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La Cité Multimédia est vendue

Une firme torontoise a fait l'acquisition de sept des huit immeubles pour un montant de 147 millions

Une firme torontoise, Northam Realty Advisors, a fait l'acquisition de sept des huit phases ou immeubles de la Cité Multimédia de Montréal pour un montant de 147 millions, ce qui satisfait pleinement les trois partenaires qui ont formé le consortium qui a réalisé ce projet, à savoir la Société immobilière TransQuébec, filiale de la Caisse de dépôt, le Fonds de solidarité FTQ et la Société de développement de Montréal.

«Fruit d'une étroite collaboration entre les secteurs public, institutionnel et privé, la Cité Multimédia a eu pour effet de positionner Montréal à titre de plate-forme mondiale de la nouvelle économie, tout en constituant un investissement profitable pour les partenaires qui l'ont créée», a déclaré Richard Marion, président de la société en commandite.

Les deux premiers partenaires détiennent respectivement une participation de 37,5 % dans ce consortium et la SDM a le reste, soit 25 %. Personne n'a voulu dire quel était le profit exact des partenaires à la suite de cette vente, mais ils affirment tous les trois leur satisfaction et font valoir que le temps était venu de tirer profit de leur investissement. Pierre Leduc, porte-parole du Fonds FTQ, s'est limité à dire que les dirigeants du Fonds étaient très heureux pour leurs 550 000 actionnaires et que cette vente allait aider la campagne REER qui est en cours. Il a souligné que le bras immobilier du Fonds allait atteindre un rendement de plus de 20 % pour les cinq dernières années.

Une opération financièrement rentable

Georges Bossé, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, voit également dans cette transaction une excellente nouvelle à plusieurs égards. «La Cité Multimédia aura été une opération de développement immobilier financièrement rentable, la SDM ayant récupéré la valeur aux livres de ses terrains et immeubles tout en dégageant un surplus intéressant», ajoute la directrice générale de la SDM, qui est la société immobilière de la Ville de Montréal. En outre, les retombées fiscales de ces immeubles sont pour le moment de 7,1 millions par année pour la Ville, en comparaison de un million avant le redéveloppement de cet ancien territoire industriel à peu près abandonné dans le Faubourg des Récollets, tout juste à l'ouest du Vieux-Montréal.

Les sept immeubles qui font l'objet de cette transaction constituent aujourd'hui un lieu de travail pour 5600 personnes dans 117 entreprises. Ils offrent une superficie d'un million de pieds carrés avec un taux d'occupation qui dépasse 95 %. Les promoteurs ne veulent pas révéler le coût de ce projet qu'on a évalué entre 125 et 200 millions, en incluant la phase 8 du projet. Ce dernier immeuble, d'une superficie de 300 000 pieds carrés et qui est le dernier à être construit, est encore inoccupé. Il est à vendre ou à louer. Northam n'a pas voulu en faire l'acquisition vraisemblablement parce qu'il est inoccupé. Son succès futur ne semble pas préoccuper les promoteurs. La SDM souligne que le travail de redéveloppement du quartier se poursuit, alors que des promoteurs immobiliers se préparent à réaliser un important projet résidentiel sur un autre terrain de la SDM au coeur de la Cité Multimédia.

Ce projet de la Cité Multimédia, dont feu Sylvain Vaugeois a eu l'idée et qui a réussi à convaincre le gouvernement québécois de créer un programme d'incitatifs fiscaux pour y attirer les entreprises de la nouvelle économie des technologies de l'information, ne bénéficie plus du même programme depuis l'arrivée du nouveau gouvernement. Cette cité très particulière a cependant eu le temps d'atteindre une masse critique qui lui permet d'envisager l'avenir avec optimisme.

D'ailleurs, son acquisition par une firme torontoise tend à confirmer l'existence d'un tel climat de confiance. Northam est une entreprise-conseil en investissement immobilier en Amérique du Nord. Elle gère plusieurs fonds allemands et canadiens de capital institutionnel et privé, qui sont spécialisés dans les secteurs des bureaux, des industries et du commerce de détail dans les grands centres urbains. Son portefeuille d'une valeur dépassant un milliard compte plus de sept millions de pieds carrés.
 
 
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