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Rome appelé à «engager le dialogue» avec Bruxelles

24 décembre 2003  Actualités économiques
Bruxelles — La Commission européenne a réclamé hier l'ouverture d'un «dialogue» avec le gouvernement italien sur les projets d'intervention de ce dernier pour pallier les conséquences de la crise du géant agro-alimentaire Parmalat.

L'Italie devra notamment fournir à Bruxelles des informations sur le décret-loi approuvé en conseil des ministres hier concernant la restructuration des grandes entreprises en état d'insolvabilité, qui concerne directement Parmalat. Elle devra également apporter des précisions quant aux répercussions de la crise de Parmalat sur les producteurs laitiers italiens, en faveur desquels le gouvernement de Silvio Berlusconi entend solliciter auprès de la Commission une dérogation lui permettant d'apporter des aides d'État.

«Nous invitons le gouvernement [italien] à engager le dialogue avec nous», a déclaré Tilman Lueder, porte-parole du commissaire européen à la Concurrence Mario Monti. «Ce dialogue doit être entamé dès lors que le gouvernement prévoit de faire quelque chose pour sauver Parmalat», a ajouté M. Lueder, peu après l'approbation du nouveau décret-loi italien.

Selon le ministre italien de l'Industrie, Antonio Marzano, le dispositif, qui concernera les grandes entreprises employant au moins 1000 salariés et endettées à hauteur d'au moins un milliard d'euros, a pour objectif «de sauvegarder les emplois, et pas les actionnaires ou les gestionnaires».

«À tout le moins, le gouvernement italien doit discuter avec nous afin que nous sachions qu'il ne s'agit pas d'aides d'État», a souligné hier le porte-parole de M. Monti, rappelant que Bruxelles avait déjà épinglé par le passé la législation italienne sur les banqueroutes.

La Commission souhaite aujourd'hui savoir dans quelle mesure le nouveau dispositif approuvé par le gouvernement italien est susceptible ou non de bénéficier aux grandes entreprises en difficulté, comme Parmalat. Pour être compatibles avec les règles européennes, les mesures ne doivent pas déboucher sur la renonciation par l'État à des recettes fiscales ou des créances sur les entreprises concernées.

Bruxelles a par ailleurs réagi avec prudence à la demande de l'Italie de pouvoir aider ses producteurs laitiers touchés par l'effondrement de Parmalat, assurant que les services du commissaire à l'Agriculture Franz Fischler allaient «étudier toutes les informations que le gouvernement italien donnera».

«En ce moment, nous ne savons rien. On parle de crise du secteur. Il faut savoir qui est touché par la crise de Parmalat, quels sont les gens, [la portée] en chiffres, quel est vraiment le problème. Nous n'avons pas vraiment d'informations», a souligné un autre porte-parole de la Commission.
 
 
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