmi les investisseurs. Des investisseurs comme Redevances aurifères Osisko, qui ne se gênent pas pour négocier des redevances de 5 % sur la valeur de la production d’or à venir à la mine de Malartic cédée à Yamaha Gold en 2014…

     

    L’industrie minière fait vivre 25 000 personnes qui travaillent et paient des impôts. En revanche, elle profite allègrement de la générosité de l’État pour enrichir ses actionnaires, et ce, sans qu’on ait jamais produit d’analyse coûts-bénéfices de ses activités, comme le réclamait le Commissaire au développement durable dans son rapport de 2013.













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